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Voici ma couleur d'enseignante

Ce blogue démontre ma couleur d'enseignante. Je partage ici ce qui me colle à la peau. Votre couleur est tout aussi pertinente! À vous de prendre ce que vous considérez comme inspirant et de laisser ce qui ne vous ressemble pas.

jeudi 25 avril 2013

Bilan des devoirs au choix cette année

J'ai déjà mentionné vivre les devoirs autrement dans cet article. Effectivement, je crois sincèrement que la période de devoirs et leçons apporte une discipline importante à l'élève, mais qu'il faut à tout prix éviter d'en faire un fardeau pour les familles!
 
Il y a quelques années, j'ai pensé demander aux élèves certains incontournables (qui sont en fait un moment de lecture ainsi que les leçons) et des devoirs au choix.
 
Cette année, j'ai modifié quelque peu ma gestion des devoirs au choix.
  • J'ai pris le temps de montrer aux élèves comment utiliser powerpoint et prezi. Ainsi, ceux qui désirent faire une présentation peuvent utiliser ces outils. Il est remarquable de voir que les élèves apprennent très vite à se débrouiller avec les TIC. Il n'est pas nécessaire de consacrer beaucoup de temps à l'introduction à ces outils de présentation pour qu'ils soient fonctionnels.
  • La gestion des échéances a été une modification dans ma pratique des devoirs au choix. Certains élèves ne participaient pas réellement à cette manière de faire par "non-envie" de travailler à la maison. J'ai donc entrepris d'encadrer de manière plus formelle la gestion des échéances. J'ai demandé à chacun des élèves de me donner une idée de leur projet ainsi que la date butoir qu'ils se sont choisie. J'inscris la date sur le calendrier de la classe.
  • Partager les projets en cours donne aux élèves des idées de ce qu'ils peuvent accomplir en devoir au choix.
Je répète ici que j'exige des élèves un devoir qui représente un réel défi pour eux et qui est en lien avec les compétences scolaires. Ils peuvent présenter leur réalisation ou non.
 
Je permets les travaux en équipe. Avec Facetime, ou autres outils technologiques du genre, mes élèves ont accompli leurs travaux d'équipe sans nécessairement avoir à se déplacer chez l'un ou chez l'autre. Génial, non?!
 
Cette année, comme dans les années antérieures, ils m'ont impressionnée par leurs réalisations! Une équipe a choisi de parler des volcans. Mes deux élèves sont arrivées en classe avec une recherche complète sur le sujet, elles ont fabriqué une maquette très réaliste en papier mâché, ont montré une éruption (l'expérience classique), ont rédigé un livre qu'elles ont déposé dans la bibliothèque de la classe et ont utilisé les TIC pour agrémenter leur présentation. WOW!!!
Aujourd'hui, un élève a choisi d'inventer un quiz. À l'aide de powerpoint, il a monté de toutes pièces 10 rébus. La classe a été invitée à participer à son jeu. Pour chacune des réponses aux rébus proposés, il transmettait des informations pertinentes et concises. Il a donc fait des recherches sur différents sujets, les a coordonnées dans son jeu et a fait participer activement son auditoire. WOW!!!
Une élève a construit un castelet et en a présenté les photos. WOW!!!
Une autre a entrepris de traduire une chanson qu'elle affectionne particulièrement. C'est tout un travail qui fait appel à la compréhension et qui demande de tenir compte du sens des écrits. WOW!
Une élève a demandé si on pouvait observer en classe la croissance d'une "bibitte" aquatique vendue dans une trousse... Cool!
Plusieurs élèves ont choisi de faire des recherches et de les présenter à la classe. Chaque fois, nous avons appris quelque chose. WOW!
 
C'est bien vrai que cette manière de faire est peu traditionnelle, mais je vous invite à laisser vos élèves vous surprendre!


Tatouage sur plâtre

Cette année, mon enseignement des arts plastiques a été autrement satisfaisant! Nous avons tous nos forces et nos lacunes comme enseignants. Disons simplement que dans le domaine des arts, j'en ai encore à apprendre!
 
Je me suis procuré un ouvrage (dont je parle ici) proposant plusieurs projets d'arts plastiques et mon collègue et moi en avons vécu quelques uns. Ils ont tous été des succès jusqu'à maintenant, mais j'ai particulièrement envie de présenter le projet de tatouage sur plâtre.
 
