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Voici ma couleur d'enseignante

Ce blogue démontre ma couleur d'enseignante. Je partage ici ce qui me colle à la peau. Votre couleur est tout aussi pertinente! À vous de prendre ce que vous considérez comme inspirant et de laisser ce qui ne vous ressemble pas.

samedi 30 juin 2012

Les phases du continuum en lecture

D'abord, je veux commencer cet article par une mise en garde. Comme le continuum en lecture est une formation assez complète (échelonnée sur quelques jours), ce que je publie ici n'a pas la prétention d'être le contenu de cette façon de vivre la lecture. Je résume à ma manière, selon ma compréhension, et très brièvement l'esprit de l'outil. Pour se procurer cet outil, à ma connaissance, il faut être au Québec et assister à la formation!

Je publie cet article sur les phases de lecture selon le continuum en lecture, car j'en ai parlé dans d'autres articles sans expliquer ce que c'est. Spiky 23, par un commentaire laissé sur mon blogue, m'a fait réaliser que si j'en parle, sans expliquer ce que c'est en gros, ce n'est pas très clair de ma part!

Phase 1: La lecture comme jeu symbolique
C'est à cette phase de lecture que l'enfant apprend à manipuler un livre et en comprend l'utilisation. Il est conscient que les mots et les images ont du sens. Il comprend que le livre transmet un message.

Phase 2: Le tâtonnement expérimental
L'enfant découvre la stabilité du message écrit. Il comprend que le même livre se lira toujours avec les mêmes mots. Il utilise ses connaissances pour comprendre et commence à utiliser les correspondances lettres-sons pour identifier certains mots.

Phase 3: Le "décollage"
L'enfant comprend que les lettres et les mots servent à transcrire les sons. Il sait que pour construire tout le sens d'un écrit, il faut lire tous les mots. Il utilise donc ses connsaissances et stratégies de décodage ou de globalisation pour déchiffrer et comprendre ce qui est écrit.

Phase 4: Une première autonomie
L'enfant lit des textes assez simples. Il acquière de la confiance pour déchiffrer les mots. Il commence à s'auto-corriger. Le sens prend de plus en plus d'importance, car l'élève apprend à redire dans ses mots ce qu'il a lu et à interpréter le texte.Il commence à utiliser la lecture pour atteindre des buts variés.

Phase 5: Le lecteur autonome
Lit des ouvrages plus corsés. L'enfant est en mesure de comprendre, d'interpréter, de réagir et d'apprécier un texte. Il se sert de la lecture à diverses fins. Il démontre une certaine assurance.

Phase 6: Le lecteur habile
Les processus sont maintenant automatisés. Le lecteur se sert maintenant de l'écrit de manière efficace et dans différents contextes.

Je répète que ceci est très très résumé! L'outil permettant d'observer les élèves proposé par le continuum en lecture regorge d'éléments observables pour chacune des phases de lecteur et est complété par des pistes d'intervention appropriées à chacune des dites phases. La formation est importante pour savoir bien l'utiliser. Une vaste sélection d'albums ont été classés pour faciliter l'utilisation du continuum en lecture dans notre enseignement sur le site de "livres ouverts" que voici. C'est ainsi qu'on peut, après avoir observé les élèves et avoir identifié la phase de lecture où ils en sont, leur attribuer des oeuvres littéraires adaptées à leurs besoins.

vendredi 29 juin 2012

Ouvrage de référence - Camil Sanfaçon

Je viens tout juste de terminer la lecture du dernier ouvrage de M. Sanfaçon. Une plaquette de moins de 100 pages qui va droit au but et qui est très "terrain" en ce qui a trait aux relations entre l'école et les parents. Un ouvrage qui se lit bien et qui ramène certaines perceptions.

Lien ici
Complices dans la réussite; pour une communicatin efficace avec les parents est très accessible. Il rappelle en fait que les parents sont des êtres humains qui veulent le bien de leur enfant. La plupart du temps, la non-collaboration est finalement plus de l'ordre du mécanisme de défense que de la mauvaise foi. Souvent, les parents d'élèves vivant des difficultés à l'école veulent faire tout ce qu'ils peuvent pour aider leur enfant, mais dans le contexte de communication école-maison, ils sont souvent émotifs et réagissent... Faire preuve d'empathie et de compréhension à leur égard en accueillant leur émotion, en évitant de porter des jugements, mais tout en exigeant le respect est en fait le but visé. C'est ce que l'auteur nous aide à faire et à comprendre pour nous aider à jouer efficacement notre rôle auprès des parents pour le plus grand bénéfice de l'élève.

Résumé par chapitres
Chapitre 1: Quelques mots sur la recherche
Les communications insatisfaisantes entre l'école et la maison s'ont malheureusement observées. Le manque de temps, les communications limitées aux situations problématiques, les attentes des parents diverses (et parfois irréalistes envers l'école) et les parents intimidés par l'école sont des réalités relevées.

Chapitre 2: L'enfant d'aujourd'hui
L'auteur souligne certaines caractéristiques et besoin des enfants d'aujourd'hui. Il indique aussi que la cohérence entre l'école et la maison est souhaitable et que le rôle de l'adulte n'est pas d'être l'ami de l'élève, mais bien de l'encadrer (ce qui n'empêche pas un lien entre le prof et l'élève).

Chapitre 3: Le premier contact
Les relations harmonieuses entre l'école et la maison se construiront tout au long de la vie scolaire de l'enfant. De mauvaises expériences pour les parents teinteront possiblement leur façon de collaborer avec l'école sur plusieurs années. D'où l'importance de travailler à un premier contact (entrée en maternelle) positif.

Chapitre 4: Les rencontres avec les parents
Les parents ont certains droits qu'il ne faut pas négliger quant à  l'information sur le cheminement scolaire de leur enfant. Bien se préparer pour rencontrer les parents et faire en sorte que les rencontres soient satisfaisantes est important!

Chapitre 5: Des rencontres satisfaisantes pour tous
Se souvenir que toutes les personnes présentes lors de rencontres scolaires sont des humains qui vivent des émotions. Les professionnels de l'enseignement ont des craintes et des insécurités, les parents vivent des craintes de même que les élèves. S'attarder à ces émotions qui se vivent favoriseront des rencontres satisfaisantes.

Chapitre 6: Un plan d'intervention
Toutes les personnes réunies en plan d'intervention doivent avoir eu l'occasion de se préparer à la rencontre. Une des clés très importantes est d'éviter de porter des jugements. Les faits sont les bienvenus, les jugements sont inappropriés! Aussi, les parents doivent savoir à quoi s'attendre avant de vivre le plan d'intervention.

Chapitre 7: Des attitudes gagnantes
L'auteur y suggère des attitudes qui favoriseront une collaboration efficace entre l'école et la maison

Chapitre 8: La délicate question de l'inclusion
L'inclusion dans les classes régulières est faisable et possible, mais pas sans certaines conditions (formation adéquate, soutien, etc.) Il faut toujours se poser en fonction de ce qui est le mieux pour l'élève... *Importance de la formation: personne n'est qualifié à vie!

Pour voir le changement...

Nous savons tous qu'en matière de relations humaines, il n'y a aucune recette magique! Quand nous faisons des interventions avec les élèves, nous devons prendre en considération l'élève en question, la problématique sur laquelle nous voulons travailler, le contexte et prendre une décision. Notre jugement professionnel nous sert à faire des choix pédagogiques, mais des choix d'intervention aussi!

On m'a déjà expliqué que pour favoriser un changement de comportement chez un élève, il faut savoir doser le malaise et l'espoir. Le malaise doit être suffisamment présent pour amener l'élève à choisir de fournir l'effort d'opérer le changement désiré. L'espoir doit aussi être suffisant pour que l'élève choisisse de fournir l'effort d'opérer le changement désiré.

