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Voici ma couleur d'enseignante

Ce blogue démontre ma couleur d'enseignante. Je partage ici ce qui me colle à la peau. Votre couleur est tout aussi pertinente! À vous de prendre ce que vous considérez comme inspirant et de laisser ce qui ne vous ressemble pas.

samedi 1 décembre 2012

Le blogue de classe: suivi après 4 mois

Dans le cadre de son rallye-liens, Zazou avait suggéré qu'on partage une nouveauté qu'on souhaitait implanter dans nos classes à la rentrée. J'avais donc commis cet article qui exposait mon intention de créer un bolgue de classe avec mes élèves. Après quelques mois, Zazou relance son rally-bilan.

Je vous suggère donc la lecture ou la relecture du projet ici.

Maintenant, voici mes observations et ce que je vis en lien avec le blogue de ma classe!

  • Les élèves doivent apprendre à vivre avec des décisions de groupe. Pour certains, ça peut être un peu plus complexe! Bel apprentissage!
  • Les élèves trouvent intéressant le projet du blogue, mais trouvent les périodes de grand groupe où on publie trop longues (malgré que je n'y mettais jamais plus de 15 minutes par jour). J'ai donc entrepris de les laisser mettre les mains sur les touches. De petites équipes ont chacun leur responsabilités pour publier. Certains s'occupent de rédiger des textes, d'autres d'organiser les images qui accompagneront l'article... Aussi, les périodes de groupe sont consacrées au choix du contenu du blogue ainsi qu'à la réponse aux commentaires que nous avons reçu. On ne traite les commentaires reçus qu'une fois par semaine pour éviter la redondance.
  • Les parents visitent le blogue et vont voir ce qui est publié, mais commentent peu. Cela déçoit les élèves. Cependant, les élèves eux-mêmes deviennent plus enclins à commenter. Ainsi, ils donnent leur avis sur l'activité montrée sur le blogue, commentent les travaux des autres, etc.
  • Nous avons utilisé le blogue pour faire de la correspondance avec des élèves en voyage ou à la maison pris avec la gastro ou autre inconvénient. Ainsi, un contact (volontaire) est gardé et les élèves continuent à faire preuve d'esprit d'équipe virtuellement.
Je continue à croire en tous les bienfaits d'un projet de classe comme celui-ci! Mes élèves apprécient. Des ajustements sont nécessaires, mais ils apprécient aussi que je sois en mesure d'écouter leurs suggestions pour améliorer le roulement du projet en classe. Aussi, ils voient comment on peut s'ajuster dans n'importe quel projet entrepris plutôt que d'abandonner face à des obstacles ou des réalités qu'on n'avait pas prévues d'avance.
 
*Je souligne ici que le blogue de classe n'est accessible qu'aux personnes disposant du lien, que tous les parents ont accepté que les travaux ou photos des élèves soient publiés sur le blogue et que nous faisons attention au contenu pour éviter d'être trop identifiables aux yeux des inconnus. 

Contenu de mes routines en orthographe

Cet article est un suivi à celui-ci. Je démontre ici le transfert de la théorie dans ma pratique professionnelle.

Dans son ouvrage sur l'écriture, Nadon suggère une routine sur 10 jours pour travailler et étudier l'orthographe. Inspirée de cette façon de faire, je vous présente ma nouvelle manière de travailler tous les jours l'orthographe dans ma classe. Mon but est de consacrer autour de 15 minutes par jour (pas plus, pas moins) à l'orthographe DANS LA CLASSE. Mon but est aussi de tenter de mettre en place des dispositifs simples qui ne me créeront pas une surcharge de travail.

Avant: choix de la notion travaillée par l'enseignant

Jour 1: Les élèves sortent des mots qui sont en lien avec la notion que je leur présente.
Jour 2: On fait le ménage: on ne garde dans la liste que les mots qu'on pense utiliser dans les écrits ET qui sont d'un niveau de difficulté approprié pour la classe.
Jour 3: Pré-test d'orthographe. Je donne en dictée les mots qui seront étudiés de plus près pour les prochains jours. Les élèves identifient les mots auxquels ils doivent porter une attention particulière. Ils ne mettront donc que peu d'énergie sur les mots qu'ils orthographient déjà bien.
Jours 4,5,6,7,8: jeux qui travaillent l'orthographe de ces mots (bonhomme pendu, dictée entre deux élèves, mots cachés, construire des phrases avec les mots à l'étude...)
Jour 9: Dictée de tous les mots à l'étude entre les élèves. Quand un mot est mal écrit, l'élève qui dicte les mots le signale à l'autre qui tente de corriger son mot.
Jour 10: Dictée de la fin et comparaison avec le pré-test orthographique pour que les élèves voient leurs progrès.

J'expérimente. D'ici quelques mois, je serai plus en mesure de faire un retour pour rédiger un compte-rendu de mes observations. Pour le moment, j'y crois et je mets en place dans ma classe! À suivre...

 

mercredi 21 novembre 2012

Travailler l'orthographe

J'en suis à aborder le sujet de l'orthographe dans mon enseignement du français. "Tu n'en as pas encore parlé?!!" Certains seront sidérés, mais effectivement, je n'ai pas encore travaillé l'orthographe... J'ai d'abord centré mon focus sur le contenu des textes de mes élèves. J'ai voulu installer le niveau d'attentes qu'est le mien au niveau du message que les élèves écrivent. Je n'ai pas tout de suite insisté sur la forme pour laisser aux élèves le temps de comprendre qu'écrire, bien écrire, c'est d'abord et avant tout réussir à passer un message tout en accrochant le lecteur.
 
Regie Routman, dans son ouvrage portant sur l'enseignement de l'écriture, formule ainsi cette intention. Elle parle d'amener l'élève à écrire des texte qui valent la peine d'être corrigés et ensuite publiés.
 
Alors, hier, en temps de concertation, quelques collègues et moi nous sommes rencontrés autour de l'enseignement de l'orthographe. Nous avons parlé de la théorie que nous connaissons sur le sujet et nous avons tenté de faire les liens avec nos pratiques présentes. Nous avons vu les pratiques que chacun veut améliorer ou implanter dans sa classe et discuté des manières de fondre la théorie dans nos pratiques concrètes.
 
La théorie que j'ai retenue:
L'orthographe devrait faire l'objet d'un enseignement rigoureux d'environ 75 minutes par semaine. Nadon propose d'y consacrer autour de 15 minutes par jour. Au secours! Les pratiques traditionnelles nous font fournir une liste de mots à apprendre à la maison à nos élèves et ne penser qu'à vérifier, à la fin de la semaine, si les élèves réussissent à les écrire en dictée. Le transfert se fait-il dans les écrits? Pas tellement... Cela signifie donc que les élèves, pour la plupart, mémorisent les mots pour passer leur dictée du vendredi matin, mais n'apprennent pas comment l'orthographe est construite.
 
L'orthographe devrait être enseignée à l'aide de mots SÉLECTIONNÉS. On parle ici de constances orthographiques ou de règles d'orthographe. On pense aussi au niveau de difficulté des mots à écrire. Il est primordial d'ajuster le contenu de manière à favoriser la construction des connaissances des élèves. Ainsi, il comprendront mieux la structure de l'orthographe.
 
La différenciation est importante ici aussi. Faire apprendre les mêmes mots à tous les élèves de la classe n'est ni payant pour les élèves qui les connaissent déjà bien, ni pour les élèves pour qui c'est difficile. Faire étudier et travailler des mots signifiants pour les élèves (des mots qu'ils utilisent dans leurs écrits) et des mots qui représentent un défi adéquat pour chacun est important.
 
Ce que je me promets de mettre en place:
  • Partir de la progression des apprentissages pour sélectionner les notions d'orthographe que je veux travailler.
  • Générer des listes de mots à savoir écrire par les élèves en lien avec chacune des notions, mais en tenant compte des élèves (niveau de difficulté, faire étudier les mots difficiles par chacun)
  • Chaque élève aura sa propre liste de mots à travailler de manière plus pointue. À partir de la liste de mots générée en lien avec la notion d'orthographe travaillée, une dictée initiale permettra à chacun de voir concrètement quels mots travailler et étudier pendant la semaine (les mots qui ont été mal orthographiés lors de la dictée diagnostique).
  • Me discipliner à consacrer 15 minutes par jour à l'orthographe des mots à travailler et varier les dispositifs pour les travailler.

