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Voici ma couleur d'enseignante

Ce blogue démontre ma couleur d'enseignante. Je partage ici ce qui me colle à la peau. Votre couleur est tout aussi pertinente! À vous de prendre ce que vous considérez comme inspirant et de laisser ce qui ne vous ressemble pas.

mercredi 21 novembre 2012

Travailler l'orthographe

J'en suis à aborder le sujet de l'orthographe dans mon enseignement du français. "Tu n'en as pas encore parlé?!!" Certains seront sidérés, mais effectivement, je n'ai pas encore travaillé l'orthographe... J'ai d'abord centré mon focus sur le contenu des textes de mes élèves. J'ai voulu installer le niveau d'attentes qu'est le mien au niveau du message que les élèves écrivent. Je n'ai pas tout de suite insisté sur la forme pour laisser aux élèves le temps de comprendre qu'écrire, bien écrire, c'est d'abord et avant tout réussir à passer un message tout en accrochant le lecteur.
 
Regie Routman, dans son ouvrage portant sur l'enseignement de l'écriture, formule ainsi cette intention. Elle parle d'amener l'élève à écrire des texte qui valent la peine d'être corrigés et ensuite publiés.
 
Alors, hier, en temps de concertation, quelques collègues et moi nous sommes rencontrés autour de l'enseignement de l'orthographe. Nous avons parlé de la théorie que nous connaissons sur le sujet et nous avons tenté de faire les liens avec nos pratiques présentes. Nous avons vu les pratiques que chacun veut améliorer ou implanter dans sa classe et discuté des manières de fondre la théorie dans nos pratiques concrètes.
 
La théorie que j'ai retenue:
L'orthographe devrait faire l'objet d'un enseignement rigoureux d'environ 75 minutes par semaine. Nadon propose d'y consacrer autour de 15 minutes par jour. Au secours! Les pratiques traditionnelles nous font fournir une liste de mots à apprendre à la maison à nos élèves et ne penser qu'à vérifier, à la fin de la semaine, si les élèves réussissent à les écrire en dictée. Le transfert se fait-il dans les écrits? Pas tellement... Cela signifie donc que les élèves, pour la plupart, mémorisent les mots pour passer leur dictée du vendredi matin, mais n'apprennent pas comment l'orthographe est construite.
 
L'orthographe devrait être enseignée à l'aide de mots SÉLECTIONNÉS. On parle ici de constances orthographiques ou de règles d'orthographe. On pense aussi au niveau de difficulté des mots à écrire. Il est primordial d'ajuster le contenu de manière à favoriser la construction des connaissances des élèves. Ainsi, il comprendront mieux la structure de l'orthographe.
 
La différenciation est importante ici aussi. Faire apprendre les mêmes mots à tous les élèves de la classe n'est ni payant pour les élèves qui les connaissent déjà bien, ni pour les élèves pour qui c'est difficile. Faire étudier et travailler des mots signifiants pour les élèves (des mots qu'ils utilisent dans leurs écrits) et des mots qui représentent un défi adéquat pour chacun est important.
 
Ce que je me promets de mettre en place:
  • Partir de la progression des apprentissages pour sélectionner les notions d'orthographe que je veux travailler.
  • Générer des listes de mots à savoir écrire par les élèves en lien avec chacune des notions, mais en tenant compte des élèves (niveau de difficulté, faire étudier les mots difficiles par chacun)
  • Chaque élève aura sa propre liste de mots à travailler de manière plus pointue. À partir de la liste de mots générée en lien avec la notion d'orthographe travaillée, une dictée initiale permettra à chacun de voir concrètement quels mots travailler et étudier pendant la semaine (les mots qui ont été mal orthographiés lors de la dictée diagnostique).
  • Me discipliner à consacrer 15 minutes par jour à l'orthographe des mots à travailler et varier les dispositifs pour les travailler.

De manière plus large, et possiblement moins prioritaire dans ma modification de pratique, je me promets de structurer un fonctionnement que je trouve payant pour installer et UTILISER un mur de mots dans la classe.


