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Voici ma couleur d'enseignante

Ce blogue démontre ma couleur d'enseignante. Je partage ici ce qui me colle à la peau. Votre couleur est tout aussi pertinente! À vous de prendre ce que vous considérez comme inspirant et de laisser ce qui ne vous ressemble pas.

dimanche 31 août 2014

Des livres dans nos classes... pas si simple?!

Je suis incapable de ne pas réagir à ce qui se passe en ce moment sur la question qui fait couler beaucoup d'encre concernant la déclaration du ministre Bolduc et tout ce qui a suivi... 

Parce que nous vivons dans une société en déficit, les dernières élections ont fait en sorte qu'un parti prônant un redressement financier de l'état est rentré au pouvoir de manière majoritaire. D'une certaine manière, j'interprète que les québécois ont voté pour ces coupures qui sont devenues nécessaires... Maintenant que le parti assume ses promesses et fait des coupures, tout le monde crie famine! 

La déclaration du ministre Bolduc, qui s'est rétracté par la suite, voulant que les livres sont déjà présents dans les écoles alors il n'est pas nécessaire de faire l'effort financier d'en encourager les achats fait grincer les dents de beaucoup de gens. Yves Nadon a été invité à réagir sur le plateau de Christiane Charrette et sa réaction a aussi fait réagir... 

Monsieur Nadon a exprimé publiquement que la "vision" de M. Bolduc est un symptôme. Le symptôme d'une société qui a été scolarisée à l'aide de manuels pédagogiques plutôt que d'être mis en contact avec de la littérature pertinente pédagogiquement ET qui touche directement les lecteurs... question de rendre nos élèves lecteurs et non seulement capables de lire. Je suis d'accord avec les propos de Nadon... 

Il a aussi remis la responsabilité de ce symptôme entre les mains des enseignants qui, de manière générale, n'ont pas la conviction pédagogique de la valeur inestimable de la présence de la littérature jeunesse dans le quotidien des élèves. C'est vrai que nous avons une autonomie professionnelle qui nous permet de vivre notre pédagogie. C'est vrai aussi que la littératie ne se vit concrètement et réellement que dans un pourcentage de classes. Monsieur Nadon a été critiqué et j'en suis attristée! Si les enseignants convaincus par les fondements pédagogiques de la littératie dans l'enseignement de la lecture et de l'écriture ne revendiquent pas le droit d'avoir accès dans leurs classes des titres de qualité, en variété et en quantité suffisante, ils sont victimes de leur silence. Je m'inclus dans cette proportion d'enseignants. Les livres que j'ai dans ma classe pour vivre ma pédagogie, je les ai payés de ma poche pour la très grande majorité! Et ce n'est pas parce que j'ai de l'argent de trop! C'est parce que je sais depuis des années que si j'attends que l'école me fournisse des livres, je vais attendre longtemps... Si les enseignants qui craignent de plonger dans une pédagogie basée sur la littérature de jeunesse trouvent des raisons de ne pas s'informer afin de faire leurs propres choix pédagogiques éclairés, ce sont des excuses... Et ces excuses, M. Nadon a raison d'affirmer qu'elles justifient une déclaration semblable à celle du ministre! 

Je prône que chacun ait sa propre couleur d'enseignant! Je prône le droit d'avoir la mienne, malgré qu'elle soit différente par moments de celles de mes collègues. S'il est important pour moi d'avoir le droit à ma pédagogie, je pense qu'il est naturel que les gens qui ont une pédagogie différente de la mienne y aient droit. Cependant, j'aimerais que cette pédagogie qui est la leur s'appuie sur des fondements crédibles et rigoureux! La littératie n'est assurément pas la seule pédagogie qui soit pertinente et je ne veux pas donner l'impression de vouloir l'imposer, mais c'en est une qui a fait ses preuves et qui s'appuie sur du solide. Et encore une fois, je pense que M. Nadon a parfaitement raison quand il affirme qu'il nous appartient, à nous les enseignants, de baser notre enseignement sur ces fondements pertinents et de les défendre publiquement; d'exiger d'avoir accès dans nos classes à ce matériel pédagogique important! 