De manière plus large, et possiblement moins prioritaire dans ma modification de pratique, je me promets de structurer un fonctionnement que je trouve payant pour installer et UTILISER un mur de mots dans la classe.


À suivre!

jeudi 15 novembre 2012

Les bulletins

Ce soir, j'ai le soulagement d'avoir terminé mes bulletins. J'aurais pu dire que j'ai le sentiment du devoir accompli, ce qui est vrai, mais je me sens surtout soulagée...
 
Faire des bulletins, pour moi, c'est une tâche immense. Immense parce que c'est long à faire, mais surtout parce que c'est très important pour moi que mon jugement rende justice à chacun de mes élèves. Prendre le temps de revenir sur tout ce qu'on a vu pendant l'étape, revoir les travaux des élèves, analyser ce que chacun donne, finalement, trancher et noter l'élève en ne laissant absolument  rien au hasard. Noter l'élève est en fait nécessaire pour les documents officiels ainsi que pour informer les parents aux yeux de notre système d'éducation. D'où l'importance de le faire consciencieusement. Noter fait partie de l'évaluation de manière formelle, mais dans ma vision et dans ma pratique, je fais la distinction entre évaluer et noter. Pour moi, faire les bulletins, c'est surtout faire le point et réfléchir à la manière dont je m'y prendrai pour continuer à faire cheminer chacun de mes élèves. D'une certaine manière, c'est un peu une forme d'auto-évaluation pour l'enseignante que je suis quand je note la vingtaine d'humains avec lesquels je travaille et que je tente de faire cheminer.
 
Les derniers moments avant les bulletins sont remplis de stress. Comme enseignante, je me mets la pression de faire toutes les évaluations dont j'ai besoin pour noter les élèves. Comme enseignante, je mets de la pression aux élèves afin qu'ils performent... Quelle aberration! Augmenter le niveau de pression fera-t-il réellement en sorte que les élèves performent mieux? Je n'y crois absolument pas, mais je dois arriver dans les temps prévus et je dois parfois augmenter la cadence du groupe. Comme enseignante, je me soucie de la réaction des parents devant les notes de leur enfant dans les cas où ça diffère des notes précédentes. Je me questionne aussi quant à la qualité de mon enseignement quand je vois les notes moins impressionnantes de certains élèves. Je me questionne sur la quantité de matière que j'ai vue durant l'étape et sur la manière dont la suite se dessinera.
 
Je me sens soulagée d'avoir terminé mes bulletins, car je pourrai revenir à mon enseignement et à mon évaluation, maintenant que la notation est terminée pour un bout de temps. Oui, j'évalue tous les jours, mais je note 3 fois par année scolaire. Maintenant que je reviens à mon enseignement, je pourrai sentir que je peux plus me permettre de respecter les rythmes d'apprentissage et les besoins de mes élèves.
 
Oh, que c'est odieux... Je viens d'affirmer que les bulletins peuvent, en quelque sorte, manquer de respect à l'élève... Bien, c'est un peu l'impression que j'ai quand je tranche mon jugement de manière officielle après seulement 46 jours d'école. Surtout que les premiers mois d'école ne tournent pas en priorité autour de la pédagogie en raison de la période d'adaptation nécessaire au fonctionnement d'un groupe-classe en début d'année.
 
Comme enseignante, je place ma gestion de classe, j'installe toutes les procédures et je demande à mes élèves de s'adapter à la couleur d'enseignante qui m'est propre. J'apprends à connaître mes élèves sous toutes leurs coutures. Je prends le temps de les connaître en tant qu'humains et en tant qu'élèves; d'analyser leurs besoins, leurs forces, leurs intérêts, leurs affinités, leurs dynamiques leurs particularités, leur bagage. On parle souvent du premier mois qui sert à cette adaptation. Au bout de ces 46 premiers jours d'école (deux mois), j'ai l'impression que je ne fais que commencer à voir comment je peux m'ajuster à leurs besoins, enseigner et différencier. Bang! Je dois produire des notes qui suivront l'élève toute l'année... Je dois déjà, après autour d'un mois de pédagogie qui ne fait plus partie de la période d'adaptation que représente la rentrée scolaire, classer mes élèves...
 
Ce soir, je suis soulagée d'avoir terminé mes bulletins, car depuis presque trois semaines, je travaille à avoir tous les éléments en main pour rendre justice à chacun de mes élèves en leur permettant de me montrer le meilleur d'eux-mêmes. Depuis presque trois semaines, j'ai la préoccupation constante de faire en sorte de réussir à porter le jugement le plus consciencieux possible pour chacune des compétences, des disciplines, au bulletin et ce, pour chacune de mes belles faces d'élèves. Maintenant que j'ai l'impression d'y être arrivée, je respire!

samedi 10 novembre 2012

Faire pitonner les élèves régulièrement

Dernièrement, j'ai participé à un colloque qui portait sur les TIC dans nos classes. J'ai commis un article qu'il est possible de lire en cliquant ici.
 
Zazou, ma fidèle et appréciée commenteuse de mon blogue m'a posé la question suivante en commentaire: "Faire pitonner tes élèves régulièrement est un beau défi à relever, mais comment as-tu l'intention de t'y prendre?"
 
Simplement... le plus possible! L'utilisation des TIC ne fait partie d'aucune matière ou compétence à évaluer. Ce n'est même plus dans la liste de compétences transversales que nous devons commenter chaque année. Le seul endroit au programme où on peut considérer que c'est inclus, c'est dans le volet "technologie" de la science et techno... Et encore, c'est plus ou moins de cette manière que la technologie est utilisée dans les compétences à évaluer. Pour moi, les TIC sont des OUTILS qui peuvent aider l'élève à travailler, développer ses compétences. Possiblement aussi qu'un impact sur la motivation scolaire se fait sentir grâce à l'utilisation des TIC. On parle de la signifiance des tâches aux yeux des élèves comme d'une clé pour la motivation. Quoi de plus signifiant que d'envoyer un courriel (écriture) à quelqu'un de crédible pour l'élève, par exemple?
 
J'ai tenté de voir comment je pourrais intégrer les TIC dans mon quotidien sans ajouter du travail à ma liste déjà fournie. Comment faire AUTREMENT ce que j'ai déjà installé dans ma classe et qui ferait en sorte que mes élèves pitonneraient plus?
 
Le blogue de classe:
Jusqu'à maintenant, tout ce qui est publié sur le blogue est fait en groupe-classe. Les élèves trouvent ces périodes un peu longues  (même si elles ne durent que 15 minutes par jour). J'ai donc pensé montrer aux élèves comment gérer le blogue. Ainsi, en équipes, ils pourront travailler à un article qu'on approuvera en classe avant de le publier. Quelques élèves pourront être responsables de traiter les photos ou images en lien avec l'article, d'autres rédigeront le message, d'autres s'occuperont de mettre en ligne des travaux d'élèves, etc. Une rotation permettra à tous de toucher à tout. Ils auront les mains sur les touches, alors que présentement, c'est moi qui pitonne...
 
La lecture:
Nous travaillons déjà la lecture en individuel et en dyades avec le français au quotidien. Je veux amener les élèves à s'enregistrer et à mettre ces livres-disques (malgré qu'on ne parle pas vraiment d'un disque) à la disposition des plus petits élèves de l'école. Je sais que certains profs utilisent leur ipod ou leur ipad pour enregistrer la voix des enfants, mais je n'en ai pas de ça... Un bon vieux micro (12$) branché à l'ordinateur et combiné à l'utilisation du logiciel Audacity (très, très simple d'utilisation) feront le travail! Mes élèves développeront leurs habiletés en lecture et en art dramatique... en plus d'avoir des destinataires concrets! Aussi, en s'écoutant, ils comprendront mieux leurs défis en lien avec la lecture oralisée.
 
Audacity:
S'enregistrer en contexte de communication orale et observer les différentes manières d'améliorer certains aspects de cette compétence.
 