À suivre!

jeudi 15 novembre 2012

Les bulletins

Ce soir, j'ai le soulagement d'avoir terminé mes bulletins. J'aurais pu dire que j'ai le sentiment du devoir accompli, ce qui est vrai, mais je me sens surtout soulagée...
 
Faire des bulletins, pour moi, c'est une tâche immense. Immense parce que c'est long à faire, mais surtout parce que c'est très important pour moi que mon jugement rende justice à chacun de mes élèves. Prendre le temps de revenir sur tout ce qu'on a vu pendant l'étape, revoir les travaux des élèves, analyser ce que chacun donne, finalement, trancher et noter l'élève en ne laissant absolument  rien au hasard. Noter l'élève est en fait nécessaire pour les documents officiels ainsi que pour informer les parents aux yeux de notre système d'éducation. D'où l'importance de le faire consciencieusement. Noter fait partie de l'évaluation de manière formelle, mais dans ma vision et dans ma pratique, je fais la distinction entre évaluer et noter. Pour moi, faire les bulletins, c'est surtout faire le point et réfléchir à la manière dont je m'y prendrai pour continuer à faire cheminer chacun de mes élèves. D'une certaine manière, c'est un peu une forme d'auto-évaluation pour l'enseignante que je suis quand je note la vingtaine d'humains avec lesquels je travaille et que je tente de faire cheminer.
 
Les derniers moments avant les bulletins sont remplis de stress. Comme enseignante, je me mets la pression de faire toutes les évaluations dont j'ai besoin pour noter les élèves. Comme enseignante, je mets de la pression aux élèves afin qu'ils performent... Quelle aberration! Augmenter le niveau de pression fera-t-il réellement en sorte que les élèves performent mieux? Je n'y crois absolument pas, mais je dois arriver dans les temps prévus et je dois parfois augmenter la cadence du groupe. Comme enseignante, je me soucie de la réaction des parents devant les notes de leur enfant dans les cas où ça diffère des notes précédentes. Je me questionne aussi quant à la qualité de mon enseignement quand je vois les notes moins impressionnantes de certains élèves. Je me questionne sur la quantité de matière que j'ai vue durant l'étape et sur la manière dont la suite se dessinera.
 
Je me sens soulagée d'avoir terminé mes bulletins, car je pourrai revenir à mon enseignement et à mon évaluation, maintenant que la notation est terminée pour un bout de temps. Oui, j'évalue tous les jours, mais je note 3 fois par année scolaire. Maintenant que je reviens à mon enseignement, je pourrai sentir que je peux plus me permettre de respecter les rythmes d'apprentissage et les besoins de mes élèves.
 
Oh, que c'est odieux... Je viens d'affirmer que les bulletins peuvent, en quelque sorte, manquer de respect à l'élève... Bien, c'est un peu l'impression que j'ai quand je tranche mon jugement de manière officielle après seulement 46 jours d'école. Surtout que les premiers mois d'école ne tournent pas en priorité autour de la pédagogie en raison de la période d'adaptation nécessaire au fonctionnement d'un groupe-classe en début d'année.
 
Comme enseignante, je place ma gestion de classe, j'installe toutes les procédures et je demande à mes élèves de s'adapter à la couleur d'enseignante qui m'est propre. J'apprends à connaître mes élèves sous toutes leurs coutures. Je prends le temps de les connaître en tant qu'humains et en tant qu'élèves; d'analyser leurs besoins, leurs forces, leurs intérêts, leurs affinités, leurs dynamiques leurs particularités, leur bagage. On parle souvent du premier mois qui sert à cette adaptation. Au bout de ces 46 premiers jours d'école (deux mois), j'ai l'impression que je ne fais que commencer à voir comment je peux m'ajuster à leurs besoins, enseigner et différencier. Bang! Je dois produire des notes qui suivront l'élève toute l'année... Je dois déjà, après autour d'un mois de pédagogie qui ne fait plus partie de la période d'adaptation que représente la rentrée scolaire, classer mes élèves...
 