La formation a beau se donner et les ouvrages pédagogiques se publier et être lus par les enseignants, quels sont les réels changements dans les pratiques, non pas d'enseignants isolés ici et là, mais de la masse?! Yves Nadon fait-il réagir parce que la vérité choque?

Disons que j'ai signé sa pétition et que je souhaite ardemment que plusieurs ajoutent leur voix à la sienne!

https://www.change.org/p/monsieur-bolduc-ministre-de-l-éducation-du-québec-revoir-la-loi-sur-l-instruction-publique-qui-ne-met-l-accent-que-sur-les-manuels-scolaires?fb_action_ids=715542735149344&fb_action_types=change-org%3Arecruit&fb_ref=__YmZkOIYobV&fb_source=other_multiline&action_object_map=%5B940279562653959%5D&action_type_map=%5B%22change-org%3Arecruit%22%5D&action_ref_map=%5B%22__YmZkOIYobV%22%5D

vendredi 25 juillet 2014

Lien vers des capsules vidéo

Un site web portant sur les réalités des CMA (classes multiâges) existe depuis quelques mois maintenant. Ce site se veut un outil de partage pour les enseignants qui doivent composer avec les réalités d'une CMA.

On m'a donné l'opportunité de partager ma manière de vivre ma pédagogie et de témoigner de ma façon de gérer les différents aspects de ma classe multiâges. Cet entretien avec une professeur de l'université a été découpé en capsules vidéos qui sont publiées ici
. Vous trouverez donc mes témoignages ainsi que ceux d'autres enseignants qui ont accepté de participer au projet.

Bon visionnement!

M-Eve

mercredi 4 juin 2014

Évaluations de fin d'année... Exigeantes?!

Nous en sommes dans la période de l'année où élèves et enseignants sont nerveux et surchargés... c'est la joie des périodes d'examens de fin d'année..!!! 

Toute l'année, chacun des enseignants a donné le meilleur de lui même et a fait ce qui était en son pouvoir pour préparer adéquatement les élèves à terminer leur année. Les épreuves de fin d'année sont en quelque sorte un barême pour mesurer de manière plus uniforme les niveaux de performance des enfants. C'est aussi, en quelque sorte, une occasion pour les enseignants de lire au travers des résultats des élèves une rétroaction de leur enseignement. 

Je vois sur les réseaux sociaux ou encore j'entends dans des discussions d'enseignants des commentaires quant au niveau de difficulté des tâches évaluatives. J'en émets moi-même! Cependant, ma réflexion va plus loin que "l'épreuve était beaucoup plus exigeante que je ne l'aurais anticipé..." 

Je me demande si les épreuves sont trop exigeantes ou si notre enseignement ou encore notre correction durant l'année ne seraient pas plus compréhensives. Je me demande si les manuels ou le matériel mis à notre disposition sont réellement complets pour préparer les élèves de manière rigoureuse aux tâches de compétences. Je me demande si notre manière de piloter les mises en situation ne contribuent pas aux résultats de nos élèves.

Je me demande, et cette fois ma réflexion est beaucoup plus large, si le stress et l'ampleur de la valeur de ces tâches évaluatives sont si nécessaires dans la vie de nos élèves. Par moments, je les trouve plutôt jeunes pour gérer ce stress... par moments, je me dis que la gestion du stress fait partie de la vie et que nos jeunes doivent simplement apprendre à jongler avec cette réalité... 

Bref, je suis convaincue que les enseignants doivent se responsabiliser dans leur formation continue et s'assurer d'arrimer leur enseignement tant avec la réalité du groupe que la progression des apprentissages qu'avec les évaluations que le ministère nous prépare pour la fin de l'année afin de favoriser la réussite du plus grand nombre d'élèves possible. Bref, je suis convaincue que quand on rend nos élèves compétents, tout en leur enseignant les connaissances nécessaires, les enfants sont plus outillés pour faire face à ces situations d'évaluation. Bref, je suis convaincue que la valeur accordée à ces évaluations balisées ajoutent une couche de stress qui affecte par moments le rendement des élèves. 