Par exemple, un fumeur qui recevrait un diagnostic terminal de cancer du poumon a un malaise important, cependant, l'espoir n'est pas présent pour balancer le malaise et inciter le changement de cesser de fumer. De la même manière, la seule phrase insistant sur le fait que la cigarette est nocive pour la santé n'était pas un malaise assez important pour inciter certains fumeurs à cesser de fumer. C'est ce qui a motivé la décision d'accompagner la phrase d'images dissuasives sur les paquets de cigarettes...

Changement = malaise + espoir

Il faut absolument penser à doser les deux éléments en question pour obtenir la possibilité d'un changement. D'où la nécessité de baser nos choix d'intervention sur notre jugement professionnel!

jeudi 28 juin 2012

Apprendre à se créer moins de travail


L'enseignement est un domaine professionnel exigeant! Notre profession demande qu'on mette beaucoup de temps à planifier, concevoir des situations d'enseignement-apprentissage pertinentes en fonction des besoins des élèves, à prévoir les mesures d'aide ou d'adaptation de manière à différencier pour les élèves qui en ont besoin. En présence des élèves, on se doit d'être alertes et présents afin d'avoir des yeux tout le tour de la tête. Ainsi, on peut gérer la classe tant au niveau des comportements attendus des élèves, tant dans le pilotage de nos leçons, tant au niveau des entretiens avec les élèves pour soutenir leur travail. Ensuite, la correction, la compilation, l'évaluation des élèves ainsi que de notre pratique afin de poursuivre l'apprentissage des élèves. Sans compter les réunions, les concertations, les formations, les lectures professionnelles, l'organisation physique de la classe, les communications avec les parents, les traces écrites à consigner pour les dossiers des élèves, etc. La liste de nos responsabilités professionnelles est longue. Nous devons jongler avec toutes ces responsabilités dans des délais raisonnables et c'est correct, car nous avons choisi notre profession et nous sommes considérés comme capables de le faire, nous sommes compétents!
Ceci étant dit, je pense qu'il faut absolument apprendre à se créer moins de travail! Nous sommes des humains, pas des machines! Souvent, les enseignants sont des humains perfectionnistes; c'est en fait le défaut de la qualité! Le souci du travail bien fait est une grande qualité, mais pas aux dépends de notre santé. L'épuisement professionnel est fréquent dans notre domaine. Je mentionne ici que je suis prête à mettre le temps qu'il faut pour en faire bénéficier mes élèves. Cependant, j'ai appris à me créer moins de travail en dehors des heures de classe...

Réduire la pile de correction:
En faisant vivre plus d'activités de manipulation et moins de papier-crayon aux élèves, j'ai ainsi réduit la pile de correction, et ce, sans que les élèves soient punis dans leurs apprentissages! Aussi, certaines tâches peuvent très bien se prêter à l'auto-correction. Il s'agit de montrer aux élèves à se corriger eux-mêmes de manière honnête. Ensuite, l'enseignant s'assure du suivi à faire concernant les élèves qui auront eu plus de difficulté dans leurs tâches. La correction de groupe est aussi une solution avantageuse pour certaines tâches, car elle permet en plus une modélisation suite à la tâche.

Gestion des devoirs:
J'ai décrit ma manière de vivre autrement les devoirs et leçons ici et  (sous faire autrement ou j'en suis convaincue sur mon blogue). Je l'ai d'abord installée en raison d'une conviction pédagogique. Je serais malhonnête de ne pas reconnaître que ce changement de pratique m'a fait réaliser tout le temps qu'on met dans une semaine à gérer les devoirs des élèves. Il faut les trouver, les photocopier, les expliquer aux enfants, les récolter (ce qui est souvent compliqué pour certains élèves moins disciplinés), les corriger, les compiler, en expliquer la correction et recommencer ainsi chaque semaine!

Accepter que tout ne soit pas parfait:
Comme je le mentionnais plus haut, les enseignants sont souvent perfectionnistes. Accepter que tout ne soit pas parfait est aussi un aspect qui a fait que je me crée maintenant moins de travail! Je mise davantage sur le contenu que sur la "dentelle". J'aime bien que les tâches que je crée ou adapte pour mes élèves soient bien présentées, avec des petits dessins qui agrémentent le tout ou encore que les affiches de classe soient faites à l'ordinateur, plastifiées, colorées, etc. La réalité, c'est que bien souvent, l'affichage fait avec les élèves (devant eux ou encore par eux) sera plus signifiant et utilisé par eux, même s'il n'y a pas de petits dessins ou de "dentelle"...
Je sélectionne donc ce que je considère qui vaut la peine de faire de manière durable et j'investis plus de temps sur ces priorités.

Apprendre à demander de l'aide et travailler en équipe:
Souvent, on investit beaucoup de temps à monter des tâches qui peuvent déjà exister sans qu'on le sache. Demander l'aide de collègues ou des conseillers pédagogiques est souvent profitable! Quand on apprend à travailler en équipe et à partager nos pratiques pédagogiques ainsi que notre matériel, on profite aussi du bagage des collègues autour. Souvent, si les forces des membres d'une équipe de travail sont différentes, on peut même se compléter de manière remarquablement efficace!
Organiser son fonctionnement de manière à récolter plus tard:
Le dernier point que je souhaite partager est l'investissement dans des choix pédagogiques payants. Bien organisé et bien mis en place avec les élèves, le fonctionnement de la classe permet ensuite de gagner beaucoup de temps! Par exemple, prendre le temps, en début d'année, de structurer sa planification globale en univers social et de s'outiller pour ensuite la vivre au fur et à mesure (voir un drap et des stylos permanents sous univers social sur mon blogue ici) fait en sorte qu'on travaille plus en début d'année, mais qu'il ne reste plus qu'à vivre avec les élèves par la suite. Même chose pour son fonctionnement en classe (5 au quotidien, ateliers, etc.)

Finalement, je n'ai rien contre l'idée de mettre du temps pour mon travail. Au contraire, j'aime ça! Cependant, pour ma santé, j'ai dû apprendre à faire des choix. Je me demande donc si le temps que je mets personnellement profite réellement au cheminement de mes élèves. Si la réponse est oui, j'investis. Si j'hésite, j'essaie de voir si je peux faire autrement. Si non, pourquoi m'entêter?!

Devoirs et leçons

Je n'ai jamais été une enseignante qui crois fermement que les devoirs sont importants... Les élèves qui ont de la facilité à l'école ne sont pas vraiment concernés par cette conviction pédagogique. Ils font leurs devoirs et leçons avec un niveau d'aisance qui ne les gêne en rien. En fait, pour ces élèves, les devoirs et leçons ont de bénéfique qu'ils inculquent un sens des responsabilités et de discipline.


Pour les élèves en difficulté ou pour qui la période de devoirs et leçons devient un cauchemar familial, je ne crois pas que la pression créée par ce rituel soit nécessaire. Un élève en difficulté d'apprentissages a besoin de répétition pour favoriser son apprentissage, je suis bien d'accord, mais s'il en coûte son plaisir d'apprendre et/ou des relations familiales harmonieuses, je pense que c'est cher payé!

D'abord, j'ai toujours indiqué aux parents qu'après 20 minutes, pour moi, la période de devoirs et leçons est terminée, sauf bien sûr si l'enfant est en mesure de continuer... Donc, après 20 minutes, fini pas fini, on ferme tout et on remet à demain! Pour les familles qui ont trois enfants, cela représente 60 minutes chaque soir... en plus des activités parascolaires ou des activités familiales, qui ont aussi leur importance!