Ce soir, je suis soulagée d'avoir terminé mes bulletins, car depuis presque trois semaines, je travaille à avoir tous les éléments en main pour rendre justice à chacun de mes élèves en leur permettant de me montrer le meilleur d'eux-mêmes. Depuis presque trois semaines, j'ai la préoccupation constante de faire en sorte de réussir à porter le jugement le plus consciencieux possible pour chacune des compétences, des disciplines, au bulletin et ce, pour chacune de mes belles faces d'élèves. Maintenant que j'ai l'impression d'y être arrivée, je respire!

samedi 10 novembre 2012

Faire pitonner les élèves régulièrement

Dernièrement, j'ai participé à un colloque qui portait sur les TIC dans nos classes. J'ai commis un article qu'il est possible de lire en cliquant ici.
 
Zazou, ma fidèle et appréciée commenteuse de mon blogue m'a posé la question suivante en commentaire: "Faire pitonner tes élèves régulièrement est un beau défi à relever, mais comment as-tu l'intention de t'y prendre?"
 
Simplement... le plus possible! L'utilisation des TIC ne fait partie d'aucune matière ou compétence à évaluer. Ce n'est même plus dans la liste de compétences transversales que nous devons commenter chaque année. Le seul endroit au programme où on peut considérer que c'est inclus, c'est dans le volet "technologie" de la science et techno... Et encore, c'est plus ou moins de cette manière que la technologie est utilisée dans les compétences à évaluer. Pour moi, les TIC sont des OUTILS qui peuvent aider l'élève à travailler, développer ses compétences. Possiblement aussi qu'un impact sur la motivation scolaire se fait sentir grâce à l'utilisation des TIC. On parle de la signifiance des tâches aux yeux des élèves comme d'une clé pour la motivation. Quoi de plus signifiant que d'envoyer un courriel (écriture) à quelqu'un de crédible pour l'élève, par exemple?
 
J'ai tenté de voir comment je pourrais intégrer les TIC dans mon quotidien sans ajouter du travail à ma liste déjà fournie. Comment faire AUTREMENT ce que j'ai déjà installé dans ma classe et qui ferait en sorte que mes élèves pitonneraient plus?
 
Le blogue de classe:
Jusqu'à maintenant, tout ce qui est publié sur le blogue est fait en groupe-classe. Les élèves trouvent ces périodes un peu longues  (même si elles ne durent que 15 minutes par jour). J'ai donc pensé montrer aux élèves comment gérer le blogue. Ainsi, en équipes, ils pourront travailler à un article qu'on approuvera en classe avant de le publier. Quelques élèves pourront être responsables de traiter les photos ou images en lien avec l'article, d'autres rédigeront le message, d'autres s'occuperont de mettre en ligne des travaux d'élèves, etc. Une rotation permettra à tous de toucher à tout. Ils auront les mains sur les touches, alors que présentement, c'est moi qui pitonne...
 
La lecture:
Nous travaillons déjà la lecture en individuel et en dyades avec le français au quotidien. Je veux amener les élèves à s'enregistrer et à mettre ces livres-disques (malgré qu'on ne parle pas vraiment d'un disque) à la disposition des plus petits élèves de l'école. Je sais que certains profs utilisent leur ipod ou leur ipad pour enregistrer la voix des enfants, mais je n'en ai pas de ça... Un bon vieux micro (12$) branché à l'ordinateur et combiné à l'utilisation du logiciel Audacity (très, très simple d'utilisation) feront le travail! Mes élèves développeront leurs habiletés en lecture et en art dramatique... en plus d'avoir des destinataires concrets! Aussi, en s'écoutant, ils comprendront mieux leurs défis en lien avec la lecture oralisée.
 
Audacity:
S'enregistrer en contexte de communication orale et observer les différentes manières d'améliorer certains aspects de cette compétence.
 
Logiciels de dessins:
L'utilisation de logiciels de dessins permettra aussi d'explorer en arts plastiques et pourrait accompagner différentes présentations multi-médias ou même la lecture de textes qu'ils auraient écrits et publiés sur le blogue...
 