Logiciels de dessins:
L'utilisation de logiciels de dessins permettra aussi d'explorer en arts plastiques et pourrait accompagner différentes présentations multi-médias ou même la lecture de textes qu'ils auraient écrits et publiés sur le blogue...
 
Outils de présentation:
Mes élèves font des devoirs au choix. Certains d'entre-eux se présentent bien à la classe (une recherche, un écrit, la critique d'un livre, d'un film, etc...) Leur montrer à utiliser power point ou prezi pour préparer leur présentation ne sera pas si long et ils pourront explorer à leur guise! Cette génération est née avec l'informatique dans son quotidien et ils apprennent très vite à utiliser les différentes fonctionnalités que permettent ce genre de logiciels. (Tous sauf 2 ont internet à la maison, pour les 2 autres, je leur donne du temps lors des récréations ou encore du temps d'enrichissement s'ils le désirent.)
 
Tutorat:
L'enseignante de 1re année de mon école et moi avons accepté de travailler ensemble. C'est drôlement facilitant pour elle de placer les mains de ses élèves sur les touches quand ils sont accompagnés d'un de mes grands élèves! Quelques projets signifiants pourront se vivre en tutorat. Je montrerai à mes élèves et ils seront responsables de faire faire au petit de 1re  le travail. Par exemple, nous voulons envoyer par courriel une carte de voeux pour le temps des fêtes aux parents. En utilisant powerpoint, les élèves pourront mettre du texte, des images, des animations et leur propre voix. Ainsi, mes élèves feront l'exercice et l'enseigneront ensuite aux petits.
 
Didapages:
J'ai découvert ce logiciel très simple d'utilisation qui pourra servir de manière de publier des textes sur le blogue.
 
Xtramath:
Découvert grâce à Zazou. Allez voir ici comment ce site peut aider avec la mémorisation des faits numériques.
 
Vite fait, ce sont mes idées, mais je ne les vis pas encore concrètement dans ma classe. Donc, il faut prendre mes ambitions pour ce qu'elles sont... Tant mieux si cela peut inspirer d'autres idées!
 
 
 

Utiliser la littérature en écriture

Je n'invente rien ici, car je n'en suis qu'à m'habiliter à suivre les conseils de Nadon et de Routman(voir Écrire au primaire; réflexions et pratiques et Enseigner l'écriture; revenir à l'essentiel). Ces ouvrages sont, à mon avis, très inspirants et ramènent une vision de l'enseignement de l'écriture vers ce que devrait véritablement être écrire. Certains grinceront des dents, car le nerf de la guerre dans ces ouvrage ne tourne pas autour de l'orthographe (grammaticale ou lexicale), mais autour du texte et du message.
 
Petit paragraphe décrivant une conviction pour mettre en place l'article... Passez au paragraphe suivant si la réflexion vous intéresse moins et que vous voulez tout de suite toucher au concret de l'article.  Qu'est-ce qu'écrire? L'écriture est une forme de communication. On veut, en écrivant, que le message passe bien et que le lecteur reçoive l'essence de ce qu'on voulait exprimer. Qu'est-ce que bien écrire? Bien écrire, c'est réussir à passer son message tout en respectant l'intention d'écriture. C'est aussi un peu plus que ça. Bien écrire, c'est toucher le lecteur, l'accrocher, l'intéresser, lui donner envie de nous lire, susciter un désir d'en lire encore plus. Bien écrire, c'est réussir à ce que le lecteur passe un moment plaisant en nous lisant. Cela est vrai, en mon sens, dans tous les types de textes! Bien écrire et écrire sans fautes, c'est bien différent! Écrire sans fautes, c'est une marque de respect envers le lecteur, qui est paresseux et exigeant! Quand j'entreprends une lecture et qu'elle présente des fautes d'orthographe lexicale ou grammaticale, je bougonne. Je suis contrariée de devoir faire l'effort de passer par dessus les erreurs pour apprécier et bien comprendre le texte. Je critique l'auteur qui me rend la tâche de lire son texte plus difficile et moins fluide! Écrire sans fautes, c'est franchement important, mais ce n'est pas ce qu'est "bien écrire"!
 
Routman suggère de revenir à l'essentiel dans l'enseignement de l'écriture: écrire pour vrai! Demander aux élèves d'avoir des intentions d'écriture et des destinataires réels. Les mettre en contexte d'écriture qui ne servira pas seulement à se faire évaluer en classe, mais écrire réellement! Nadon est sur la même longueur d'ondes sur ce point. Cependant, il ajoute qu'une des manières les plus crédibles et les plus inspirantes de montrer aux élèves comment "bien écrire", c'est de s'inspirer des professionnels de l'écriture: les auteurs. Donner la littérature en exemple aux élèves et leur demander de faire comme eux!
 
C'est ce que j'ai fait cette semaine. Depuis le début de l'année, je travaille avec mes élèves le contenu en écriture. J'insiste pour que les textes soient clairs, précis, cohérents, structurés... Cette semaine, je fais un pas de plus. Je leur demande que leurs textes soient intéressants en plus d'être clairs et cohérents! Je leur demande d'ajouter du style à leurs écrits. Pour amener cette idée, je suis passée par une description de personnage. J'ai écrit une description claire, cohérente, ordonnée et précise d'un personnage. Voir ici. J'ai amené les élèves à se positionner sur la qualité de mon écrit. Ils ont statué que ma description respectait tous les critères de contenu que j'ai travaillés avec eux depuis le début de l'année. Quand j'ai demandé à la classe si mon texte était intéressant, quelques secondes de silence ont eu lieu. Je sentais l'hésitation, le malaise... jusqu'à ce qu'une élève assume son opinion et plonge. "Non Marie-Eve, ton texte n'est pas intéressant!". MERCI!
 
C'est ici que la littérature prend place. C'est à ce moment que j'ai montré aux élèves des modèles de descriptions de personnages tirés de différents ouvrages. Nous avons observé le style des auteurs dans les écrits. Nous avons remarqué qu'ils nous montrent ou nous font sentir ce qu'ils veuleut dire plutôt que de le nommer clairement.
 
"Elle est partie minoucher son gros bedon tout rond" est la manière que Dominique Demers a choisie pour dire que le personnage est en arrêt de travail parce qu'elle est enceinte dans La nouvelle maîtresse. C'est mignon, non?
 
"Vieux Thomas n'avait peut-être pas encore cent ans, mais il était vraiment très vieux" est la description qu'elle a faite de son personnage dans Vieux Thomas et la petite fée.
 
"En entrant dans la classe, une surprise attend les élèves : madame Laura n’est pas là. À la place se tient une femme d’une cinquantaine d’années, vêtue d’un tailleur gris, ses cheveux roux remontés en chignon. Elle observe les garçons et les filles entrer, silencieuse, les mains croisées devant elle. Les enfants la saluent discrètement et la dame se contente chaque fois de hocher sèchement la tête. Quand tous sont installés, l’inconnue se met en mouvement. Une paire de lunettes est accrochée à un cordon autour de son cou, mais elle ne les enfile pas pour examiner la classe. Ses petits yeux bleus sont si intenses qu’aucun enfant n’ose parler. " La description de Patrick Sénécal est éloquente. Il n'a pas nommé le côté autoritaire, voire intimidant de son personnage. Il a fait beaucoup mieux, il l'a fait sentir! Madame Wenham
 
Danielle Marcotte décrit Jos Montferrand dans son album du même titre. "N'allez pas croire qu'il n'était que muscles sans cervelle. Moi qui l'ai connu, je vous le dis, il avait le coeur droit comme une forêt d'épinettes." C'est éloquent, non... le coeur droit comme une forêt d'épinettes!
 
Les élèves ont été très intéressés d'observer ce qui leur passe souvent sous le nez. Il faut effectivement prendre la peine d'observer le style que l'auteur a mis dans son texte et le comparer à son message pour voir la qualité du travail d'écriture! "Oui Marie-Eve, c'est beaucoup plus intéressant, mais nous ne sommes que des élèves de 5e-6e... Tu nous demandes de faire comme des auteurs qui font ça de leur vie, bien écrire..." Absolument! Ce sera un défi et j'assume!
 