Ensuite, je mets l'emphase sur les leçons et sur la lecture. Donc, ce que je demande aux élèves tourne autour des faits numériques à savoir (les tables), des mots à savoir écrire et/ou des verbes à conjuguer. Je mentionne ici que je différencie les leçons demandées en fonction des élèves. En plus de cela, je demande aux élèves de prendre l'habitude de lire chaque soir. J'ai même opté pour de la lecture personnelle. J'enseigne déjà aux enfants à se choisir des livres à leur pointure. Que leur lecture quotidienne soit un moment de plaisir et de détente, même si cela fait partie des devoirs et leçons, n'est aucunement un problème dans ma conscience professionnelle! Il est possible de faire remplir un carnet de lecture laissant des traces de ce que les élèves ont lu à la maison...

Pour ce qui en est des devoirs, j'en suis venue à fournir aux parents une liste de suggestions. J'ai expliqué, tant aux élèves qu'aux parents, que cette liste est en quelque sorte facultative. S'il est important pour eux d'avoir la discipline de prendre l'habitude de faire des devoirs, ou que leur enfant est motivé, il est possible de choisir un projet qui sera fait à leur rythme et qui convient aux besoins de l'enfant. Par exemple: préparer une présentation qui apprendra quelque chose au groupe (animaux, sport, science, personnage marquant...), inventer un jeu de société, écrire des phrases de qualité en appliquant le code de correction, rédiger un court texte cohérent et précis sur un sujet de leur choix, recommander un livre qu'ils ont particulièrement aimé en le présentant au groupe (résumé, lire un extrait, expliquer en quoi c'est un bon livre...), faire une recette où l'enfant prend en charge la lecture des étapes à suivre, jouer à des jeux éducatifs (jeux de cartes, de logique, de mots, à l'ordinateur, etc.), réaliser une peinture ou autre oeuvre plastique... Je ne vérifie pas qui fait quoi et en combien de temps. Quand l'élève est prêt à rapporter les fruits de son travail à l'école, il prend rendez-vous avec moi pour que je planifie un moment de classe réservé à la présentation de sa réalisation.

*Il est à noter que je me réserve toujours le droit d'exiger qu'un travail fait en classe soit terminé à la maison!

Jusqu'à maintenant, cette manière de vivre les devoirs et leçons a été appréciée par les élèves et leurs familles. La pression est moins grande pour eux. Comme les enfants réalisent leur projet à leur rythme et en fonction de leurs besoins et intérêts, ils ne sont pas ensevelis! Les compétences transversales sont mises à profit (organiser son travail, exercer son jugement critique, savoir communiquer, travailler en équipe). J'irais jusqu'à dire que l'estime de soi peut se développer dans un contexte où l'enfant est fier de sa réalisation. Honnêtement, comme enseignante, j'ai souvent été impressionnée par les réalisations des élèves!

Ma conviction: éviter que la période de devoirs et leçons soit un fardeau pour les élèves et leurs familles est important. Aussi, différencier les devoirs et leçons est primordial, surtout pour les élèves en difficulté et les élèves qui dépassent ce qu'on attend d'eux. Ainsi, chacun travaille dans sa zone de développement!

mardi 26 juin 2012

Construire une intention de lecture

Une des choses que j'ai apprises lors de la formidable formation sur le continuum en lecture (voir article sous "français" sur mon blogue ici), c'est comment construire une intention de lecture. Que ce soit en faisant la lecture à voix haute, en faisant un entretien de lecture ou en lecture personnelle, il est important de se construire une intention de lecture avant de plonger dans le livre. C'est en quelque sorte la bande-annonce du livre.


En observant bien l'image, le titre, la 4e de couverture, le résumé ou en feuilletant les images, il est possible de se faire une idée de l'histoire. L'intention de lecture est en fait de trouver la pertinence de lire CE livre précisément. Quand on est capable de répondre à la question : "pourquoi lire ce livre?" ou encore "je vais lire ce livre pour savoir...", on a une intention de lecture. C'est donc beaucoup plus signifiant ainsi!


Il est possible de construire une intention de lecture avec les élèves et de leur montrer comment faire. Par exemple, on pourrait construire l'intention de lecture de l'album C'est moi le plus fort écrit par Mario Ramos (cliquer sur son nom pour accéder à son site web) 


Observer la couverture
Que vois-tu?
Le loup a-t-il l'air gentil? Qu'est-ce qui te fait affirmer cela?
Aurais-tu peur si tu croisais un loup qui a cet air?
Lisons le titre. Qui dit qu'il est le plus fort?
Est-ce que c'est vrai que les loups sont les plus forts dans une forêt?

4e de couverture

Est-ce que c'est le même loup?
A-t-il toujours le même air?
D'après l'illustration, les trois petits cochons ont-ils l'air d'avoir peur?


Lecture du résumé

Il croisa ensuite les trois petits cochons. "Que vois-je? Trois petits cochons loin de leurs maisons! Comme c'est imprudent! Dites-moi, les petits dodus, qui est le plus fort?" demande le loup.

Le loup veut-il manger les cochons?
Que demande-t-il aux cochons?
D'après toi, que répondront les cochons?
Toi, que répondrais-tu?

Alors, pourquoi lire ce livre écrit et illustré par Mario Ramos? (Laisser répondre les élèves. Voici des exemples)
  • Pour savoir si c'est vraiment le loup le plus fort.
  • Pour savoir que répondront les personnages quand le loup leur demandera qui est le plus fort.
  • Pour savoir si le loup est gentil ou méchant.
  • Pour savoir quels personnages croiseront le passage du loup.
  • ...
Prendre quelques minutes pour construire une intention de lecture spécifique au livre aide à la compréhension des élèves. En plus de présenter le livre (titre, auteur, illustrateur, maison d'éditions), on donne de la signifiance à la lecture du livre en particulier, on assoit le contexte de l'histoire et on donne à l'élève une opportunité de faire des hypothèses. La compréhension sera favorisée, de même que la motivation à lire!

À la fin de la lecture, prendre le temps de revenir sur l'intention de lecture est pertinent et vient renforcir la signifiance de la lecture du livre en question.

dimanche 24 juin 2012

Une main de fer dans un gant de velours

Établir sa gestion de classe passe par la crédibilité de l'enseignant dans son rôle d'autorité et de leader. Afin de se sentir en confiance et en sécurité, les élèves ont besoin de savoir que l'enseignant est en contrôle dans la classe. Ils ont aussi besoin d'être respectés afin de se sentir en confiance et en sécurité!

Pyramide des besoins selon Maslow
Encadrer un groupe par de la constance et de la cohérence peut prendre un certain temps à s'installer, mais je  crois sincèrement que quand c'est fait avec du respect pour l'élève, de la douceur et par de la sincérité dans la relation, on y gagne! On y gagne en crédibilité dans la classe et on y gagne personnellement! Comme nos élèves, nous avons aussi un besoin d'appartenance. Les liens créés sont vrais et on peut ensuite travailler à amener l'élève plus loin dans son cheminement et l'aider à s'épanouir.

Ai-je besoin que mes élèves aient peur de moi pour me reonnaître comme leader et m'obéir? Je suis convaincue du contraire! Si mes élèves ont peur de moi, ils seront sages, certes, mais à quel prix?! Se sentir en sécurité et en confiance est un besoin important (2e dans la pyramide) et les enfants ont beau être petits, ils sont des êtres humains!

Si je perds le contrôle et que je crie après un élève, qu'il se sent humilié devant le groupe en raison d'une intervention, si je lui donne une conséquence démesurée, vais-je renforcir mon autorité au sein de mon groupe de petits humains (affectifs) ou vais-je plutôt les faire douter de ma crédibilité? Un leader qui perd le contrôle, ce n'est pas très rassurant, car on ne sait jamais quand ça peut déraper... De la même manière qu'un leader qui n'est pas constant et cohérent n'est pas un leader, car il est trop facile de le manipuler...

Ma conviction: une main de fer dans un gant de velours... Faire preuve de cohérence dans ce qu'on exige des élèves, faire preuve de constance (intervention 100%, sans changer d'idée ou négocier), mais de manière professionnelle, calme, et respectueuse.