Outils de présentation:
Mes élèves font des devoirs au choix. Certains d'entre-eux se présentent bien à la classe (une recherche, un écrit, la critique d'un livre, d'un film, etc...) Leur montrer à utiliser power point ou prezi pour préparer leur présentation ne sera pas si long et ils pourront explorer à leur guise! Cette génération est née avec l'informatique dans son quotidien et ils apprennent très vite à utiliser les différentes fonctionnalités que permettent ce genre de logiciels. (Tous sauf 2 ont internet à la maison, pour les 2 autres, je leur donne du temps lors des récréations ou encore du temps d'enrichissement s'ils le désirent.)
 
Tutorat:
L'enseignante de 1re année de mon école et moi avons accepté de travailler ensemble. C'est drôlement facilitant pour elle de placer les mains de ses élèves sur les touches quand ils sont accompagnés d'un de mes grands élèves! Quelques projets signifiants pourront se vivre en tutorat. Je montrerai à mes élèves et ils seront responsables de faire faire au petit de 1re  le travail. Par exemple, nous voulons envoyer par courriel une carte de voeux pour le temps des fêtes aux parents. En utilisant powerpoint, les élèves pourront mettre du texte, des images, des animations et leur propre voix. Ainsi, mes élèves feront l'exercice et l'enseigneront ensuite aux petits.
 
Didapages:
J'ai découvert ce logiciel très simple d'utilisation qui pourra servir de manière de publier des textes sur le blogue.
 
Xtramath:
Découvert grâce à Zazou. Allez voir ici comment ce site peut aider avec la mémorisation des faits numériques.
 
Vite fait, ce sont mes idées, mais je ne les vis pas encore concrètement dans ma classe. Donc, il faut prendre mes ambitions pour ce qu'elles sont... Tant mieux si cela peut inspirer d'autres idées!
 
 
 

Utiliser la littérature en écriture

Je n'invente rien ici, car je n'en suis qu'à m'habiliter à suivre les conseils de Nadon et de Routman(voir Écrire au primaire; réflexions et pratiques et Enseigner l'écriture; revenir à l'essentiel). Ces ouvrages sont, à mon avis, très inspirants et ramènent une vision de l'enseignement de l'écriture vers ce que devrait véritablement être écrire. Certains grinceront des dents, car le nerf de la guerre dans ces ouvrage ne tourne pas autour de l'orthographe (grammaticale ou lexicale), mais autour du texte et du message.
 
Petit paragraphe décrivant une conviction pour mettre en place l'article... Passez au paragraphe suivant si la réflexion vous intéresse moins et que vous voulez tout de suite toucher au concret de l'article.  Qu'est-ce qu'écrire? L'écriture est une forme de communication. On veut, en écrivant, que le message passe bien et que le lecteur reçoive l'essence de ce qu'on voulait exprimer. Qu'est-ce que bien écrire? Bien écrire, c'est réussir à passer son message tout en respectant l'intention d'écriture. C'est aussi un peu plus que ça. Bien écrire, c'est toucher le lecteur, l'accrocher, l'intéresser, lui donner envie de nous lire, susciter un désir d'en lire encore plus. Bien écrire, c'est réussir à ce que le lecteur passe un moment plaisant en nous lisant. Cela est vrai, en mon sens, dans tous les types de textes! Bien écrire et écrire sans fautes, c'est bien différent! Écrire sans fautes, c'est une marque de respect envers le lecteur, qui est paresseux et exigeant! Quand j'entreprends une lecture et qu'elle présente des fautes d'orthographe lexicale ou grammaticale, je bougonne. Je suis contrariée de devoir faire l'effort de passer par dessus les erreurs pour apprécier et bien comprendre le texte. Je critique l'auteur qui me rend la tâche de lire son texte plus difficile et moins fluide! Écrire sans fautes, c'est franchement important, mais ce n'est pas ce qu'est "bien écrire"!
 