J'ai repris ma description du même personnage du début de ma leçon et j'en ai écrit une qui avait du style. J'ai souligné aux élèves que je ne suis pas auteure, moi non plus. Je suis enseignante! J'ai appris dans la vie à enseigner, pas à écrire de manière littéraire, mais en y mettant l'effort qu'il faut, je réussis à améliorer considérablement un texte. Comme enseignante, je demande à mes élèves de s'inspirer de la littérature de jeunesse, pas d'en produire!
 
Par contre, quand je lis dans l'ouvrage de Nadon des textes écrits par de jeunes enfants, (pardonnez l'expression un brin vulgaire, mais qui donnera du style et de l'éloquence à mon propos) je suis sur le cul tellement je suis impressionnée et tellement mes grands élèves écrivent moins bien que ses petits de première année... Il n'y a qu'une raison à cela; c'est la qualité de son enseignement, la rigueur qu'il exige à ses élèves et la confiance immense en leurs capacités qu'il leur accorde et qu'il leur fait ressentir.
 
Pourquoi pas moi?
 

dimanche 4 novembre 2012

Les TIC dans nos classes



La semaine dernière, une journée a été consacrée à un colloque portant sur les TIC dans ma région. Nombreuses ont été les personnes intéressées par le sujet. Un grand éventail d'ateliers étaient disponibles. N'ayant pas de TNI et étant intéressée par les manières d'intégrer les TIC dans mon enseignement au quotidien, j'ai choisi 4 ateliers qui m'ont fait connaître certains outils à ma disponibilité et d'autres qui m'ont donné des idées simples pour les utiliser dans mon enseignement quotidien de certaines compétences.
 
Je ne ferai pas un compte-rendu des ateliers auxquels j'ai assisté, mais j'irai d'une petite conviction de mon cru. Après tout, quand on assiste à des formations, c'est pour voir ce qui nous colle à la peau et qu'on peut appliquer directement dans nos pratiques pédagogiques!
 
La technologie dans nos vie est monnaie courante. Notre travail d'enseignant n'est pas que de faire en sorte que nos élèves soient bons à l'école, mais qu'ils soient bons dans la vie qu'ils choisiront! On leur permet, à l'école, de construire des connaissances et des compétences qui, nous le souhaitons bien, favoriseront les opportunités qu'ils auront de se construire une vie dans laquelle ils seront épanouis et compétents. Comme la technologie est monnaie courante dans la vie, il devient impératif qu'elle devienne monnaie courante à l'école aussi.
 
La technologie est-elle monnaie courante dans ma vie? Sans aucune hésitation! La technologie est-elle monnaie courante dans ma vie professionnelle? Sans aucune hésitation! La technologie est-elle monnaie courante dans la vie de mes élèves? Sans aucune hésitation! La technologie est-elle monnaie courante dans la vie scolaire de mes élèves? Heum???
 
Ce n'est qu'un réflexe d'enseignant que de penser: "je veux bien intégrer les TIC dans ma classe, mais les outils technologiques mis à ma disposition ne me le permettent que plus ou moins". Je suis la première à affirmer qu'il est complexe de faire utiliser le laboratoire informatique à mes élèves en raison de tous les bogues que j'ai vécus! On perd beaucoup moins de temps à écrire au tableau qu'à tenter de faire fonctionner un ordinateur et un projecteur multimédia qui refusent de collaborer et qui demandent qu'on les installe, qu'on les branche avant de les utiliser et qu'on les retourne dans le matériel disponible pour toute l'école après une leçon.
 
Cependant, ce que le colloque m'a amené à voir, c'est que même si je n'ai pas de TNI dans ma classe, d'ordinateur ou de tablette interactive pour chacun de mes élèves, il est tout à fait possible d'utiliser les outils de la technologie au service de l'apprentissage des élèves. Appareil-photo, enregistrement de la voix, logiciel de dessin, didapages, blogue, courriel, présentation de films, d'animations, d'informations par internet, projection d'images... Les possibilités sont incalculables et accessibles. D'accord, il n'y a qu'un appareil-photo dans l'école, mais j'en ai un à la maison qui peut aussi servir! D'accord, je n'ai pas d'enregistreuse numérique, mais je peux utiliser simplement le logiciel Audacity et publier en format MP3 les travaux des élèves. D'accord, je n'ai pas de TNI, mais je peux utiliser le projeteur multimédia. D'accord, je ne connais pas toutes les fonctionnalités de tous les logiciels disponibles, mais mes élèves ont des connaissances épatantes quand vient le temps de dompter la bête informatique. On pense que c'est plus chronophage et complexe de mettre les mains des élèves sur les touches, mais la réalité est qu'ils apprennent vite quand on le leur permet!
 
Ma conviction: l'utilisation des TIC en classe n'est qu'une réussite quand la pédagogie en fait partie! L'informatique n'est qu'un OUTIL. Si les outils sont mal utilisés, les élèves n'apprendront pas plus. Il revient donc aux enseignants à s'obliger à réfléchir à la manière, simple et accessible, d'amener les TIC dans notre enseignement comme une valeur ajoutée à ce qu'on fait déjà!

Je ramène le lien vers une conférence suggérée par Brigitte Prof qui est pertinent ici.

samedi 3 novembre 2012

Le travail de modification de pratiques pédagogiques

Il y a quelques années, je me suis lancée dans une refonte de mes pratiques pédagogiques en français. Oh que je n'ai jamais regretté! Mes changements ont été, en quelque sorte, encadrés par plusieurs ouvrages et formations. Surtout, je n'avais que 8 élèves dans une petite école de village. Il était donc facile d'éviter de laisser des fils lousses et de me réajuster en cours de route.
 
Cette fois, mon collègue et moi travaillons fort à transférer le concept du travail en autonomie qui nous permettra à la fois de différencier et de rencontrer nos élèves en entretien ou encore en sous-groupes de besoins. Je vois d'autres cyber-collègues faire le pas, mais leur contexte différent du mien fait que je ne peux que m'inspirer de leurs réflexions. Modifier ses pratiques pédagogiques, c'est un peu comme déménager. On y réfléchit, on cherche à trouver quelque chose qui nous convient complètement, on regarde ce qu'on a, on fait des choix pour décider de ce qu'on garde et de ce qu'on modifie. Ensuite, le "travail de bras" commence; on priorise, on fait nos changements, on regarde si ça convient, on s'ajuste, on se donne du temps... Finalement, quand c'est fait, on profite de notre nouvel environnement!

Je suis donc franchement convaincue du bien fondé de la démarche, mais cette fois, je me sens moins "encadrée" par la littérature ou encore des formations. J'apprends beaucoup de mon collègue qui a "une tête de maths" et je suis bien heureuse et rassurée de faire cette démarche avec lui!
 
À ma connaissance, ce qui existe au sujet de l'enseignement par ateliers en mathématiques touche plus les premiers niveaux du primaire. Avec des petits élèves qui explorent et construisent le sens du nombre, des opérations et toutes les autres bases des mathématiques, les idées pour des ateliers sont assez nombreuses. Avec des plus grands élèves, ma préoccupation constante est d'éviter de tomber dans le ludique qui oublie d'amener les élèves aux attentes de la progression des apprentissages ou encore de ne faire que des exerciseurs qui négligent l'esprit de développement de compétence...
 
Alors, dans cet article, j'expose la réflexion que mon collègue et moi avons faite et les idées que nous avons pour structurer notre projet pédagogique mathématique. Je soulignerai aussi les préoccupations que nous avons et si vous avez quelque élément à suggérer, souligner, ajouter, questionner, réfuter ou autre, ce sera grandement apprécié!
 