En contexte professionnel, il faut apprendre à agir de façon professionnelle et vivre l'émotion plus tard. Si nos élèves sont humains, nous le sommes aussi! Certaines situations sont intenses pour nous dans une classe, mais il faut réussir à agir professionnellement sur le coup. Pour bien faire son travail, il faut garder son sang froid. Nous décanterons plus tard...

Question de bibliothèque.

Un blogue est généralement un endroit où l'administrateur publie des articles. Les visiteurs peuvent questionner et/ou commenter.

Cet article est en fait une question que je me pose. Malgré mes recherches qui me donnent des pistes, je n'arrive pas "à me brancher". Je décide donc de poser la question en souhaitant que vos avis m'éclaireront. (Cliquer sur les images pour les voir de plus près)

J'ai expliqué dans mon article "les élèves choisissent leurs livres"  ici (sous français sur mon blogue) ma manière de gérer les choix de livres des élèves. J'étais très fière de ma biblio de classe qui contient beaucoup de livres de qualité!

Depuis, j'ai visité des sites où les bibliothèques de classes roulent rondement et je me questionne sur le classement des livres qui est préférable pour les élèves... Pas juste la gestion technique de l'enseignante... 

L'univers de ma classe (en français) qui s'est insipirée de
Beth Newingham (en anglais)
en sont des exemples représentatifs de tout ce que j'ai vu sur le web, en plus d'être "hot"!

La bibliothèque de ma classe est spéarée en deux. Il y a les livres nivelés (d'après l'échelle Fountas et Pinnel) et les livres de littérature de jeunesse. Dans ma collection de littérature de jeunesse, tous les albums sont classés d'après les phases de lecture du continuum en lecture. Dans ma classe, les livres sont donc classés par niveau de difficulté ainsi que par dispositif de lecture (les albums, les romans, les documentaires, les revues...)
Beth Newingham
Univers de ma classe
Dans la classe de Beth Newingham, les livres sont classés par dispositif, genre littéraire ainsi que par niveau de difficulté. (WOW!!!)

D'autres classent les livres par auteur ou par thèmes (Jocelyne Giasson, Nadon).

Dans les bibliothèques scolaires de ma commission scolaire, les documentaires sont classés par thème. Les albums et les romans sont classés par maison d'éditions.
Le seul élément que je retiens comme incontournable, c'est l'utilisation de meubles ou de bacs qui mettront en valeur les couvertures des livres (vue de face).
Meuble permettant de voir la "face" du livre
Dispositif ingénieux pour les revues
Ma question: QUELLE EST LA MANIÈRE DE CLASSER LES LIVRES DE LA CLASSE LA PLUS FAVORABLE POUR LES ÉLÈVES (dispositif, auteur, thème, genre littéraire, niveau, etc.)?

Les parents

La plupart de nos relations avec les parents sont positives. Il peut cependant arriver que les interactions école-maison puissent être houleuses... Ça ne m'est pas arrivé souvent, mais on sait tous qu'une collaboration entre l'école et la maison est plus que souhaitable pour aider un élève à cheminer! C'est donc de dire que nous avons notre part à assumer afin de favoriser un lien de collaboration, ou mieux de confiance!

Ce que je tente de me souvenir quand je veux créer un lien positif avec un ou des parents que je sens méfiants, c'est qu'ils sont des humains qui ont un vécu. Il se peut que leurs expériences scolaires n'aient pas toujours été agréables, que ce soit en tant qu'élèves ou en tant que parents d'élève.

Je n'ai encore jamais rencontré de parents qui ne veulent pas le bien de leur enfant. Il se peut que les valeurs familiales et scolaires ne concordent pas, mais je pense que les parents sont bien intentionnés. Il ne faut pas oublier que nous observons l'enfant sous un angle différent de ses parents. Cette image m'a beaucoup parlé.
Le cylindre représente l'enfant. Vu d'en haut, le cylindre projette une image circulaire. Vu de face, le cylindre projette une image rectangulaire. Pourtant, on observe le même cylindre; le même élève! Cela dépend en fait de la perspective et du contexte d'observation.

Je pense qu'il faut se montrer empathique et ouvert à écouter ce que le parent a à dire. Après tout, les parents connaissent leur enfant depuis beaucoup plus longtemps que nous et peuvent nous aider à l'aider. Cependant, il faut aussi faire comprendre aux parents que malgré toute la bonne volonté du monde, la réalité que nous vivons à l'école exige parfois que nous maintenions notre point de vue. De toute façon, l'éthique professionnelle exige de nous d'être en mesure de justifier nos interventions dans le cadre de nos fonctions.

Bref, en un mot: RESPECT!

Responsabilités des élèves

Sur les blogues que j'ai vus, plusieurs parlent de "métiers" des élèves. Par chez moi, nous avons toujours parlé de responsabilités (même quand j'étais élève...)

Chaque jour, à la fin de la journée, je donne autour de 5 à 7 minutes au groupe pour faire sa responsabilité. J'ai remarqué, au fil des années, que la manière la plus efficace pour moi est d'occuper TOUS les enfants à ce moment. Sinon, certains peuvent s'exciter et le chaos s'installe à la fin de la journée qui est déjà plus fébrile... J'ai donc éliminé de la liste de responsabilités tout ce que les élèves font durant la journée (passer les feuilles, chef de rang...). Je demande aux élèves de le faire de manière aléatoire et au fur et à mesure.

Chaque année, je fais une liste de responsabilités faisant en sorte que la classe soit bien rangée. Je répète que ce sont des responsabilités qui se vivent chaque jour, avant la fin des classes. Je modifie le nombre de responsabilités et le nombre d'élèves nécessaires à chaque poste en fonction du nombre d'élèves dans la classe.

Exemple (22 élèves):
  • Laver le tableau (3 élèves)
  • Passer le balai (2 élèves)
  • Nettoyer les pupitres (4 élèves)
  • Ranger la bibliothèque (2 élèves)
  • Monter les bancs (2 élèves)
  • Vider le bac de recyclage (1 élève)
  • Vider le taille-crayon (1 élève)
  • Nettoyer les brosses à tableau (1 élève)
  • Ranger les coussins (2 élèves)
  • Placer les pupitres qui se sont déplacés (3 élèves)
  • Éteindre les ordinateurs (1 élève)
Ainsi, la classe est propre avant que les élèves quittent chaque jour et je n'ai pas à ramasser derrière eux... Aussi, en lavant le tableau, en nettoyant les brosses à tableau et en vidant le taille-crayon, je veille à ce qu'il y ait moins d'allergènes dans la classe. En nettoyant les pupitres chaque jour (habitude que j'ai prise lors de l'épidémie H1N1), les microbes s'accumulent moins, car on enlève une couche de crasse quotidiennement!

Chaque semaine, nous changeons les responsabilités pour assurer une rotation.

samedi 23 juin 2012

Intégrer les TIC

Oh! Que j'ai encore des croûtes à manger dans ce domaine... Cependant, j'avance: un pas à la fois!

Dans ma vie personnelle et professionnelle, j'utilise quotidiennement les technologies de l'information et de la communication qui nous sont devenues presque indispensables! Perdre mes données informatiques serait l'équivalent de passer au feu professionnellement!

Cependant, dans le quotidien scolaire de mes élèves, l'utilisation des TIC a longtemps été bien basse sur l'échelle de mes priorités... Mes pratiques pédagogiques en français ou en maths étaient prioritaires... D'autant plus que l'utilisation du laboratoire informatique de l'école comporte certaines complications qu'il faut anticiper... La gestion de la classe, le nombre de postes disponibles par rapport au nombre d'élèves, les pépins techniques, la performance parfois douteuse des ordinateurs ne rendaient pas l'utilisation de cette ressource de l'école très alléchante pour moi.