Routman suggère de revenir à l'essentiel dans l'enseignement de l'écriture: écrire pour vrai! Demander aux élèves d'avoir des intentions d'écriture et des destinataires réels. Les mettre en contexte d'écriture qui ne servira pas seulement à se faire évaluer en classe, mais écrire réellement! Nadon est sur la même longueur d'ondes sur ce point. Cependant, il ajoute qu'une des manières les plus crédibles et les plus inspirantes de montrer aux élèves comment "bien écrire", c'est de s'inspirer des professionnels de l'écriture: les auteurs. Donner la littérature en exemple aux élèves et leur demander de faire comme eux!
 
C'est ce que j'ai fait cette semaine. Depuis le début de l'année, je travaille avec mes élèves le contenu en écriture. J'insiste pour que les textes soient clairs, précis, cohérents, structurés... Cette semaine, je fais un pas de plus. Je leur demande que leurs textes soient intéressants en plus d'être clairs et cohérents! Je leur demande d'ajouter du style à leurs écrits. Pour amener cette idée, je suis passée par une description de personnage. J'ai écrit une description claire, cohérente, ordonnée et précise d'un personnage. Voir ici. J'ai amené les élèves à se positionner sur la qualité de mon écrit. Ils ont statué que ma description respectait tous les critères de contenu que j'ai travaillés avec eux depuis le début de l'année. Quand j'ai demandé à la classe si mon texte était intéressant, quelques secondes de silence ont eu lieu. Je sentais l'hésitation, le malaise... jusqu'à ce qu'une élève assume son opinion et plonge. "Non Marie-Eve, ton texte n'est pas intéressant!". MERCI!
 
C'est ici que la littérature prend place. C'est à ce moment que j'ai montré aux élèves des modèles de descriptions de personnages tirés de différents ouvrages. Nous avons observé le style des auteurs dans les écrits. Nous avons remarqué qu'ils nous montrent ou nous font sentir ce qu'ils veuleut dire plutôt que de le nommer clairement.
 
"Elle est partie minoucher son gros bedon tout rond" est la manière que Dominique Demers a choisie pour dire que le personnage est en arrêt de travail parce qu'elle est enceinte dans La nouvelle maîtresse. C'est mignon, non?
 
"Vieux Thomas n'avait peut-être pas encore cent ans, mais il était vraiment très vieux" est la description qu'elle a faite de son personnage dans Vieux Thomas et la petite fée.
 
"En entrant dans la classe, une surprise attend les élèves : madame Laura n’est pas là. À la place se tient une femme d’une cinquantaine d’années, vêtue d’un tailleur gris, ses cheveux roux remontés en chignon. Elle observe les garçons et les filles entrer, silencieuse, les mains croisées devant elle. Les enfants la saluent discrètement et la dame se contente chaque fois de hocher sèchement la tête. Quand tous sont installés, l’inconnue se met en mouvement. Une paire de lunettes est accrochée à un cordon autour de son cou, mais elle ne les enfile pas pour examiner la classe. Ses petits yeux bleus sont si intenses qu’aucun enfant n’ose parler. " La description de Patrick Sénécal est éloquente. Il n'a pas nommé le côté autoritaire, voire intimidant de son personnage. Il a fait beaucoup mieux, il l'a fait sentir! Madame Wenham
 
Danielle Marcotte décrit Jos Montferrand dans son album du même titre. "N'allez pas croire qu'il n'était que muscles sans cervelle. Moi qui l'ai connu, je vous le dis, il avait le coeur droit comme une forêt d'épinettes." C'est éloquent, non... le coeur droit comme une forêt d'épinettes!
 
Les élèves ont été très intéressés d'observer ce qui leur passe souvent sous le nez. Il faut effectivement prendre la peine d'observer le style que l'auteur a mis dans son texte et le comparer à son message pour voir la qualité du travail d'écriture! "Oui Marie-Eve, c'est beaucoup plus intéressant, mais nous ne sommes que des élèves de 5e-6e... Tu nous demandes de faire comme des auteurs qui font ça de leur vie, bien écrire..." Absolument! Ce sera un défi et j'assume!
 