À vivre le français au quotidien dans ma classe, j'observe qu'il est plus facile pour moi (l'enseignante) de suivre les élèves et répondre à leurs besoins quand ils sont moins nombreux par ateliers. Il est plus faisable de répondre aux élèves qui sont en démarche de correction quand le quart du groupe y travaille et que les autres n'ont pas aussi besoin d'être débloqués que de répondre à tous mes élèves qui travaillent présentement à leurs tâches de mathématiques en même temps. Nous avons donc pensé faire vivre 3 ateliers différents dans une période de maths au quotidien. Ainsi, nous réduisons en tiers la répartition des besoins des élèves et évitons qu'ils soient en attente quand nous travaillons avec d'autres.
  • Exerciseurs: Malgré que les élèves soient mis en contexte de tâches en développement de compétence, il ne faut pas oublier de leur laisser du temps pour s'exercer à appliquer les différents concepts et processus mathématiques. Que ce soit des opérations à faire, des exercices de mesure, de calcul mental, d'application de règles (calcul de périmètre, de surface, etc.), de l'identification de figures géométriques ou de solides... les élèves seront appelés à appliquer leurs connaissances dans cet atelier. Ici, un mécanisme d'autocorrection pourra même être mis en place pour favoriser l'autonomie des élèves.
  • Manipulation: Pour construire leurs connaissances et solidifier leurs conceptions mathématiques, les élèves profiteront de différents bacs de manipulation. Ils auront donc à leur disposition des bacs contenant le matériel ainsi que différents procéduriers qui leur permettront de travailler de manière autonome. Par exemple, nous pourrons faire travailler les élèves avec du matériel en base 10, avec des réglettes (pour les fractions), avec des droites numériques, des géoplans (planches à clous...), des solides, etc. L'aspect crucial de l'apprentissage sera ici dans les procéduriers que nous fournirons aux élèves, qui feront la différence entre le ludique et l'apprentissage. Ces procéduriers sont présentement à monter. Nous nous inspireront beaucoup de l'ouvrage de Van De Walle et Lovin. Le travail pourra même se faire en équipes.
  • Problèmes mathématiques: Les élèves pourront travailler à leurs tâches de "raisonner" dans cet atelier. Je ne m'étends pas à décrire cet atelier, car c'est en fait de la résolution de problèmes classique. Cependant, nous nous assurons de choisir des problèmes qui touchent les critères de la compétence (compréhension du problème, mobilisation et application des concepts et processus mathématiques et justification correcte de la démarche).
La compétence à résoudre des problèmes sera travaillée à l'extérieur de ces ateliers mathématiques pour des raisons de gestion du temps et d'organisation. Cependant, pour de la cohérence, toutes nos maths (ateliers, leçons et tâches de compétence) seront vécues par concept mathématique travaillé. Si nous en sommes à travailler les fractions, tout tournera autour des fractions.  
 
La conseillère pédagogique m'a rappelé le danger, en fonctionnant par ateliers, de faire apprendre les élèves mais en s'éparpillant. Il faudra donc avoir en tête la progression des apprentissages dans notre planification globale et s'assurer, par des contrôles ou encore des évaluations plus traditionnelles que les élèves répondent aux attentes décrites dans le programme et la progression des apprentissages.
 
Il faudra aussi s'assurer de ne pas laisser d'élèves nous filer entre les doigts. Ceux qui ne viennent pas nous voir d'eux mêmes, qui de demandent pas d'aide quand ils sont bloqués ou qui semblent forts dans un contexte d'apprentissage et ont besoin d'un peu plus d'attention ailleurs. Ainsi, du moins pour les premiers temps, je crois que la rotation des ateliers se ferait de manière plus encadrée que dans les 5 au quotidien. Ainsi, je pourrai m'assurer de voir tout le monde régulièrement dans les différents ateliers. Plus tard, quand l'enseignante sera "moins en difficulté" dans sa nouvelle manière de fonctionner, les élèves auront la latitude de choisir ce qu'ils font et quand ils le feront.
 
Je terminerai par ma propre conclusion (oh, elle se croit sage tout à coup...) au sujet de l'autonomie des élèves. Autonome ne signifie pas autodidacte. Pour que les élèves soient autonomes, ils ont besoin, et c'est crucial, qu'on les voie régulièrement. On leur fera vivre des tâches de leur niveau qu'ils seront capables de réaliser et on doit les soutenir de manière à ce qu'ils avancent dans leurs apprentissages.
 
Maintenant, que les commentaires pullulent, ça m'aiderait bien! 
 

dimanche 28 octobre 2012

La lecture interactive avec mes grands élèves...

La lecture interactive, j'y crois sincèrement! Choisir un livre (un album bien souvent dans mon cas), construire l'intention de lecture avec le groupe, lire le livre, avoir une discussion sur le livre par la suite. Explorer avec les élèves des questions de compréhension, de réaction, d'interprétation et d'appréciation (voir ici). C'est un moment d'enseignement qui peut être très riche!
 
Je pratique la lecture interactive dans ma classe depuis plusieurs années, mais avec mes grands élèves, j'appréhendais un peu le commentaire suivant: "c'est un peu bébé, Marie-Eve".
 
AU CONTRAIRE! Mes élèves participent activement et apprécient ce temps calme autour d'une oeuvre littéraire. Ils en redemandent. Certains m'ont même dit qu'ils avaient un préjugé défavorable envers les albums, mais qu'en connaissant mieux ceux que je leur propose, ils s'aperçoivent qu'ils abordent des questions pertinentes pour leur âge et qu'ils suscitent des discussions fort intéressantes. Ils voient que le genre littéraire ne s'adresse pas qu'aux plus petits et que certains auteurs peuvent même les déstabiliser (Ami-ami de Rascal, par exemple).
 
C'est à moi de faire des choix judicieux pour maintenir cet intérêt et défaire ce préjugé qu'ils ont envers les albums!

Mes lectures interactives permettent, au niveau pédagogique, beaucoup de choses. J'en profite pour travailler avec eux des stratégies de compréhension. Elles sont modélisées, discutées, pratiquées par le groupe. Les questions que je pose après la lecture du livre me permettent aussi de voir où en sont les élèves. Bien qu'elles ne soient pas vécues en contexte "d'évaluation, en individuel et à l'écrit", je peux aisément voir où en sont mes élèves. C'est aussi un moment où les élèves peuvent partager leurs impressions et profiter de l'apport des autres pour construire leurs connaissances en lecture et leur compréhension d'une oeuvre littéraire. Quand j'utilise un album, on s'attarde aussi au message des oeuvres plastiques et à leur rôle dans l'histoire. Certains livres tendent même la main vers l'ECR avec leurs sujets qui suscitent des réflexions et des discussions en éthique.

Bref, c'est une pratique pédagogique que j'assume de plus en plus! C'est une pratique pédagogique que je recommande!

samedi 27 octobre 2012

De vrais livres!

C'est vrai, il y a longtemps que je n'ai pas publié... Mes beaux élèves que j'aime sincèrement m'ont donné la gastro... Je continue à les apprécier, mais j'avoue qu'ils m'ont mise à l'épreuve!
 


Alors, mon collègue et moi avons travaillé à structurer nos évaluations en lecture. Le premier bulletin arrive à grands pas et nous nous devons de porter un jugement qui rende justice aux compétences de l'élève. Depuis le début de l'année, j'ai installé les ateliers de lecture qui se font en autonomie et j'ai pris l'habitude de suivre mes élèves de près par des entretiens. Cependant, autant j'aime moins les tâches de type "lecture-questions", car elles ne cultivent pas la réalité du lecteur, mais l'obligation scolaire rattachée à la lecture, autant je les trouve importantes quelques fois par étape.

Elles permettent de laisser des traces écrites par les élèves de leur compréhension en lecture. Les élèves doivent faire preuve de confiance en eux pour mettre sur papier les traces de leur compétence à lire et se poser les bonnes questions face à leur travail. Disons-le, elles permettent aussi de porter un regard sur le rendement qu'on attend des élèves. C'est une manière d'évaluer l'élève, non pas en fonction de son niveau et de son propre rythme d'apprentissage, mais en fonction de ses capacités mises en lien avec les attentes générales du groupe. J'admets que c'est plus ou moins cohérent avec mes valeurs d'enseignante, mais les politiques en évaluation et la manière de
vivre le bulletin présentement font en sorte que je dois m'y conformer... Je note mes élèves 3 fois par année...

Donc, à la recherche de textes permettant cet exercice, mon collègue et moi en sommes venus à la conclusion qu'utiliser de vrais livres serait plus intéressant pour les élèves. Ainsi, nous avons monté nos tâches à partir de la littérature de jeunesse. Nous avons sélectionné des albums que nous avons jugé "du bon niveau". Nous avons pris le temps de créer des questions en lien avec chacun des livres sélectionnés.