Cette année, j'ai appris à utiliser les TIC directement dans ma classe. Je n'ai pas de TBI ou TNI, mais j'ai accès à un canon (projecteur) et il est facile de projeter pour les élèves une multitude d'éléments. Cela facilite grandement l'enseignement. (Pas de toile pour projeter dans la classe? Garder un tableau d'affichage blanc ou utiliser un rideau de douche fera l'affaire!) Des diaporamas, des images provenant du web, le document de travail que j'ai préparé pour mon groupe que j'explique en le montrant, des vidéos ou des chansons servant de mise en situation... Les possibilités sont multiples et très simples à gérer!

Par ce blogue, j'apprends à utiliser un nouveau dispositif que je compte tenter d'utiliser dans ma classe l'an prochain. Publier les écrits des élèves, partager les coups de coeur littéraires des enfants, donner accès à la communication entre la classe et les parents, etc.

Il est possible d'enseigner aux élèves à utiliser les TIC. C'est comme tout le reste; il faut y croire, y mettre le temps et réinvestir! De toute façon, ils apprennent bien souvent plus vite que nous devant un nouveau logiciel... Je vous suggère ces liens vers des blogues publiés par des enseignants qui sont beaucoup moins "technouille" que moi dans leur enseignement!

Brigitte Léonard (1er cycle)
La classe de Lucie (6e année)

vendredi 22 juin 2012

Lecture à voix haute

Dès mes premiers contacts avec des groupes-classe (en stage) j'ai pris le temps de lire à voix haute aux enfants. C'est un plaisir que je me suis vite permis et qui fait toujours partie de mes pratiques pédagogiques.

Au début, je le faisais vraiment par plaisir et non par conviction. Il y a tellement d'arguments en faveur de cette pratique dans le cadre scolaire, que je ne sais trop s'il vaut la peine de les faire valoir.

En relisant Giasson (La lecture: de la théorie à la pratique ici) j'ai été sidérée: mes yeux se sont écarquillés, mon cerveau m'a commandé de relire et mes cheveux ont frisé... Une enquête au Québec en 1993 révélait que seulement 9% des enseignants du primaire faisaient la lecture aux élèves quotidiennement alors que 52% ne proposaient jamais cette activité. J'espère que ces statistiques seraient différentes près d'une décennie plus tard!

Giasson soulignait que plus les élèves vieillissent, moins on leur lit des textes. Parce qu'ils sont capables de lire par eux-mêmes, on arrête de leur faire la lecture (à l'école, mais à la maison aussi). C'est donc de dire que sans les enseignants du préscolaire et de la première année, la statistique du 9% serait encore plus basse. Déjà qu'elle n'atteint pas 1 sur 10... 

Quand j'étais en stage, j'avais installé "l'histoire de Marie-Eve". Chaque fois que je passais du temps dans la classe (une journée par semaine) je préparais une histoire à lire à la classe. J'arrivais avec un nouvel album que je présentais rapidement à l'enseignante en me disant qu'elle profiterait probablement de ce temps sans la prise en charge du groupe pour travailler à de la correction ou autre... Elle m'a interdit de lui présenter en avance le livre que j'allais lire aux enfants en m'expliquant que pour elle, c'était un bonheur de se faire lire une histoire, même si elle est une adulte. Elle préférait savourer ce moment littéraire.

En plus de partager un plaisir avec nos élèves, on se montre comme un modèle de lecteur, on leur fait vivre l'utilité de la lecture (favorisant ainsi une conception juste et favorable de ce qu'est la lecture), on leur ouvre des horizons, on leur fait découvrir des histoires qu'ils n'auraient pas lues sans nous, on leur permet de rencontrer des auteurs qu'ils ne connaissaient pas encore, on élargit leur vocabulaire, on leur permet d'apprivoiser des structures de phrases correctes, on leur montre que la langue parlée et écrite sont différentes, on leur montre à ralentir sa lecture pour savourer ou à lire avec de l'intonnation, on leur permet de faire des liens, de construire des connaissances, de réfléchir, de formuler des hypothèses, on leur montre à comprendre, réagir, interpréter et apprécier des oeuvres littéraires, on leur fait vivre des émotions, on discute de sujets amenés par le livre, et plus encore... Plus, car c'est sans parler de l'aspect affectif de la lecture à voix haute; on passe un moment de calme et de convivialité dans le brouhaha d'une journée scolaire, on renforcit les liens au sein du groupe, et on laisse la pression de performer pour vivre un moment de partage. On se rassemble autour d'un écrit.

Tout ça parce qu'on se paie le "luxe" chaque jour de lire à voix haute dans nos classes, peu importe l'âge de nos élèves!

Découverte: Dafont

Peut-être connaissez-vous déjà Dafont: un site web à partir duquel il est possible de choisir des milliers de polices d'écriture et de les télécharger gratuitement. Ensuite, on les utilise dans les logiciels de traitement de texte, dans les diaporamas qu'on construit, etc...

C'est un puits sans fond de styles qu'on peut donner aux documents qu'on prépare. Je suggère fortement de sélectionner "accents" dans la recherche de polices d'écriture. Ainsi, on ne télécharge pas une police qu'on ne peut utiliser en français...

*Je garde aussi en tête mes élèves pour lesquels une police d'écriture trop stylisée rend la lecture plus difficile... question d'éviter les maux de tête aux enfants!

Voici le lien: amusez-vous!

jeudi 21 juin 2012

Résoudre ou raisonner?!

Les deux compétences se vivent avec des situations-problème, elles font toutes deux appel aux connaissances des élèves quant aux concepts et processus mathématiques et je les ai longtemps confondues... Peut-être étais-je un prof en difficulté? Peut-être ne suis-je pas la seule à avoir fait vivre des tâches de "raisonner" en étant convaincue de demander à mes élèves de "résoudre" parce que les situations étaient complexes et contenaient plusieurs étapes...

Quand je me suis mise à créer des tâches pour mes élèves, j'ai commencé à prendre ma compréhension des compétences, de leurs composantes et des critères d'évaluation sous l'angle de la situation-problème et de la manière dont elle est construite. C'est à ce moment que j'ai cessé de confondre les deux compétences, malgré qu'elles soient inter-reliées...

Résoudre une situation-problème mathématique:

  • Les consignes ne donnent d'indications ni sur la démarche à suivre, ni sur les savoirs essentiels à exploiter.
  • La situation est construite de manière à ce que l'élève doive se questionner et mettre en place différentes stratégies afin de franchir les obstacles et les contraintes (qui sont au pluriel!)
  • La démarche à mettre en place n'est pas immédiatement évidente. Elle exige de l'élève qu'il fasse des choix d'utilisation de stratégies et de recourrir aux concepts et processus qu'il juge efficaces pour résoudre la situation. Les concepts et processus mathématiques sont fidèles à la progression des apprentissages (niveau de difficulté de la tâche).
*Un des éléments qui a éclairé ma compréhension de la compétence à résoudre est que les démarches et réponses des élèves seront différentes. Comme l'élève fait des choix de stratégies et de concepts et processus mathématiques pour détourner les contraintes que  la tâche propose, différentes manières de résoudre la situation-problème seront valides!

Raisonner à l'aide de concepts et de processus mathématiques:

  • Les situations permettent de choisir et d'appliquer les concepts et processus mathématiques appropriés et de présenter une démarche qui rend explicite son raisonnement. (situation d'application)
  • Les situations permettent de justifier une affirmation, de vérifier un résultat ou une démarche, de prendre position, de critiquer ou de convaincre à l'aide d'arguments mathématiques. (situation de validation)

* Ici, les démarches et les résultats des élèves seront semblables, étant donné l'utilisation du concept ou du processus approprié. Par exemple, une situation-problème où l'élève devra additionner 8 et 4 donnera toujours 12, peu importe s'il a dessiné le problème, utilisé du matériel de manipulation ou a eu recours à ses connaissances des faits numériques.