J'ai d'abord fait imprimer sur du papier la forme d'une main. Avec des crayons de bois, les élèves ont "tatoué" cette main. Je leur ai demandé de réfléchir à l'importance d'une couleur de fond, d'un thème ou encore de jeux de formes ou de lignes, etc. J'ai demandé des détails, car je voulais que les élèves tentent un travail de minutie en tatouant leurs mains.
 
Ensuite, les élèves ont plâtré leur main ainsi que la moitié de leur avant bras. Cette étape se fait en dyades. Il est important de bien protéger la peau pour éviter que le plâtre ne colle. On peut utiliser une généreuse couche de vaseline ou encore recouvrir la main et l'avant bras d'une pellicule plastique. Deux ou trois couches de plâtre seront nécessaires (tout dépendant de la qualité des bandes de gazes recouvertes de plâtre de paris utilisées). Il faut porter une attention particulière aux jointures.
 
Il est aussi à noter qu'on doit penser à pouvoir sortir la main et l'avant bras du plâtre après les 30 minutes de séchage. Il faut donc recouvrir un seul côté (l'intérieur ou le dessus de la main et du bras). Il faut aussi recouvrir le bout des doigts seulement. Cela favorise que le plâtre tienne bien au moment du démoulage.
 
Une des étapes "artistiques" est la manière dont les élèves positionneront leur main.
 
Après 24 heures de séchage, il est recommandé de recouvrir d'un vernis (mélange de colle blanche et d'eau). Cela renforcira le plâtre et le rendra imperméable.
 
La dernière étape est le tatouage du plâtre. On utilise de l'acrilyque et des pinceaux de différentes tailles. Il est franchement important de fournir aux élèves des pinceaux qui sont fins afin qu'ils réussissent à bien exécuter les détails sur la surface du plâtre.
 
Voici quelques oeuvres réalisées par mes élèves...
 
Le projet en est un d'envergure, je l'admets! Il faut compter quelques heures réparties sur quelques jours. L'étape du croquis a pris autour d'une heure. L'étape du plâtre s'est déroulée sur un après-midi (autour de deux heures). Le vernissage a duré quelques minutes par élève. J'ai installé une table avec quatre pinceaux et un bocal contenant le mélange de colle et d'eau. Quatre élèves à la fois sont venus vernir leur plâtre alors que le reste de la classe était affairée autrement. Les 21 plâtres ont été vernis en 45 minutes. Finalement, j'ai accordé une autre demi-journée pour l'acrilyque (autour de deux heures et demie).

mardi 2 avril 2013

L'écriture et l'informatique: questionnement!!!

Utiliser l'ordinateur (ou la tablette) en écriture est franchement cohérent! Qui, comme adulte, écrit encore à la main dans la vie de tous les jours?! On le fait pour certaines choses comme une carte qu'on veut offrir à quelqu'un, une liste qu'on se fait pour éviter d'oublier quelque chose, etc.  Dans le cadre de notre travail, dans nos communications avec les autres (courriels, textos...), on écrit beaucoup plus avec le clavier qu'avec du papier et des crayons.
 
Dans les deux dernières années, j'ai découvert le plaisir d'utiliser de plus en plus les TIC dans ma pédagogie. Je n'irais pas encore jusqu'à me qualifier de "technopédagogue", mais j'utilise quotidiennement mon ordinateur et mon projecteur pour enseigner et mes élèves ont de plus en plus les mains sur les touches! Je glisse ici, presque discrètement, une étude qui porte sur la compétence des enseignants en matière de TIC... et un rapide article soulignant les caractéristiques d'un technopédagogue compétent.
 
Il y a deux semaines, je me suis convertie à la tablette. Je voyais plusieurs personnes de mon entourage utiliser et apprécier la leur, de même que leur téléphone intelligent (je n'ai même pas de cellulaire), mais en toute honnêteté, mon ordinateur me convenait parfaitement! Je ne voyais pas l'avantage de payer aussi cher pour avoir un "presque ordinateur"... Mon iPad mini m'a évidemment coûté moins cher, mais je réalise que ce n'est pas du tout un "presque ordi"! Je l'apprivoise encore, mais je vois toutes les possibilités qu'il permet dans une classe.
 