Pourquoi ne pas rechercher des tâches déjà toutes faites? Parce que ces tâches ignorent souvent les quatre dimensions de la lecture. Effectivement, elles tournent bien souvent autour de questions de repérage. Ainsi, elles ne vérifient que plus ou moins la compréhension de l'élève, mais plutôt son habileté à lire une question et à repérer une information précise dans le texte. Nous avons donc pris le temps de structurer nos tâches en posant des questions de compréhension (explicite et implicite), d'interprétation du texte, de réaction et d'appréciation. (voir l'article sur les quatre dimensions de la lecture)

Étant donné le roulement déjà installé dans la classe qui a rendu les élèves autonomes (5 au quotidien), il est possible pour les élèves de faire la tâche avec le livre assigné à leur niveau (je suis dans une classe multi-âges), sans nécessairement que tout le groupe ait besoin d'un exemplaire du livre. Il n'est pas obligatoire que chacun fasse la tâche en même temps.

Un dernier petit truc. Si les élèves ont besont de laisser des traces de leurs stratégies dans le texte, il est possible de le faire en leur fournissant un transparent et un stylo à encre effaçable. Ils n'ont qu'à fixer le transparent sur la page du livre à l'aide d'un trombone et à écrire le numéro de la page. Ainsi, au besoin, on peut voir les traces de leurs stratégies en replaçant le transparent au bon endroit dans le livre.

samedi 13 octobre 2012

Enseigner... et plus!

Quand on dit qu'un enseignant joue aussi plusieurs rôles, c'est bien vrai! Prof-infirmière, prof-psy, prof-médiateur (relations école-famille), prof-juge (lors de la résolution de conflits), prof-ci, prof-ça!
 
Pour moi, enseigner, c'est une profession "humaine"! On travaille avec des humains et tout ce que ça comporte... et disons-le, c'est COMPLEXE, un humain! C'est faux d'affirmer que nous ne sommes là que pour faire avancer les élèves au niveau académique! On crée des liens affectifs importants avec nos élèves et on devient parfois une personne assez crédible et importante pour eux pour travailler aussi sur d'autres aspects de leur vie sociale, affective, etc! D'après leurs besoins, on doit assurer et mériter la confiance qu'ils placent en nous.
 
Bien entendu, les études que nous devons faire pour être enseignants tournent beaucoup autour de la pédagogie. On aborde certains autres aspects de la profession comme la gestion de classe, l'évaluation, la coopération avec les collègues, la communication avec les familles et autres, mais ce sont des sujets qu'on aborde ou qu'on survole lors de la formation initiale. On apprend un peu "sur le tas" ces différentes habiletés qui sont si importantes pour favoriser le développement de nos élèves.
 
Quand on partage le quotidien de ces plus petits humains, on devient une personne ressource importante dans leur vie. Le lien de confiance entre un élève et son enseignant sera plus fort (normalement) qu'avec d'autres intervenants de l'école (éducateur spécialisé, direction, etc.). Donc, quand un élève vit des émotions importantes dues à des événements significatifs, il faut savoir assurer et soutenir l'élève au meilleur de sa connaissance.
 
Y a-t-il quelque chose de plus fragile que la confiance que quelqu'un nous accorde, surtout dans les moments cruciaux?! Un peu à la manière d'un château de cartes, la confiance se construit petit à petit et peut s'effondrer en un instant...
 
J'ai vécu cette semaine la crainte d'abîmer ce lien si important. J'ai fait mon intervention avec mon coeur, en essayant d'aider mon élève à vivre et à comprendre ses grosses émotions, mais sans savoir si je l'aidais réellement ou si je nuisais à ce lien de confiance... J'espère vraiment ne pas faire de gaffes dans ces situations, mais je me sens moins outillée dans ce domaine que dans le cas où un élève a de la difficulté en lecture et où je dois l'accompagner académiquement.
 
Finalement, suite à cette réflexion et à ces questionnements causés par des incertitudes au niveau des interventions à mettre en place dans ces situations délicates, je me dis que quand on agit sincèrement, avec son coeur et qu'on respecte l'élève, si ce lien de confiance s'abîme, on peut par la suite se reprendre. À plusieurs reprises dans ma carrière ai-je dit à un élève "présentement, j'essaie de t'aider du mieux que je peux parce que je t'aime assez pour vouloir que tu sois bien et faire ma part pour que tu y arrives". Si des maladresses de ma part se produisent, il est important pour moi que l'élève sache que ce n'est pas dans le but de nuire et que j'interagis avec lui ou elle avec mon coeur et en toute sincérité.
 

Oui, c'est vrai, cet article est plus un témoignage ou encore une porte ouverte sur certaines de mes émotions en tant qu'enseignante qu'un outil aidant et pratique, mais voilà, vous serez, vous aussi, un prof-pas-juste-enseignant en me lisant...

dimanche 7 octobre 2012

Le leadership pédagogique

Depuis que je suis sortie de l'université et que j'enseigne, je profite du fait d'être contractuelle pour apprendre de la variété de collègues avec lesquels je travaille. Pour moi, certains enseignants sont plus inspirants que d'autres. En fait, les enseignants les plus inspirants pour moi sont ceux qui ont une vision et des valeurs pédagogiques semblables aux miennes ou cohérentes à mes yeux, mais qui ont une expérience ou des forces que j'observe et admire. Ce sont des gens de qui je peux apprendre de leurs forces et de leur expérience.
 
Que ce soit la direction, la conseillère pédagogique, l'éducateur de l'école, d'autres enseignants, j'ai toujours aimé m'inspirer des gens que je considérais comme des leaders pédagogiques. Je choisis les personnes que je considère crédibles et je prends plaisir à m'inspirer et à me dévelpper comme enseignante. Je pourrais faire une liste de personnes qui ont influencé mes pratiques et qui ont teinté ma couleur d'enseignante. Souvent, ils ou elles n'en sont pas tellement conscients, mais avec un certain recul, ils ou elles ont forgé l'enseignante que je suis.
 
Maintenant que j'ai quelques années dans le nez, que j'ai trouvé ma couleur d'enseignante et que j'ai réussi (finalement) à me construire une confiance professionnelle de base, j'observe que, parfois, je deviens, moi aussi, pour certaines personnes qui me donnent de la crédibilité, un leader pédagogique... Ouf, quel honneur!
 
En lisant sur le sujet des communautés d'apprentissage professionnelles (CAP), je réalise qu'un milieu de travail où les différents acteurs s'engagent dans des discussions pédagogiques, s'intéressent aux pratiques pédagogiques des autres, partagent leurs réussites, partagent leurs questionnements et écoutent les pistes de solutions proposées par les autres membres de l'équipe est un milieu professionnel riche en apprentissage et propice à la réussite. Riche en apprentissage et propice à la réussite des élèves ET des professionnels de l'éducation qui y travaillent. Un tel milieu dégage la confiance que chaque membre a en lui-même et en ses collègues. Un tel milieu démontre de l'ouverture; l'ouverture de se laisser inspirer par d'autres et l'ouverture de se donner le droit d'inspirer certains collègues qui choisissent de nous donner de la crédibilité. Chacun des membres de l'équipe est un leader pédagogique pour quelqu'un d'autre et s'inspire des autres leaders pédagogiques qui l'entourent. Un tel milieu favorise la mobilisation, la motivation et l'esprit de collégialité au travail. Les membres de l'équipe se sentent bien, acceptés, valorisés et compétents au travail. Chacun se réalise professionnellement. Tout cela a un effet positif sur les élèves et leurs parents, car l'école dégage beaucoup de professionnalisme.
 
Inspirant, non?! Est-ce moi ou cet idéal est très rare dans nos écoles? Personnellement, je n'ai jamais travaillé dans une école où je puisse affirmer que c'est la culture qui est installée... Certaines équipes de travail, ça oui! Et quel bonheur de faire partie d'une telle équipe! J'y goûte cette année et c'est franchement formidable. Si c'est si extraordinaire de faire partie d'une telle équipe, pourquoi la bonne nouvelle ne se propage-t-elle pas? Pourquoi n'est-ce pas la culture qui s'installe dans l'école? Pourquoi est-ce la première fois que je fais partie d'une telle équipe en plusieurs années?
 