Ma différenciation en maths

En mathématiques, mon enseignement est un peu plus traditionnel et n'est pas autant axé sur l'autonomie des élèves qu'en français, du moins pas encore... Cependant, la différenciation n'y est pas moins importante!

Dans le message précédant ("sans manuel, ni cahier d'exercices, mais sans tout réinventer non plus..." sous mathématiques sur mon blogue ici), j'ai expliqué ma manière de planifier et de vivre mon enseignement des mathématiques. Ici, j'axe sur ma manière de différencier, sans toutefois m'épuiser!

D'abord, dans les périodes où je fais manipuler les élèves de manière à ancrer les concepts mathématiques en m'inspirant des suggestions décrites dans ma "bible" de référence (L'enseignement des mathématiques; l'élève au centre de son apprentissage ici) je pars de la base avec tout le groupe. En observant de quelle façon mes élèves se débrouillent, je peux voir jusqu'où je peux pousser mes interventions de groupe en allant jusqu'aux limites des plus faibles. Pour les élèves qui sont encore capables d'aller plus loin, je le fais individuellement ou en sous-groupes, selon mes observations des besoins des élèves. Je pars du bas de l'échelle avec tout le monde et je monte le plus haut possible avec chacun, ne laissant pas tout mon groupe sur la même marche... Certains se rendent plus haut que d'autres.

Pour ce qui est de la différenciation dans les tâches, elle demande d'avoir accès à une banque de situations signifiantes où les élèves sont mis en situation de développement de compétences (résoudre et raisonner). Je sélectionne des tâches liées au même concept. Il est parfois possible de les modifier pour en augmenter ou en diminuer le niveau de difficulté, à d'autres moments, c'est déjà fait... Les conseillers pédagogiques peuvent aider ici... Je construis des documents dont l'apparence est semblable, mais dont le contenu est adapté pour mes élèves. Par exemple, tous les documents remis ont la même couverture de la même couleur. Je peux donc demander aux élèves de travailler de manière autonome dans leur "document jaune". Chacun aura des situations à leur niveau de difficulté (plus simple pour les élèves plus faibles, de niveau moyen pour la majorité des élèves et plus corsé pour les élèves plus forts). Durant les périodes où ils travaillent sur leurs tâches de manière autonome, je rencontre les élèves individuellement ou en sous-groupes, selon leurs besoins pour les accompagner dans l'utilisation de leurs stratégies.

Cela me demande de mettre du temps lors de ma planification, mais j'en gagne dans mon enseignement par la suite. Quand les élèves sont placés dans les tâches signifiantes, mais de leur niveau, le groupe est autonome et je peux donc prendre du temps pour les outiller selon leurs besoins en sous-groupes ou individuellement.

Il m'arrive aussi de faire vivre les mêmes tâches à tous (surtout en résoudre). À ce moment, j'apporte un soutien différent aux élèves en fonction de leurs besoins. L'aide de l'enseignant soutien sera précieuse pour les élèves qui auront besoin d'un accompagnement soutenu.

*Les plans de travail pourraient aussi très bien se vivre ici...

mercredi 20 juin 2012

Connaître le profil de lecteur de chacun

Dans l'article "les pratiques gagnantes en lecture" ici(sous français de mon blogue) il est brièvement décrit la pertinence et l'importance de connaître le profil complet du lecteur. Les entretiens de la lecture permettent une discussion avec l'élève quant à sa conception de la lecture, l'analyse de la lecture oralisée, les manifestations de la compréhension, l'utilisation des stratégies, entre autres.

Une des manières que j'aime utiliser afin de suivre la conception de lecture et surtout les attitudes face à la lecture de mes élèves est l'entrevue. Trois fois dans l'année (octobre, février et mai), je rencontre mes élèves un à la fois pour leur poser des questions. Je suis celle qui note leurs réponses. Aux deuxième et troisième rencontres, je cache les réponses précédentes de l'élève, de manière à voir les changements dans le temps.

Voici l'outil dont je me sers: La lecture et moi Libre à vous de l'utiliser! Le tout est en nuances de gris... C'est voulu; c'est pour faciliter l'impression.

Sans manuel, ni cahier d'exercices, mais sans tout réinventer non plus...

En lisant mon blogue, vous aurez compris que je ne suis pas une enseignante qui utilise les manuels scolaires ou les cahiers d'exercices. Je me sens "encarcannée" dans des outils qui sont structurés sans toujours respecter les documents ministériels prescrits (programme de formation, progression des apprentissages) et surtout, ils ne tiennent pas compte des besoins spécifiques de mes élèves.
Par contre, j'ai trouvé des ouvrages (que j'ai cités en référence dans un message sous "mathématiques" de mon blogue ici) sur lesquels j'appuie beaucoup ma planification et mon enseignement. En maths, ce sont mes "bibles"! Contrairement aux manuels scolaires ou aux cahiers d'exercices, ils me permettent de faire mes propres choix pédagogiques en fonction de mes élèves. Surtout, ils éclairent mes choix pédagogiques en me montrant à ancrer véritablement les concepts mathématiques chez mes élèves. Malgré ma compétence d'enseignante, mes expériences et mes connaissances, j'ai besoin de m'assurer d'éviter de faire des choix à l'aveugle. On n'enseigne pas à tâtons quand on base nos choix sur des pratiques pédagogiques éprouvées, soutenues par la recherche et crédibles (que ce soit celle-ci ou une autre).  

J'observe les besoins de mes élèves et j'utilise la progression des apprentissages pour cibler mes intentions pédagogiques à moyen terme. (Ma priorité n'est pas le temps que je mettrai à l'enseignement, mais mes observations des élèves. Je travaillerai à véritablement ancrer le cencept mathématique chez mes élèves, de manière à ce que l'enseignant de l'année suivante n'aie pas à "recommencer"... )
Une fois mes intentions pédagogiques précisées, j'utilise l'ouvrage comme référence. Je trouve dans la table des matières ce qui convient à mes intentions pédagogiques et je vais lire ce qui est pertinent en fonction de mon besoin présent (en lien avec les connaissances déjà acquises de mes élèves et leurs besoins). J'utilise les activités présentées dans l'ouvrage dans le but d'ancrer les concepts de manière durable et à faire manipuler mes élèves pour la construction de connaissances.

*J'annote ma lecture de feuillets autocollants de manière à faciliter l'utilisation de l'ouvrage dans le futur. D'autant plus que je m'en sers dans le feu roulant du quotidien de l'année scolaire!

Parrallèlement à ces activités de manipulation et d'ancrage des concepts mathématiques, j'offre des tâches en lien avec le concept. Cela permet à mes élèves de transférer leurs connaissances et d'utiliser leurs outils en contexte de compétence (tant pour résoudre que pour raisonner). Je me sers d'une banque de tâches proposées par ma commission scolaire.

Il m'arrive aussi de créer moi-même des tâches. Pour ce faire, je m'inspire des épreuves officielles de mon niveau. Ainsi, tout au long de l'année, mes élèves vivent des tâches semblables aux tâches ministérielles, mais adaptées à leur niveau et à leurs besoins. Au moment où ils sont en situation d'examen officiel à la fin de l'année, ils sont moins déstabilisés et anxieux, car ils se réfèrent à celles qu'ils ont déjà vécues et réussissent mieux à se faire confiance.

mardi 19 juin 2012

Pratiques gagnantes en lecture

Une formation donnée dans la commission scolaire où je travaille décrivait 12 pratiques gagnantes en lecture. On nous a mentionné qu'en lien avec SIAA (Stratégie d'intervention agir autrement), il était pertinent de jeter un regard à nos pratiques pédagogiques afin de favoriser la réussite des élèves, qu'ils soient défavorisés ou non. Voici donc 12 pratiques gagnantes justifiées par la recherche.