J'ai repris ma description du même personnage du début de ma leçon et j'en ai écrit une qui avait du style. J'ai souligné aux élèves que je ne suis pas auteure, moi non plus. Je suis enseignante! J'ai appris dans la vie à enseigner, pas à écrire de manière littéraire, mais en y mettant l'effort qu'il faut, je réussis à améliorer considérablement un texte. Comme enseignante, je demande à mes élèves de s'inspirer de la littérature de jeunesse, pas d'en produire!
 
Par contre, quand je lis dans l'ouvrage de Nadon des textes écrits par de jeunes enfants, (pardonnez l'expression un brin vulgaire, mais qui donnera du style et de l'éloquence à mon propos) je suis sur le cul tellement je suis impressionnée et tellement mes grands élèves écrivent moins bien que ses petits de première année... Il n'y a qu'une raison à cela; c'est la qualité de son enseignement, la rigueur qu'il exige à ses élèves et la confiance immense en leurs capacités qu'il leur accorde et qu'il leur fait ressentir.
 
Pourquoi pas moi?
 

dimanche 4 novembre 2012

Les TIC dans nos classes



La semaine dernière, une journée a été consacrée à un colloque portant sur les TIC dans ma région. Nombreuses ont été les personnes intéressées par le sujet. Un grand éventail d'ateliers étaient disponibles. N'ayant pas de TNI et étant intéressée par les manières d'intégrer les TIC dans mon enseignement au quotidien, j'ai choisi 4 ateliers qui m'ont fait connaître certains outils à ma disponibilité et d'autres qui m'ont donné des idées simples pour les utiliser dans mon enseignement quotidien de certaines compétences.
 
Je ne ferai pas un compte-rendu des ateliers auxquels j'ai assisté, mais j'irai d'une petite conviction de mon cru. Après tout, quand on assiste à des formations, c'est pour voir ce qui nous colle à la peau et qu'on peut appliquer directement dans nos pratiques pédagogiques!
 
La technologie dans nos vie est monnaie courante. Notre travail d'enseignant n'est pas que de faire en sorte que nos élèves soient bons à l'école, mais qu'ils soient bons dans la vie qu'ils choisiront! On leur permet, à l'école, de construire des connaissances et des compétences qui, nous le souhaitons bien, favoriseront les opportunités qu'ils auront de se construire une vie dans laquelle ils seront épanouis et compétents. Comme la technologie est monnaie courante dans la vie, il devient impératif qu'elle devienne monnaie courante à l'école aussi.
 
La technologie est-elle monnaie courante dans ma vie? Sans aucune hésitation! La technologie est-elle monnaie courante dans ma vie professionnelle? Sans aucune hésitation! La technologie est-elle monnaie courante dans la vie de mes élèves? Sans aucune hésitation! La technologie est-elle monnaie courante dans la vie scolaire de mes élèves? Heum???
 
Ce n'est qu'un réflexe d'enseignant que de penser: "je veux bien intégrer les TIC dans ma classe, mais les outils technologiques mis à ma disposition ne me le permettent que plus ou moins". Je suis la première à affirmer qu'il est complexe de faire utiliser le laboratoire informatique à mes élèves en raison de tous les bogues que j'ai vécus! On perd beaucoup moins de temps à écrire au tableau qu'à tenter de faire fonctionner un ordinateur et un projecteur multimédia qui refusent de collaborer et qui demandent qu'on les installe, qu'on les branche avant de les utiliser et qu'on les retourne dans le matériel disponible pour toute l'école après une leçon.
 
Cependant, ce que le colloque m'a amené à voir, c'est que même si je n'ai pas de TNI dans ma classe, d'ordinateur ou de tablette interactive pour chacun de mes élèves, il est tout à fait possible d'utiliser les outils de la technologie au service de l'apprentissage des élèves. Appareil-photo, enregistrement de la voix, logiciel de dessin, didapages, blogue, courriel, présentation de films, d'animations, d'informations par internet, projection d'images... Les possibilités sont incalculables et accessibles. D'accord, il n'y a qu'un appareil-photo dans l'école, mais j'en ai un à la maison qui peut aussi servir! D'accord, je n'ai pas d'enregistreuse numérique, mais je peux utiliser simplement le logiciel Audacity et publier en format MP3 les travaux des élèves. D'accord, je n'ai pas de TNI, mais je peux utiliser le projeteur multimédia. D'accord, je ne connais pas toutes les fonctionnalités de tous les logiciels disponibles, mais mes élèves ont des connaissances épatantes quand vient le temps de dompter la bête informatique. On pense que c'est plus chronophage et complexe de mettre les mains des élèves sur les touches, mais la réalité est qu'ils apprennent vite quand on le leur permet!
 