Je pense que cette année, j'ai la chance de travailler avec des collègues qui ont aussi cette vision. Pour que cette culture s'installe dans une école, il faut que les membres de l'équipe soient prêts à vivre le changement de culture. Il faut que la confiance s'installe entre les membres de l'équipe-école et que certaines personnes agissent sur leur leadership pédagogique et soient contagieuses.
 
Le vol des outardes
Et si un leadership pédagogique sommeillait au fond de chacun de nous? Et si on acceptait de prendre cette place au sein d'une équipe de travail? Et si la direction encadrait ce leadership pédagogique que certains enseignants choisiraient d'assumer, de manière à ce que la place qu'ils prennent dans l'école demeure saine? Serait-ce prétencieux ou bénéfique? Est-il prétencieux de croire que, comme membre de l'équipe-école, je peux faire ma part pour faire fleurir des pratiques pédagogiques gagnantes et cultiver une attitude propice au partage? Je crois que non, dans la mesure où je me laisse aussi inspirer par le leadership pédagogique de mes collègues. Dans la mesure où, malgré que je me reconnaisse comme assez compétente et professionnelle pour inspirer d'autres personnes, la tête ne m'enfle pas au point d'arrêter de voir que moi aussi je peux apprendre et perfectionner mes pratiques pédagogiques! C'est ça, une communauté d'apprentissage professionnelle: se laisser inspirer par d'autres et se donner le droit d'inspirer des collègues!
 

Je suis curieuse de savoir si vous vivez une telle culture. Je suis curieuse de savoir comment elle s'est installée dans votre équipe de travail, ou mieux, dans votre école. Je suis curieuse de savoir si vous vous sentez assez professionnel et compétent pour être un leader pédagogique pour d'autres. Je suis curieuse de savoir pourquoi ou pourquoi pas. Je suis curieuse de savoir si vous trouvez prétencieux de la part de ceux qui assument ce rôle dans votre école ou si vous aimez plutôt vous en inspirer...

dimanche 30 septembre 2012

Les étiquettes... et la confidentialité!

Qu'est-ce qu'on peut nuire à un élève en ne respectant pas la confidentialité! Bien sûr, nous sommes des humains et nous avons parfois besoin de ventiler ce que nous vivons en classe avec certains élèves qui représentent pour nous des défis professionnels, disons-le comme ça... Nous avons aussi besoin d'échanger nos trucs et stratégies afin de s'outiller pour mieux intervenir. Cependant, il faut faire attention parce que si on "étiquette" l'élève aux yeux des autres intervenants, on peut lui nuire considérablement!
En créant une réputation à un ou des élèves, on modifie l'attitude que les autres auront à son égard, et ce, que ce soit positif ou non. L'effet pygmalion a été observé et prouvé, il ne faut pas l'oublier!
 
Personnellement, et c'est mon avis, je pense qu'il est professionnel de respecter certaines règles que je m'impose et que j'ai envie de partager. Je répète que c'est ma couleur et que c'est à vous de donner ou non de la crédibilité à mon propos. Mais je pense que la réflexion sur les étiquettes peut être pertinente... C'est vrai que je suis frileuse sur la question, mais bon...
 
  • Éviter de nommer des élèves devant des personnes qui ne sont pas en lien direct avec eux. En salle des profs, par exemple...
  • Parler des élèves de manière spécifique seulement avec les intervenants qui gravitent autour d'eux ou qui peuvent nous orienter dans nos interventions.
  • Parler des élèves en privé. Dans un local, la porte fermée, la conversation risque beaucoup moins d'être surprise par des oreilles qui ne sont pas concernées.
  • Émettre des faits, pas des jugements ou des opinions. Nous sommes des humains, il est donc difficile d'être réellement objectifs. Cependant, en s'efforçant de s'en tenir aux faits, aux comportements observables (qu'on parle de comportement ou d'académique), il est moins probable que la réputation créée soit déformée ou interprétée. J'insiste ici aussi sur les traces écrites qu'on laisse dans le dossier d'un enfant.
  • Apprendre à connaître l'élève et se faire sa propre idée de ses besoins, forces, défis. Relativiser la crédibilité qu'on donne à la réputation qu'a un élève. Il peut arriver que le contexte de l'élève change et que ça influence ses manières d'être à l'école...
Ma conviction: il n'est que professionnel que de faire bien attention à la réputation qu'on crée ou qu'on endosse, car cela a une incidence sur le vécu scolaire de l'élève concerné ainsi que sur les intervenants qui gravitent autour de lui ou elle!
 

dimanche 23 septembre 2012

Un lien intéressant

L'enseignement des arts plastiques n'est pas ma force... Bon, j'ai d'autres qualités, mais pas beaucoup d'idées en arts... Voici un lien vers un blogue qui se concentre sur des idées de projets en arts visuels. C'est à voir!
 

samedi 22 septembre 2012

Ma manière de vivre les tâches de maths cette année

Je prends du temps avec la conseillère pédagogique attitrée à mon école pour travailler ma planification globale en mathématiques. Comme j'aime me servir de "ma bible"L'enseignement des mathématiques; l'élève au centre de ses apprentissages nous avons convenu que ma planif partirait des concepts que j'ai à enseigner cette année.
 
Après avoir ciblé les concepts que je souhaite aborder et les avoir placé dans le temps, nous travaillons à sélectionner des tâches de compétence en lien avec les dits concepts.
 
Comme j'ai une classe de 5e-6e, j'ai décidé de faire vivre à mes élèves des tâches différentes selon leur niveau scolaire. Certains qui me lisent beaucoup seront peut-être étonnés, étant donné que je prône beaucoup plus la différenciation et que je n'aime pas "m'encarcanner" dans des programmations trop rigides... J'ai fait ce choix pour différentes raisons. D'abord, comme je n'étais pas l'enseignante de cette classe l'année dernière, je ne sais pas exactement quelles tâches ont été vécues. En fonctionnant ainsi, je réduis les chances que mes élèves de 6e vivent des tâches qu'ils auraient déjà travaillées l'année dernière. Ensuite, je m'assure que mes élèves vivent des tâches de leur niveau, car je me base sur le classement des élèves pour sélectionner ce que je leur demande de faire. Finalement, c'est un choix qui m'aidera à éviter de crouler sous la tâche, car je peux déjà piger dans une banque fournie et pertinente de tâches suggérées dans ma commission scolaire et qui ont déjà été vécues par le passé et ajustées au besoin par d'autres enseignants ou conseillers pédagogiques. Étant donné que je n'ai que rarement travaillé au 3e cycle dans les dernières années, cela sera aidant.
 
*Voir l'article qui définit résoudre et raisonner pour ceux et celles qui ne seraient pas au Québec...
 
Au niveau de la correction aussi, je m'aide à éviter de crouler sous la tâche en fonctionnant ainsi, car j'ai décidé que j'alternerais les tâches de résoudre et les tâches de raisonner pour mes élèves. Je m'explique: la moitié de mes élèves qui font les tâches de 5e vivront la "résoudre" à la semaine A. Lors de cette même semaine A, l'autre moitié de mes élève qui vivent les tâches 6e sont en "raisonner". À la semaine B, j'inverse. Ainsi, tout le monde vit ses tâches, mais il est plus facile pour moi de gérer toute la correction que ça implique, car ce qui est le plus chronophage, ce sont les tâches de résoudre... J'en ai donc la moitié moins à corriger à la fois.
 
Concrètement, dans la classe... Je prends le temps d'introduire les tâches à mes élèves. Je commence d'abord par rassembler les élèves qui sont en résoudre et nous lisons toute la tâche ensemble. Je réponds aux questions d'ordre général. Pendant ce temps, les élèves qui sont en raisonner commencent déjà à travailler. Au moment où j'ai terminé avec mon sous-groupe, j'appelle les élèves qui auraient besoin que je lise avec eux la tâche de raisonner qu'ils ont déjà abordée.
 
Une fois que j'ai pu orienter mes deux sous-groupes pour les partir, je m'installe à la table que j'utilise pour faire mes entretiens et je rencontre mes élèves qui se prennent un rendez-vous simplement en venant chercher un carton sur lequel est inscrit un numéro. Je peux donc les appeler dans l'ordre.
 