1. Connaître le profil de lecture de chacun de mes élèves
Observer différents éléments par les contextes de lecture que nous vivons en classe. Cela va plus loin que de s'attarder à la capacité de l'élève à répondre à des questions après une lecture. On parle de la conception de la lecture (qu'est-ce que lire? à quoi ça sert?...), des attitudes face à la lecture (quand je lis, je me sens comment?, est-ce que j'aime lire? est-ce que je lis souvent?...) des manifestations de la compréhension (rappel du texte, questions de repérage, questions d'inférence, réactions face au texte...), lecture oralisée et utilisation des stratégies.

2. Utiliser des modalités d'enseignement variées
Lecture par l'enseignant, lecture partagée, lecture guidée, lecture à un autre, lecture autonome.

3. Exploiter les 4 dimensions de la lecture
Comprendre, réagir, interpréter, apprécier.

4. Ecploiter la littérature pour la jeunesse

5. Diversifier le type de lectures offertes
Albums, documentaires, contes, légendes, poèmes, revues, journaux, docufictions, abécédaires, comptines, livres dont vous êtes le héros

6. Favoriser les échanges entre les élèves

7. Enseigner les stratégies de lecture
Décodage et globalisation, gestion de la compréhension, gestion des difficultés

8. Développer un enseignement explicite
Modelage, pratique interactive, pratique guidée, pratique coopérative, pratique autonome

9. Intégrer l'enseignement de la lecture aux autres disciplines

10. Enrichir le vocabulaire
Par exemple en construisant un mur de mots évocateurs et forts sortis de nos lectures, en travaillant les familles de mots, en utilisant les vrais mots plutôt que ceux d'usage familier (mouchoir au lieu de Kleenex...), etc...

11. Travailler en collaboration avec l'équipe-école et la famille
Une cohérence dans les pratiques dans l'école sera vraisemblabmenent payante pour les élèves. Outiller les familles à lire avec leurs enfants aussi!

12. Planifier l'enseignement pour s'assurer de la mise en place des pratiques gagnantes

lundi 18 juin 2012

Conseil de coopération

Dans une classe, l'enseignant a le rôle de leader. Il ou elle a un droit de véto dans la classe. Malgré ce rôle au sein du groupe, il est possible de laisser les enfants participer à la prise de certaines décisions pour le groupe. Le conseil de coopération permet cela.

J'ai acheté au magasin à 1 dollar trois tirelires identiques, sauf pour leur couleur. J'ai aussi imprimé des coupons de la même couleur que la tirelire de manière à éviter la confusion.

Les trois coupons sont:
  • Je félicite
 Les félicitations servent à valoriser des comportements appréciés dans la classe. J'enseigne aux élèves à mentionner des comportemens spécifiques qu'ils ont apprécié d'un autre élève (m'a aidé à résoudre un problème x, m'a fait plaisir en...)
  • J'aimerais parler de...
Cet aspect du conseil de coopération sert à régler des situations importantes dans la classe. J'exige que les élèves ne nomment pas de noms spécifiques ici. Les conflits sont réglés au fur et à mesure et ne concernent pas les autres élèves de la classe. On parle ici d'irritants qui se répètent souvent ou qui ont été majeurs et on y trouve des solutions pour y remédier. ("Quand je fais ma responsabilité de replacer la bibliothèque, je remarque que plusieurs placent les livres n'importe comment." "Je n'aime pas quand les autres font des commentaires sur mon appareil dentaire"...)
  • J'ai une idée
Je donne ici aux élèves la possibilité de suggérer des activités, des lectures, des manières de faire ou autre... J'en tiens compte pour que la classe leur ressemble. Quand il est impossible pour moi d'en tenir compte, je leur explique pourquoi. Ainsi, ils ont quand même l'impression de participer à la vie de la classe.

Les élèves signent le coupon à l'endos. Nous vivons le conseil de coopération le vendredi. Je vide les tirelires et nous prenons le temps qu'il faut pour avoir ces discussions importantes!

Ressource pertinente, riche et d'utilisation variée

Quand on commence à enseigner la lecture en utilisant la littérature de jeunesse, on augmente son plaisir à enseigner et celui des élèves par la découverte d'oeuvres formidables. Bouquiner dans les bibliothèques ou les librairies, partager nos découvertes avec des collègues sont des moyens accessibles de mieux connaître la littérature destinée à notre clientèle. En voici un autre!

Livres ouverts est une ressource pour les enseignants qui est régulièrement mise à jour.  Ce site regorge de plusieurs milliers de titres qui sont lus, commentés, classés et recommandés. On peut y faire des recherches par titre, par auteur, mais aussi par catégorie.

Par exemple, si on veut exploiter des ouvrages drôles dans la classe, on spécifie "humour" dans la recherche et une foule de titres nous sont suggérés. Une multitude de possibilités sont offertes. Je vous suggère de visiter le site et de vous approprier son fonctionnement par vous-mêmes!

Autre point fort, à mon avis, certains titres sont classés selon les phases de lecteur du continuum en lecture. VRAIMENT aidant, quand on veut vivre cette manière d'enseigner la lecture!

Ouvrages de référence - Égide Royer

Égide Royer est psychologue et professeur en adaptation scolaire à l'université Laval. Je considère ses ouvrages comme de la formation "coup de pied". L'auteur nous confronte à nos attidutes en tant qu'enseignant et nous illustre certaines aberrations dont il est fréquemment témoin dans les écoles. Soyons honnêtes, malgré toutes les bonnes intentions du monde, il nous arrive d'être maladroits dans nos interventions! M. Royer souligne ces aberrations et outille les enseignants à changer de lunettes et agir de manière plus payante tant pour les élèves que pour eux. L'auteur responsabilise énormément les enseignants. Leur compétence est essentielle!

Vous trouverez tous les liens sur le site de la maison d'éditions que voici.
Comme un caméléon sur une jupe écossaise ou comment enseigner à des jeunes difficiles sans s'épuiser est un des ouvrages qui m'a le plus déstabilisée! Je dis ça positivement! Le caméléon qui change de couleur en fonction de son environnement est une image forte de l'enseignant qui tente de s'adapter à tout en même temps et qui finit par s'épuiser quand la jupe écossaise est colorée et dont les couleurs varient en fonction des événements qui surviennent dans une classse. Plusieurs anecdotes sont racontées et des interventions efficaces sont suggérées. Cet ouvrage traite donc à la fois de ce que nous pouvons faire pour aider les élèves difficiles à l'école, mais aussi de la prévention de l'épuisement professionnel dans le domaine de l'éducation qui est fréquent et qui nous guette tous...
Le chuchotement de Galilée; permettre aux jeunes difficiles de réussir à l'école est un ouvrage plus poussé sur les interventions à prioriser avec les élèves offrant aux enseignants des défis de gestion de classe! Encore une fois l'auteur nous déstabilise en dénonçant des aberrations et propose des alternatives qui permettraient aux jeunes difficiles de réussir à l'école. Je conseillerais d'avoir déjà lu le caméléon avant de pousser vers cet ouvrage, qui va plus loin que le premier.

Leçons d'éléphants; pour la réussite des garçons à l'école est un ouvrage qui porte un regard critique sur la clientèle EHDAA. L'auteur observe que la majorité des élèves en difficultés d'adaptation et d'apprentissages est de genre masculin. Il fait le point sur les difficultés actuelles concernant la relation des garçons avec l'école, tout en suggérant des pistes d'interventions cohérentes, concrètes et applicables. Encore une fois, il souligne l'importance de la qualité de l'enseignement (il responsabilise donc beaucoup les profs) et de la prévention (qui est plus rare dans le cas du manque criant de ressources actuel). Ça vaut la peine de le lire, l'annoter et le relire périodiquement!


*Les ouvrages d'Égide Royer valent la peine d'être lus et relus. J'annote ma lecture à l'aide de feuillets autocollants, ce qui facilite la relecture.
*Je relis ces ouvrages après quelques années, car j'en retire des éléments différents que je n'étais peut-être pas prête à intégrer à ma pratique à la première lecture.