En écriture, mes élèves utilisent surtout l'ordinateur pour publier un texte terminé. Ils sont à l'âge où l'ordinateur est un outil très présent dans leur vie et ils ont envie que ce soit aussi le cas dans leur vie scolaire. "Peut-on rédiger à l'ordinateur, c'est plus rapide écrire sur le clavier?"
 
En toute honnêteté, je rédige presqu'exclusivement à l'ordinateur quand j'écris exactement pour la raison que mes élèves mentionnent! J'ai lu dernièrement un article que j'ai malheureusement du mal à retracer, mais qui portait sur les pratiques technopédagogiques des enseignants, de leurs impacts sur l'apprentissage et la motivation des élèves. L'article me semblait crédible! Un des aspects qui était mentionné est la facilité d'utiliser l'ordinateur en écriture et le fait que les enseignants le font avec réticence. On y suggérait de permettre aux élèves de rédiger leurs textes à l'aide des outils informatiques, de les imprimer pour qu'ils puissent se réviser et se corriger pour ensuite transposer leurs corrections sur leur version informatique. 
 
Je me questionne encore à ce sujet.
 
D'une part, je pense que ce n'est que logique! Moi-même, je fonctionne ainsi depuis que j'utilise les outils informatiques dans mon quotidien scolaire (comme étudiante à l'époque et comme enseignante maintenant). Aussi, c'est l'ère dans laquelle nous vivons et je pense que d'enseigner aux élèves à utiliser les TIC de manière tant responsable que rigoureuse est important!
 
Par contre, l'importance de savoir utiliser le papier et le crayon, de savoir former les lettres, de se permettre de raturer, de laisser des traces de l'évolution d'un texte me freinent... Comme enseignante, j'ai BESOIN de voir toutes les traces du raisonnement de mes élèves tout au long du processus d'écriture. Plus les élèves sont jeunes, plus je pense qu'il est primordial de continuer à écrire sur du papier, mais en vieillissant???
 
Qu'en pensez-vous?
 

Ce qui m'a fait adorer l'enseignement de l'écriture cette année; mes ressources clés

Depuis longtemps, je crois fermement aux ateliers d'écriture. Je sais ce que la recherche en dit, je vois la pertinence de fonctionner ainsi dans une classe, mais je n'avais jamais encore réussi à les "faire lever" dans ma pratique.
 
Cette année, je crois avoir touché l'essence de ce que sont les ateliers d'écriture et je les ai vécus avec un plaisir et une satisfaction qui me donnent envie de partager les petits riens qui ont fait toute une différence dans ma padagogie et qui ont donné des résultats suscitant la fierté des élèves ainsi que la mienne.
 
Des ateliers de 20 minutes:
Une période d'une heure en écriture devenait très souvent difficile à gérer pour moi. Les élèves manquaient de motivation et je me trouvais à passer mon temps à intervenir avec eux pour les ramener à la tâche plutôt qu'à les aider et à leur donner ce qu'il faut pour les faire progresser. En m'appropriant les 5 au quotidien, j'ai réalisé qu'en faisant une rotation d'ateliers d'une vingtaine de minutes, les élèves avaient juste assez de temps. En vingt minutes de rédaction efficace chaque jour, ils ont le temps d'avancer de manière considérable leurs écrits. À ces 20 minutes d'écriture s'ajoute une autre période de 20 minutes de révision et correction. C'est donc à ce moment que les élèves mettent leurs connaissances gramaticales en application et directement dans leurs textes. 20 minutes de correction par jour, c'est suffisant pour qu'ils travaillent cette habileté, mais sans en faire une allergie!
 
Des mini-leçons axées sur le CONTENU:
D'abord, mes mini-leçons en groupe-classe ne sont pas systématiques. C'est à dire que je prends le temps de le faire quand je sens que le besoin devient général. Au début de l'année, mes modélisations, mes leçons plus dirigées sur mes attentes envers les élèves étaient plus nombreuses. Surtout, je m'étais donné comme objectif de prioriser le contenu. Écrire sans fautes, c'est un des 5 critères d'évaluation de la compétence à écrire. Nous avons donc pris conscience de l'importance du destinataire, du sujet qu'on veut exploiter, de ce qui nous inspire, et surtout, j'ai travaillé sur la conception des élèves en écriture. ÉCRIRE, C'EST TRANSMETTRE UN MESSAGE, DONNER QUELQUE CHOSE AU LECTEUR... LUI FAIRE VIVRE UNE ÉMOTION, LUI APPRENDRE QUELQUE CHOSE, LE DIVERTIR EN CRÉANT UNE IMAGE DANS SA TÊTE.
 