Ma conviction: l'utilisation des TIC en classe n'est qu'une réussite quand la pédagogie en fait partie! L'informatique n'est qu'un OUTIL. Si les outils sont mal utilisés, les élèves n'apprendront pas plus. Il revient donc aux enseignants à s'obliger à réfléchir à la manière, simple et accessible, d'amener les TIC dans notre enseignement comme une valeur ajoutée à ce qu'on fait déjà!

Je ramène le lien vers une conférence suggérée par Brigitte Prof qui est pertinent ici.

samedi 3 novembre 2012

Le travail de modification de pratiques pédagogiques

Il y a quelques années, je me suis lancée dans une refonte de mes pratiques pédagogiques en français. Oh que je n'ai jamais regretté! Mes changements ont été, en quelque sorte, encadrés par plusieurs ouvrages et formations. Surtout, je n'avais que 8 élèves dans une petite école de village. Il était donc facile d'éviter de laisser des fils lousses et de me réajuster en cours de route.
 
Cette fois, mon collègue et moi travaillons fort à transférer le concept du travail en autonomie qui nous permettra à la fois de différencier et de rencontrer nos élèves en entretien ou encore en sous-groupes de besoins. Je vois d'autres cyber-collègues faire le pas, mais leur contexte différent du mien fait que je ne peux que m'inspirer de leurs réflexions. Modifier ses pratiques pédagogiques, c'est un peu comme déménager. On y réfléchit, on cherche à trouver quelque chose qui nous convient complètement, on regarde ce qu'on a, on fait des choix pour décider de ce qu'on garde et de ce qu'on modifie. Ensuite, le "travail de bras" commence; on priorise, on fait nos changements, on regarde si ça convient, on s'ajuste, on se donne du temps... Finalement, quand c'est fait, on profite de notre nouvel environnement!

Je suis donc franchement convaincue du bien fondé de la démarche, mais cette fois, je me sens moins "encadrée" par la littérature ou encore des formations. J'apprends beaucoup de mon collègue qui a "une tête de maths" et je suis bien heureuse et rassurée de faire cette démarche avec lui!
 
À ma connaissance, ce qui existe au sujet de l'enseignement par ateliers en mathématiques touche plus les premiers niveaux du primaire. Avec des petits élèves qui explorent et construisent le sens du nombre, des opérations et toutes les autres bases des mathématiques, les idées pour des ateliers sont assez nombreuses. Avec des plus grands élèves, ma préoccupation constante est d'éviter de tomber dans le ludique qui oublie d'amener les élèves aux attentes de la progression des apprentissages ou encore de ne faire que des exerciseurs qui négligent l'esprit de développement de compétence...
 
Alors, dans cet article, j'expose la réflexion que mon collègue et moi avons faite et les idées que nous avons pour structurer notre projet pédagogique mathématique. Je soulignerai aussi les préoccupations que nous avons et si vous avez quelque élément à suggérer, souligner, ajouter, questionner, réfuter ou autre, ce sera grandement apprécié!
 