Encore cette année, suite aux résultats de certains de mes élèves, je suis allée dans le bureau de ma directrice et lui ai dit:"J'ai enseigné toute l'année, c'est promis!" Elle a pouffé de rire parce qu'elle le savait bien, que j'avais enseigné toute l'année, malgré que tous mes élèves ne performent pas  autant que je ne le souhaiterais... Finalement, je suis convaincue que toutes ces remises en questions qui nous viennent pratiquement chaque année s'expliquent par la pression que nous avons tous de performer et de faire performer nos élèves, mais qu'elles nous permettent aussi de continuer à cheminer professionnellement et à améliorer nos pratiques d'une année à l'autre!

samedi 12 avril 2014

Révision du texte: article intéressant!

J'ai déjà mentionné le blogue que les conseillers pédagogiques porteurs du dossier du français de ma commission scolaire entretiennent. Cette fois, je prends simplement le temps de vous envoyer vers le lien de leur dernier article. 

Madame V. nous parle de l'importance d'enseigner aux élèves la révision de leurs textes et nous donne des pistes pour y arriver. Le voici

C'est vrai que cet enseignement change la teneur des écrits des élèves ainsi que leur confiance de scripteur!

Merci, le conditionnel présent!

dimanche 23 mars 2014

Fractions... retour vers "ma bible"!!!

Je suis arrivée, dans ma planification globale, au moment de l'année où j'approfondis avec mes élèves les fractions, suivies des nombres décimaux et des pourcentages. Comme c'est ma deuxième année en fin de primaire, je sais par expérience que ce sont des concepts ardus pour les élèves puisqu'ils sont plus abstraits pour eux. 

Je suis toujours remplie de bonnes intentions quant à l'utilisation plus approfondie de ce que je considère comme "ma bible" pour enseigner les maths, mais j'admets que de m'y plonger réellement représente tout un projet pédagogique de formation continue et que jusqu'à présent, je me suis concentrée à autre chose... Je m'y mets sérieusement dès l'an prochain accompagnée de ma conseillère pédagogique, promis! Bref, John A. Van de Walle et LouAnn H. Lovin guident mes pratiques pédagogiques... quand j'ai le temps de prendre le temps de m'y concentrer!
Cliquer sur l'image pour se rendre à la page de l'ouvrage

Cependant, ces concepts mathématiques entourant les fractions que je sais plus difficiles à ancrer chez les élèves, j'ai décidé de les travailler selon leurs judicieux conseils...!!! J'ai donc consulté la table des matières, qui m'a dirigée vers les chapitres approfondissant les fractions. Ma conclusion suite à ma lecture?! 

ON NE MANIPULE JAMAIS ASSEZ LES MATHÉMATIQUES... SURTOUT AVEC NOS GRANDS ÉLÈVES!!!

C'est vrai que dans nos pratiques pédagogiques, plus les élèves vieillissent, plus on délaisse le matériel de manipulation. On s'imagine que de représenter les concepts mathématiques ou encore d'enseigner les algorithmes sera suffisant. Ces deux conceptions sont fausses, selon ces auteurs crédibles à mes yeux! Et leurs justifications me semblent sensées! 

D'abord, quand on demande aux élèves de représenter les concepts mathématiques pour les aider à les comprendre, on n'est pas dans le champ. C'est pertinent de représenter! Cependant, dans le cas de certains concepts, les représentations des élèves peuvent être imprécises et donc créer des fausses conceptions. C'est notamment le cas quand il est question de fractions! Personnellement, quand je demande aux élèves de représenter des fractions, soit le modèle est déjà fourni et l'enfant n'a pas réellement à se soucier, par exemple, du fait de s'assurer que les parties soient ÉGALES... soit quand ils les dessinent eux-mêmes, je n'exige pas nécessairement la règle et les mesures précises puisque je désire mettre l'énergie de l'élève au niveau de la compréhension du concept de fraction plutôt que d'insister sur la mesure... C'est pourtant un ancrage fondamental à la compréhension des fractions, l'aspect de la division en parts ÉGALES... 

Ensuite, quand j'enseigne directement l'algorithme aux élèves, certains comprendront ce qu'ils font alors que plusieurs élèves apprendront à appliquer. Quand un élève apprend à appliquer un algorithme, il réussit ses exercices et réussit aussi les tâches de compétences. Cependant, on vient de compromettre beaucoup de choses dans la suite des choses... "Les fractions posent des difficultés considérables... C'est souvent lorsqu'on aborde ce domaine que les élèves cessent de comprendre et commencent à appliquer automatiquement des règles.