Plus l'année avançait, plus mes mini-leçons étaient basées sur des écrits que les élèves partageaient. Je me faisais un devoir de souligner les forces, les passages forts des élèves. Je me faisais aussi un devoir de leur pointer les faiblesses de leurs écrits (mais en cours de route, pas seulement une fois qu'ils considéraient avoir terminé) en leur donnant des pistes pour enrichir leur texte. Une des phrases que j'ai tellement répétée cette année qu'elle est incrustée dans la tête de mes élèves est la suivante: "mets de la viande autour de l'os".
 
Maintenant, les élèves sont capables de se donner de la rétroaction entre eux. Ils n'ont donc presque plus besoin de moi à ce niveau. Ils viennent chercher des pistes de solution quand ils identifient un élément qu'ils veulent rendre plus riche dans leur texte.
*Lors des ateliers de français, je permets aux élèves de s'entraider. 95% du temps, chacun a son propre texte. L'écriture est un processus individuel et rarement un travail d'équipe. Cependant, je laisse les élèves consulter leurs pairs en cours de route quand ils ont besoin de rétroaction pour continuer. Ils prouvent donc leur autonomie et n'attendent pas constamment que je sois disponible pour les lire!
 
Mes leçons de grammaire:
Mes leçons de grammaire en groupe-classe ne sont apparues qu'au tiers de l'année scolaire. Avant ça, j'ai beaucoup plus encadré mes élèves individuellement et je leur ai donné beaucoup plus de pistes pour se corriger. Je me montrais cohérente: on priorise le contenu du texte!
 
Quand j'ai commencé à mettre plus d'emphase sur la correction, les élèves étaient plus enclins à s'y engager, car ils avaient appris à produire des textes dont ils étaient fiers et qu'ils considéraient dignes de l'énergie et de la rigueur que la correction demande.
 
J'ai aussi cessé d'accompagner aussi généreusement mes élèves à cette étape de leur travail d'écriture... "Je ne ferai pas ton travail pour toi, pour quelle sorte de nouille tu me prends?!" J'ai, toute l'année, utilisé cette phrase empreinte d'humour pour montrer aux élèves que je n'étais pas leur béquille. Je leur fournissais tous les outils dont ils avaient besoin. À eux maintenant de mettre en application, et avec rien de moins que la rigueur dont ils sont capables, leurs connaissances. Évidemment que je différencie et que j'accompagne mes élèves là où ils en ont réellement besoin!
 
Le partage des écrits:
La qualité des productions de mes élèves s'est décuplée quand une de mes élèves a écrit un texte franchement déstabilisant. J'ai lu le texte à voix haute en demandant au groupe d'imaginer son auteur. "Je pense que ça a été écrit par un adulte, un de nos parents, un auteur, un adolescent..." Quand j'ai annoncé au groupe que l'auteure du texte était en fait une élève de la classe, ils ont été impressionnés d'abord, mais ils ont pris conscience de ce que pouvait être une production écrite quand on y met réellement du coeur! J'ai VU l'importance capitale prendre du temps en classe pour permettre aux élèves de lire aux autres ce qu'ils écrivent et de recevoir de la rétroaction. Les commentaires qu'ils reçoivent sont constructifs et positifs. Cela leur donne donc le regain nécessaire pour travailler réellement à donner vie à leurs écrits.
 
Modéliser des contre-exemples:
On est parfois polis avec les élèves. On n'ose jamais leur expliquer que ce qu'ils produisent est parfois décevant. Moi la première, je ne suis pas à l'aise de prendre un texte que je trouve pauvre et de l'utiliser pour montrer aux élèves que ce n'est ni à la hauteur de leurs capacités, ni franchement intéressant. Pourtant, il est capital de faire prendre conscience aux élèves que si on veut tendre vers la richesse d'un écrit, il faut savoir identifier les bouts qui sont carrément plates. Une fois que c'est fait, on peut travailler à les outiller pour qu'ils enrichissent réellement leurs écrits. Le compromis que j'ai trouvé, c'est de moi-même modéliser un texte inintéressant et d'amener mes élèves à le dire ouvertement. "M-Eve, ce que tu viens d'écrire est très précis et clair, mais c'est vaiment ennuyant!" "OUI, cher élève qui s'assume et qui sait faire preuve de jugement! Ce passage est loin d'être à la hauteur. Voici maintenant comment je pourrais dire la même chose, mais d'une manière digne de ma compétence à écrire!"
 