Ouvrages de référence - Camil Sanfaçon

Monsieur Camil Sanfaçon a tout un bagage d'expérience dans le domaine scolaire. Il a été éducateur, enseignant, directeur d'école et formateur pour le Ministère de l'Éducation. Il est maintenant consultant en éducation. J'ai eu la chance d'assister à des formations données par lui. J'aime qu'il fasse le pont entre la théorie et le terrain. Il nous offre des outils concrets et signifiants accessibles à la réalité scolaire.

Lien ici
Il n'était pas comme les autres est un récit didactique. L'ouvrage se lit comme un roman. Tout au long du récit, l'auteur décrit des situations vécues avec un élève présentant d'importants comportements d'opposition et y présente des interventions pertinentes directement en contexte. C'est très "terrain" comme manière d'écrire. On y puise donc les informations nous permettant d'avancer professionnellement dans une lecture qui n'est pas trop loude.
Lien ici
Quand la violence me rend malade est aussi un récit didactique qui se lit comme un roman. Celui-ci aborde le thème de l'intimidation à l'école. L'auteur place les personnages dans une école secondaire. On peut très bien transposer pour le primaire, car peu importe l'âge, l'imtimidation se présente dans un pattern semblable et crée les mêmes effets! Encore une fois, c'est en contexte que l'auteur décrit les interventions pertinentes à mettre en place par l'école.

 

Enseigner pour évaluer ou évaluer pour enseigner?

Enseigner pour évaluer: on s'assure de faire le tour de tout ce dont les élèves auront besoin pour "passer" leurs évaluations. On respecte le rythme imposé par les cadres. On veut être productifs.

Évaluer pour enseigner: on se sert de nos observations pour ajuster notre enseignement aux besoins des élèves de manière à les prendre où ils en sont et les faire cheminer. On respecte ainsi les rythmes d'apprentissages et on s'adapte aux élèves avec lesquels on est en relation.

Nadon s'exprime à ce sujet dans "Lire et écrire en première année... et pour le reste de sa vie" aux pages 105 et 106. (ici)
"Il n'existe aucun lien entre les notes, la qualité de l'éducation et la qualité de l'apprentissage, sinon que les enseignants qui se concentrent sur l'examen à donner le font souvent au détriment de la pensée critique, des connaissances et de l'approfondissement"

Noter un élève ne l'aide effectivement pas à apprendre, alors que l'évaluer guide l'enseignant à mieux l'aider.

Encore une fois, il en revient à la compétence de l'enseignant et à la pertinence de son jugement professionnel et de ses choix pédagogiques! Quand on relit les droits et obligations des enseignants dans la LIP et qu'on revoit les compétences professionnelles, l'importance de s'adapter aux petits humains avec lesquels on travaille transparaît! (voir les articles dans "la profession enseignante" sur mon blogue ici)

Ma conviction: si je développe les compétences de mes élèves, si je réussis à ancrer chez eux les connaissances et stratégies dont ils ont besoin et que je leur montre à les utiliser dans des contextes réels, signifiants et appropriés pour eux, ils réussiront à démontrer où ils en sont dans leur cheminement lors des examens. Leurs notes refléteront leur niveau de compétence.

Peu importe ma manière d'enseigner et d'évaluer, il y aura toujours des élèves plus forts, d'autres pour qui c'est plus difficile... Autant les respecter eux, qui sont des humains, que de se mettre de la pression en tant qu'enseignants et de leur mettre de la pression en tant qu'apprenants!

La réforme visait la RÉUSSITE POUR TOUS. Pour moi, un élève qui vit des réussites est un élève qui fait des pas et avance! Atteindra-t-il ou elle le fameux 60%? Peut-être pas, mais cela ne signifie pas qu'il ou elle n'a rien réussi!

dimanche 17 juin 2012

Pendant que les élèves écrivent

Comme j'ai installé les 5 au quotidien dans ma classe (voir "le français dans ma classe" ici sous français sur mon blogue), je me suis créé du temps pour travailler avec les élèves.

Des rencontres individuelles

Des rencontres individuelles me permettent de regarder de près le texte d'un élève avec lui ou elle. Nous observons ce qui est bien et je prends la peine de valoriser les bons coups. Nous observons aussi ce qui serait à améliorer. Je prends le temps d'aiguiller l'élève sur ce qu'il doit prioriser pour continuer à avancer dans son écrit. Il est à noter que je rencontre des élèves tant après que leur rédaction soit terminée qu'en cours de route. Ces rencontres me permettent la différenciation. J'ajuste les pistes et exigeances que je communique aux élèves en fonction du travail qu'ils sont en train de faire.

Des rencontres en sous-groupes


Quand plusieurs élèves ont un même besoin, je les regroupe afin de les guider ou encore de faire une mini-leçon juste pour eux. Il m'arrive aussi de faire de l'écriture partagée ou guidée de manière à soutenir les élèves concernés seulement et à maximiser mon temps d'enseignement, car le regroupement évite des rencontres individuelles tournant autour du même sujet.



*J'ai bien aimé l'idée de Nadon de fournir un procédurier pour la correction différent pour chaque élève. Cela permet la différenciation tout en allégeant la tâche aux élèves qui n'ont pas nécessairement besoin de vérifier TOUS les aspects chaque fois! Par exemple, si un élève oublie la majuscule en début de phrase, on lui demande de vérifier cet aspect dans son texte, sans nécessairement demander à tout le monde de le faire systématiquement.


Encore une fois, les élèves ont besoin de mon suivi rigoureux et de mon support suffisant pour être en mesure d'être autonomes. Cela est encore plus vrai en écriture qu'en lecture!

Planifier les sciences et techno

Cette année, j'ai beaucoup travaillé en sciences. Avec l'aide de la conseillère pédagogique, j'ai appris à me retrouver dans la progression des apprentissages et à faire vivre des situiations aux élèves de manière accessible pour moi, l'enseignante qui se mettait beaucoup de pression!

D'abord, n'oublions pas que ce domaine d'enseignement en est un qui motive les élèves et qui les aide à comprendre le monde dans lequel ils vivent! N'oublions pas non plus que c'est un programme qui se donne en 40 heures dans l'année (environ une heure par semaine). C'est donc pertinent de penser à l'intégration des matières ici.

La progression des apprentissages que voici ici

Elle est très chargée pour une matière à une heure par semaine! C'est parce que tous les savoirs ne sont pas prescriptifs! On nous suggère de prioriser ce qui est en caractère gras. On peut choisir d'autres savoirs ou encore approfondir un thème qui plait particulièrement aux élèves de notre classe. Bref, c'est à l'enseignant de faire ses choix pédagogiques!

Les trois univers et les critères d'évaluation

Ce qui est important dans l'année, c'est de toucher aux trois univers: univers matériel, univers vivant, terre et espace. Il faut aussi structurer sa planification globale de manière à être en mesure d'évaluer tous les critères dans l'année.

Papier-crayon en sciences et techno?!

Je ne suis pas de celles qui exige des tâches papier-crayon à ses élèves si je peux les évaluer ou les faire cheminer autrement. Pour moi, l'enseignement des sciences et de la technologie est un domaine où les élèves manipulent et observent, pas un domaine où ils écrivent si ce n'est pas nécessaire... Cependant, dans une situation d'apprentissage où les élèves sont en pleine manipulation, ils ont besoin du soutien de l'enseignant qui tente d'être partout en même temps. Sans les traces écrites des élèves, il devient très difficile de les évaluer, car il est impossible de tout observer dans l'action. L'utilisation d'un carnet de sciences devient donc très important! Cependant, on peut déjà en remplir des bouts. Par exemple, si nous n'évaluons pas la "description adéquate du problème", pourquoi ne pas la fournir aux élèves?!




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