Il faut admettre que c'est bien vrai que les décimaux et les pourcentages, entre autres, découlent directement des fractions. Si ces concepts sont appris et pas compris, les élèves se buteront certainement à des difficultés. 

Manipuler est donc foutrement important! Mais... le matériel de manipulation se fait plutôt rare dans mes armoires d'enseignante du troisième cycle... Évidemment, puisque la manipulation n'est pas traditionnelle dans nos pratiques avec les grands élèves. Cependant, le matériel de manipulation n'est rien de bien extravagant. Ce n'est donc pas une bonne excuse! Je suis allée cogner à la porte de mes collègues des niveaux antérieurs pour emprunter des réglettes Cuisenaire. Elles sont très nombreuses dans nos écoles parce que les plus jeunes élèves les utilisent pour mesurer depuis des lunes... j'ai moi-même appris avec ces réglettes quand j'avais 6 ou 7 ans! Pourtant, elles ne sont pas exploitées pour travailler les fractions parce qu'on pense rarement à représenter une fraction avec des longueurs. Le pliage de papier, les pointes de tarte, les surfaces rectangulaires, les pièces de mosaïques géométriques sont aussi du matériel utile à la manipulation de fractions. Ce matériel plus spécifique peut être un peu plus difficile à trouver. Il vaut donc la peine de penser à s'en procurer. Cependant, pour représenter les fractions par de la surface, on peut aussi aller dépoussiérer les géoplans et acheter une boîte d'élastiques! On peut très simplement imprimer du papier pointillé ou se servir de papier quadrillé. Avec ces papier, les élèves représenteront, mais seront précis dans la répartition de leurs touts parce qu'ils seront en mesure de se servir des repères que donnent les points ou les carrés. Les jetons ou les cubes centimétriques de différentes couleurs peuvent aussi être très faciles à trouver et sont drôlement efficaces pour représenter des collections et travailler les fractions au troisième cycle! Je dirais même que la manipulation de collection est indispensable pour ancrer chez les élèves la compréhension d'un problème comme: combien coûte un billet pour enfants qui représente les trois cinquièmes du prix pour adultes? Un billet pour adultes coûte 40 dollars. L'élève qui n'a pas manipulé de collections sera-t-il en mesure de comprendre pourquoi on divise 40 par 5 avant de multiplier par 3?! S'il ne comprend pas pourquoi on applique cet algorithme, sera-t-il en mesure de le réinvestir dans un autre problème?! 

Mes auteurs chouchous concernant l'enseignement des mathématiques insistent aussi sur l'importance de varier les modèles. Ainsi, les élèves ancreront les concepts, mais en toute flexibilité. Ils expliquent donc comment on peut travailler les fractions en se servant de modèles de surfaces, des modèles de longueurs et des modèles de collections ou d'ensembles. Tout cela en mettant en valeur le vocabulaire approprié!

Allez, M-Eve! Fais manipuler tes élèves pour voir!!! Il faut effectivement prendre le temps de le faire avec les élèves. Et pas besoin de préparer 56 documents spécifiques et se tuer à l'ouvrage à l'extérieur du temps de classe pour y arriver... n'est-ce pas formidable?! Il faut un tableau, quelques problèmes (proposés dans l'ouvrage), du matériel de manipulation et une gestion de classe permettant d'observer les élèves à la tâche! Et ces tâches de manipulation, elles seront payantes pour ancrer les conceptions des élèves de manière juste. C'est ainsi que nous en profiterons dans les concepts suivants et que nous rendront nos élèves plus solides pour le secondaire. (Je parle ici spécifiquement pour mes grands élèves à l'aube de la fin du primaire, mais ce principe est aussi vrai pour les premières années du primaire que je peux réinvestir dans mon enseignement avec mes grands élèves qui ont réellement ancré les concepts dans le passé!)



samedi 15 février 2014

Montrer aux élèves à gérer leur stress et à se responsabiliser dans leurs apprentissages

Une formation concernant l'anxiété chez les élèves est donnée dans mon école. C'est franchement intéressant de s'intéresser à cette réalité qui est de plus en plus présente dans nos classes.
 