Faire le pont entre la lecture et l'écriture:
Choisir des oeuvres littéraires de qualité à lire aux élèves est un plaisir sincère que je revendique dans ma pratique depuis maintenant plusieurs années. Ce que j'ai ajouté à mes lectures à voix haute cette année, c'est de relever des passages particulièrement bien écrits pour faire réaliser aux élèves l'ampleur de l'importance d'un mot judicieusement choisi, d'une émotion qui passe bien, d'une image adroitement implantée par les mots imprimés sur le papier. Je me suis montrée amusée, touchée, impressionnée par l'adresse dont les auteurs font preuve. J'ai montré aux élèves que quand ils portent une attention particulière à cet aspect de l'écriture, ils donnent beaucoup de valeur à ce qu'ils écrivent.
 
Quand j'ai remarqué cette adresse chez mes élèves, dans leurs textes, je me suis fait un devoir de m'extasier, mais sincèrement, devant la classe. "Fais moi plaisir, relis ce passage... WOW!!! J'adore la métaphore! Relis-le encore, c'est trop savoureux... je veux l'entendre une fois de plus!"
 
Ne faire un plan que quand les élèves en ont besoin et de manière plus informelle:
Traditionnellement, l'enseignement de l'écriture se fait dans un certain cadre. Pour permettre aux élèves de s'épanouir en tant qu'auteur et vraiment leur donner une voix, il faut aussi leur donner la latitude de produire des écrits qui leur ressemblent. J'ai donc retiré l'utilisation systématique du plan dans mon enseignement. J'ai plutôt montré aux élèves à noter leur intention d'écriture, leur destinataire ainsi que les idées qu'ils veulent transmettre dans leur écrit. J'ai insisté sur le fait que cette étape est importante, surtout parce qu'on ne rédige que 20 minutes à la fois et que ce sera drôlement aidant pour continuer son texte d'une journée à l'autre.
 
Je montre ainsi que planifier son écriture est une étape importante, mais surtout malléable! Dans toute l'année, je n'ai reçu AUCUN travail d'élève qui est en fait un plan détaillé, sans réellement être un texte.
 
J'ajouterai que je leur ai montré à organiser leurs idées sommairement lors de leur planification, mais surtout en cours d'écriture ou encore de révision. Toute l'année, j'ai exigé qu'ils écrivent sur des feuilles mobiles et au recto seulement. J'ai insisté pour qu'ils osent découper leur texte et le recoller leur permettant ainsi d'ajouter de "la viande autour de l'os" dans certains passages pauvres, de replacer leurs idées de manière plus chronologique et facile à comprendre. Leurs brouillons ont maintenant réellement l'air d'un brouillon! Je vois le travail qu'ils effectuent tant au niveau du contenu que de la forme!
 
Donner des échéances aux élèves:
Par le passé, j'échappais certains élèves qui ne se donnaient jamais la peine de finir les textes qu'ils commençaient. Cette année, mes élèves sont assez vieux pour apprendre à gérer des échéances. Je leur donnais des dates à respecter (le plus souvent la fin de l'étape) et des "minimums" à atteindre. "Ça fait maintenant quelques semaines que nous évoluons en écriture. D'ici trois semaines, il te faut me remettre au moins 2 textes terminés. Ne crais rien, je te donnerai le temps dont tu auras besoin... à toi de te responsabiliser et de l'utiliser efficacement!". Cela les oblige à terminer certains écrits, mais aussi à sélectionner ceux qu'ils considèrent plus pertinents et dignes d'être publiés.
 
Avec toutes ces mises en place, un des résultats dont je suis le plus fière, c'est que mes élèves ne s'écoutent pas écrire. Il est réellement intéressant de les lire. Pour reprendre les mots de Nadon, un enseignement efficace de l'écriture donne une voix aux élèves!
 