À vivre le français au quotidien dans ma classe, j'observe qu'il est plus facile pour moi (l'enseignante) de suivre les élèves et répondre à leurs besoins quand ils sont moins nombreux par ateliers. Il est plus faisable de répondre aux élèves qui sont en démarche de correction quand le quart du groupe y travaille et que les autres n'ont pas aussi besoin d'être débloqués que de répondre à tous mes élèves qui travaillent présentement à leurs tâches de mathématiques en même temps. Nous avons donc pensé faire vivre 3 ateliers différents dans une période de maths au quotidien. Ainsi, nous réduisons en tiers la répartition des besoins des élèves et évitons qu'ils soient en attente quand nous travaillons avec d'autres.
  • Exerciseurs: Malgré que les élèves soient mis en contexte de tâches en développement de compétence, il ne faut pas oublier de leur laisser du temps pour s'exercer à appliquer les différents concepts et processus mathématiques. Que ce soit des opérations à faire, des exercices de mesure, de calcul mental, d'application de règles (calcul de périmètre, de surface, etc.), de l'identification de figures géométriques ou de solides... les élèves seront appelés à appliquer leurs connaissances dans cet atelier. Ici, un mécanisme d'autocorrection pourra même être mis en place pour favoriser l'autonomie des élèves.
  • Manipulation: Pour construire leurs connaissances et solidifier leurs conceptions mathématiques, les élèves profiteront de différents bacs de manipulation. Ils auront donc à leur disposition des bacs contenant le matériel ainsi que différents procéduriers qui leur permettront de travailler de manière autonome. Par exemple, nous pourrons faire travailler les élèves avec du matériel en base 10, avec des réglettes (pour les fractions), avec des droites numériques, des géoplans (planches à clous...), des solides, etc. L'aspect crucial de l'apprentissage sera ici dans les procéduriers que nous fournirons aux élèves, qui feront la différence entre le ludique et l'apprentissage. Ces procéduriers sont présentement à monter. Nous nous inspireront beaucoup de l'ouvrage de Van De Walle et Lovin. Le travail pourra même se faire en équipes.
  • Problèmes mathématiques: Les élèves pourront travailler à leurs tâches de "raisonner" dans cet atelier. Je ne m'étends pas à décrire cet atelier, car c'est en fait de la résolution de problèmes classique. Cependant, nous nous assurons de choisir des problèmes qui touchent les critères de la compétence (compréhension du problème, mobilisation et application des concepts et processus mathématiques et justification correcte de la démarche).
La compétence à résoudre des problèmes sera travaillée à l'extérieur de ces ateliers mathématiques pour des raisons de gestion du temps et d'organisation. Cependant, pour de la cohérence, toutes nos maths (ateliers, leçons et tâches de compétence) seront vécues par concept mathématique travaillé. Si nous en sommes à travailler les fractions, tout tournera autour des fractions.  
 
La conseillère pédagogique m'a rappelé le danger, en fonctionnant par ateliers, de faire apprendre les élèves mais en s'éparpillant. Il faudra donc avoir en tête la progression des apprentissages dans notre planification globale et s'assurer, par des contrôles ou encore des évaluations plus traditionnelles que les élèves répondent aux attentes décrites dans le programme et la progression des apprentissages.
 
Il faudra aussi s'assurer de ne pas laisser d'élèves nous filer entre les doigts. Ceux qui ne viennent pas nous voir d'eux mêmes, qui de demandent pas d'aide quand ils sont bloqués ou qui semblent forts dans un contexte d'apprentissage et ont besoin d'un peu plus d'attention ailleurs. Ainsi, du moins pour les premiers temps, je crois que la rotation des ateliers se ferait de manière plus encadrée que dans les 5 au quotidien. Ainsi, je pourrai m'assurer de voir tout le monde régulièrement dans les différents ateliers. Plus tard, quand l'enseignante sera "moins en difficulté" dans sa nouvelle manière de fonctionner, les élèves auront la latitude de choisir ce qu'ils font et quand ils le feront.
 
Je terminerai par ma propre conclusion (oh, elle se croit sage tout à coup...) au sujet de l'autonomie des élèves. Autonome ne signifie pas autodidacte. Pour que les élèves soient autonomes, ils ont besoin, et c'est crucial, qu'on les voie régulièrement. On leur fera vivre des tâches de leur niveau qu'ils seront capables de réaliser et on doit les soutenir de manière à ce qu'ils avancent dans leurs apprentissages.
 
Maintenant, que les commentaires pullulent, ça m'aiderait bien! 
 
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