À la fin de la journée ou pendant les périodes où mes élèves sont avec les spécialistes, je prends le temps de corriger où ils en sont et de les orienter par écrit sur leur copie. Ainsi, je laisse des traces. Aussi, c'est à ce moment que je prends les notes nécessaires pour cibler des élèves qui auraient des besoins plus spécifiques ou encore rassembler les élèves qui auraient des besoins similaires.
 
La période suivante, les élèves continuent leur travail ou font les corrections nécessaires. Je mentionne ici que je leur demande aussi de corriger leurs erreurs de français. Je veux les inciter à faire attention à la qualité de leur français en tout temps et pas seulement en écriture!!

La gestion des ateliers

Un rallye-liens se vit présentement au sujet de la gestion des ateliers. Ayant déjà commis quelques articles sur le sujet, j'ai pensé simplement regrouper dans cette participation les différents liens vers les articles qui touchent ma gestion des ateliers en classe. À vous de vous promener... ou pas!
 
 
L'implantation des ateliers (gestion de la classe)
 
En lecture:
 
En écriture:
 
Libre à vous de grapiller et de vous inspirer!


Apprendre à s'entraîner pour ancrer la gestion de classe

La formation continue est un des aspects professionnels très importants pour moi et certaines lectures professionnelles ou formations auront certainement orienté certaines de mes réflexions et forgé certaines de mes pratiques professionnelles. Les 5 au quotidien fait définitivement partie de ces lectures professionnelles qui ont forgé mes pratiques, malgré que je n'applique pas tout à la lettre et que j'adhère moins à certaines recommendations des auteures (il faut bien se garder le droit à un esprit critique et adapter à notre couleur d'enseignante et aux besoins de nos élèves!)
 
Cependant, une des clés en or de cet ouvrage est en mon sens qu'il nous montre à prendre le temps de s'entraîner avec les élèves afin de développer les comportements attendus en classe qui deviendront chez eux des réflexes. Pour l'avoir vécu, c'est vrai qu'en prenant bien le temps d'ancrer ces comportements, on n'a plus à intervenir (ou presque) par la suite.
 
J'ai appris à ne plus prendre pour acquis que les élèves devraient savoir comment agir, car ils le faisaient par le passé avec les autres enseignants... On se décourage bien souvent du manque de transfert des élèves, mais quand j'étais à l'Université, un professeur nous avait dit que "les enfants sont codés génétiquement pour tester les limites d'un nouvel adulte et il faut absolument créer le cadre pour installer notre crédibilité et notre autorité devant eux". Nouvelle année, nouveau cadre à installer. Certains groupes s'ajusteront plus vite au cadre que d'autres, mais c'est notre travail d'enseignant de prendre le temps de le faire systématiquement!
 
Pour revenir aux 5, j'aime particulièrement leur manière d'ancrer ce qu'ils appellent "la mémoire musculaire" des élèves. Pour tout comportement attendu, les auteures prennent le temps de faire un tableau d'ancrage avec les élèves qui cite les raisons pour lesquelles c'est pertinent et important d'ancrer, les comportements observables attendus chez les élèves et chez l'enseignant.
 
Ces comportements sont modélisés. Les élèves modélisent les comportements à adopter, mais modélisent aussi le contre-exemple... Une fois modélisés, on vit des "pratiques" avec les élèves où notre seul rôle d'enseignant est d'observer attentivement le groupe. Dès qu'un seul élève déroge, on s'arrête pour faire une autoévaluation de chacun des comportements listés sur le tableau d'ancrage. On félicite ce qu'on a vu de bien et on cite ce qui est à améliorer la prochaine fois, sans nommer les élèves concernés (qui savent déjà, car ils l'ont admis en autoévaluation).
 
L'aspect important à considérer dans ce processus est le développement de l'endurance du groupe. Il est normal qu'aux premières pratiques, les élèves ne tiennent pas longtemps (parfois même moins d'une minute au premier essai), car on s'arrête dès la plus minime imperfection. Il n'y a pas d'avertissements ici. On veut la perfection! Ensuite, on amène les élèves à "battre leur record" de fois en fois jusqu'à la maîtrise des comportements attendus et l'obtention de l'objectif qu'on s'est donné de rendre les élèves AUTONOMES.
 
Une fois bien ancrée, la gestion de classe ne nécessite par la suite que quelques rappels à certains élèves ou au groupe, mais c'est bien vrai qu'en forgeant ainsi les comportements attendus, on en fait des réflexes pour les élèves et on peut par la suite se concentrer à autre chose, comme les contenus à faire apprendre aux élèves!
 
Les auteures décrivent dans leur ouvrage comment elles forgent les comportements attendus en contextes d'ateliers de français, mais je crois fermement que cette vision de l'installation de la gestion de classe est transférable à tout comportement attendu dans un contexte de classe: prendre le rang pour circuler dans l'école, défaire son sac le matin, la gestion du niveau de buit dans la classe... À vous de voir!

jeudi 20 septembre 2012

40 000

Il y a précisément 1 mois et 5 jours, j'étais toute heureuse que mon blogue ait touché les 10 000 pages vues... C'est maintenant 40 000 pages vues que je fête! Vous êtes en feu!!! Toutes ces visites en si peu de temps!
 
Cette décision que j'ai prise de publier un blogue pédagogique m'a apporté beaucoup plus que je ne l'aurais d'abord cru. Un merci immense à toutes les personnes qui ont accepté de venir y jeter un oeil, qui ont apprécié (ou pas), qui ont questionné, commenté, suggéré, qui sont revenues et qui ont référé mes convictions en éducation à d'autres.
 
Ma journée commence bien avec cette tappe dans le dos qui m'encourage et m'aide à me sentir pertinente dans ma profession!
 
À bientôt, j'espère!
M-Eve

dimanche 16 septembre 2012

Prendre le pouls de ma classe

Mon début d'année se déroule à merveille et je suis très encouragée de l'année que je pourrai passer avec ce groupe. Mes élèves me donnent l'impression de se sentir bien dans ma classe aussi, mais ça reste ma perception.
 
Suite à la suggestion de Jacqueline Caron dans Quand revient septembre... j'ai décidé de tenter d'aller voir les perceptions de mes élèves. Ainsi, je pourrai mieux valider mes propres perceptions et tenir compte de leurs commentaires. J'ai élaboré  20 questions auxquelles les élèves répondront par oui ou non. En fait, j'énoncerai les questions oralement et ils ne feront qu'indiquer le numéro de la question et la réponse sur leur feuille.
 
Une fois que toutes les questions auront été posées, les élèves échangeront leurs feuilles. Je leur demanderai, en grand groupe et en levant la main, de m'indiquer les réponses. En n'ayant pas leur feuille-réponse, mais celle d'un autre, ils seront encore anonyme devant la classe... En recueillant leurs réponses, je complèterai le diagramme à bandes tout en le projetant.
 
Voici mes questions:
1.       Je sens que j’ai ma place dans la classe.
2.       Je me sens à l’aise de demander de l’aide à mon enseignante quand j’ai un problème.
3.       Je me sens en sécurité dans la classe.
4.       Chaque fois qu’on fait une tâche, je sais pourquoi elle est importante.
5.       Mon enseignante se fâche pour des riens.
6.       Les explications sont claires.
7.       Mon enseignante donne des punitions sans qu’on sache pourquoi.
8.       Mon enseignante chiale après nous régulièrement.
9.       Mon enseignante est présente en classe.
10.   Je me sens respecté des autres dans la classe.
11.   Mon enseignante ne nous laisse pas assez de temps pour faire une tâche.
12.   Je vois des injustices dans la classe.
13.   J’ai peur de ne pas apprendre en raison des façons d’enseigner de mon enseignante.
14.   J’aimerais avoir plus mon mot à dire, car mon enseignante décide de tout.
15.   J’ai l’impression d’être traité comme un bébé (ou comme un adulte).
16.   On a le droit de rire et de s’amuser en classe.
17.   Je sens qu’on avancera cette année (comportement, matières scolaires, esprit de groupe…)
18.   Je sens que le niveau de difficulté des tâches ou des exercices sera ajusté à mes forces et à mes défis.
19.   Mon enseignante aime vraiment ses élèves.
20. Je me sens à l’aise de prendre la parole dans le groupe.
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