L'autre agréable surprise, c'est que les notions du programme s'enseignent tellement naturellement au fil des besoins manifestés par les élèves et leurs écrits par la rigueur que tous s'imposent dans la classe que l'enseignement et l'apprentissage se font beaucoup plus dans le plaisir que dans le découragement et la pression!

Mes objectifs du début d'année en écriture en lien avec la littérature sur le sujet

Cet été, j'ai fait beaucoup de lectures professionnelles. J'ai entrepris d'alimenter ma formation continue. Étant consciente qu'il est impensable de tout approfondir en même temps, j'ai consacré beaucoup de mon énergie à me faire une tête sur l'enseignement de l'écriture. J'ai donc relu certains ouvrages comme ceux de Nadon et j'en ai découvert d'autres comme ceux de Routman.
 
Certaines de ces lectures étaient en fait des relectures, ou encore de l'enrichissement, plutôt que de la nouveauté. Cependant, j'ai trouvé des points que je me savais maintenant capable de réinvestir qui étaient, par le passé, très abstraits pour moi. Routman était pour moi une référence en ce qui a trait à l'enseignement du français que je découvrais grâce à la suggestion d'une lectrice de mon blogue. Cette lecture est venue confirmer ma vision de l'enseignement de la compétence à écrire, mais en me donnant des moyens simples, concrets et signifiants. Routman est venue me donner les derniers éléments dont j'avais besoin pour donner une vie intéressante à des ateliers d'écriture empreints de richesse.
 
Je m'étais déjà approprié le fonctionnement par ateliers en français en m'inspirant des 5 au quotidien. Je m'étais déjà approprié un enseignement de la lecture moins traditionnel et plus basé sur de vrais livres. Je m'étais déjà approprié le suivi des élèves par des entretiens en lecture. J'étais donc prête, cette année, à mettre un peu plus d'emphase sur l'écriture.
 
Au début de l'année, je voulais réellement vivre les ateliers d'écriture, mais de manière payante pour les élèves. Chaque fois que je les avais implantés, j'étais satisfaite de certains aspects et j'étais aussi consciente que j'avais des éléments à retravailler.
 
Entre autres, mon suivi des élèves n'était pas assez serré et j'échappais certains élèves qui travaillaient, certes, mais n'arrivaient jamais à rien de constructif. Soit ils abandonnaient leurs textes avant d'arriver au bout de leur idée parce qu'une nouvelle idée les inspirait, soit ils évitaient l'étape de la correction qui leur est fastidieuse. Donc, certains élèves n'arrivaient jamais au bout de leurs écrits. L'écriture n'était donc que très peu signifiante parce qu'ils ne donnaient jamais vie à leurs textes.
 
Aussi, mes mini-leçons en écriture manquaient de richesse. Elles ne me permettaient pas d'insuffler aux élèves la passion qu'il faut pour les inciter à produire des textes de qualité. Produire des textes de qualité demande évidemment une certaine rigueur, mais procure une réelle fierté chez les élèves. Fiers du résultat de leurs périodes d'écriture, ils sont beaucoup plus enclins à s'astreindre à la fastidieuse tâche de révision et correction.
 
Dans la tradition, l'enseignement de l'écriture comporte certains cadres. On s'attend à des textes qui tournent autour d'un certain nombre de mots, qui s'articulent autour d'un plan imposé aux élèves, qui prouvent les connaissances grammaticales des élèves, etc. Je me demandais comment laisser aux auteurs se trouvant dans ma classe libre cours à leur inspiration tout en les encadrant. J'avais besoin de trouver un juste milieu entre un encadrement qui guide et sécurise mes élèves, mais qui n'étouffe pas la liberté de création dont l'auteur a besoin.
 
Dans les dernières années, j'avais fait des pas importants dans mon enseignement du français qui me satisfaisaient. Cette année, j'ai "trippé" sur l'enseignement de l'écriture pour la première fois. J'ai trouvé mon aise dans le pont que j'ai finalement réussi à créer entre ma vision, mes lectures professionnelles et mes pratiques. Surtout, mes élèves m'ont surpris dans leurs productions. Je suis une enseignante ayant une confiance inconditionnelle en les capacités de ses élèves, mais ils m'ont réellement impressionnée dans leurs écrits! Les résultats, je les ai vus cette année... et mes élèves aussi!
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