Une des choses que j'ai retenues, c'est que l'adulte qui fait partie de l'entourage de l'élève anxieux, que ce soit le parent ou encore dans le contexte scolaire l'enseignant, peut grandement aider l'élève à gérer ses émotions ou encore nourrir l'anxiété par ses réactions. Le plus souvent, on est bien intentionnés, mais sans être informés de cette réalité et des interventions adéquates à mettre en place en classe, on peut faire certaines erreurs...
 
Depuis deux ans, j'enseigne à des élèves de la fin du primaire. Ils sont pré-adolescents et réclament de plus en plus de latitude, de responsabilités et d'autonomie. Ce que je remarque, c'est que malgré leur désir d'être moins "pris en charge" par l'adulte en position d'autorité parce qu'ils se sentent de moins en moins "enfants", ils peuvent avoir de la difficulté à gérer cette nouvelle autonomie qui vient assurément avec les responsabilités. Je tente de répondre à ce besoin, mais j'admets aussi avoir en tête le passage primaire-secondaire.
 
Donc, quelques semaines (3 à 4) avant la fin d'étape, j'ai pris l'habitude de faire une liste avec les élèves de tout ce qui sera évalué au bulletin. Nous partageons donc la responsabilité d'arriver à tout faire à temps! Chacune des compétences évaluées est déclinée et précise ce que j'évalue. J'inscris aussi ce que les élèves devront m'avoir remis ainsi que la date butoir. C'est vrai, je partage avec eux la pression de tout faire à temps. Mais j'assume cette décision, car ils sont à l'âge d'apprendre à gérer eux-mêmes certaines choses!
 
Cette fois-ci, j'ai même affiché dans la classe un grand tableau avec chacune des tâches que les élèves réalisent et doivent me remettre. Chacun coche la tâche terminée et remise à mesure qu'il avance dans ce qu'il doit faire. En voyant ce que les autres ont eu le temps de faire lors de la période d'autonomie (où les élèves avancent dans la tâche de leur choix), certains comprennent qu'ils auraient affaire à éviter de perdre du temps...!!!
 
Cette manière de laisser les élèves gérer leur temps implique de ma part de doser mes interventions. Je dois être en mesure d'observer mes élèves pour pister ceux qui perdent leur temps, ceux qui ne posent aucune question quand ils sont bloqués dans une tâche ou encore ceux qui sont en mode panique.
 
Il va sans dire que je répète régulièrement que je m'attends à ce que chacun se responsabilise dans ses apprentissages. Je donne des exemples et des contre-exemples de comportements démontrant la capacité de gérer son temps, ses apprentissages et ses émotions. Je félicite haut et fort les élèves qui prennent la peine de venir me voir pour valider leur travail ou poser des questions. Je les encourage fortement à délaisser la passivité et à voir que si je suis là pour les aider à cheminer, nous avons chacun nos rôles dans la classe. J'enseigne et je les accompagne, mais s'ils ne se prennent pas en main, ce bout là leur appartient! Certains auront besoin de plus d'encadrement et je pense que c'est correct, voire même nécessaire de leur fournir, mais en dosant! Après tout, ils sont à l'âge où ils doivent apprendre à prendre plus d'autonomie et à assumer des responsabilités! Ce ne serait pas de leur rendre service que de trop les couver...
 
Quand j'ai mis en place ces façons de fonctionner, je me suis questionnée en lien avec l'anxiété de mes élèves. Vais-je la nourrir en leur remettant encore plus de responsabilités entre les mains concernant leurs apprentissages? Et bien, j'observe que non! Au contraire! Les quelques semaines sont suffisantes pour qu'ils passent au travers de leurs tâches. Les travaux que je donne sont réalistes tant en quantité qu'en niveau de difficulté (cet aspect est crucial!). Les élèves apprécient et affirment avoir moins l'impression de perdre de temps lors de ces périodes, car quand une tâche est terminée, ils peuvent aisément se concentrer à autre chose de tout aussi important sans avoir à attendre que les autres terminent aussi. Ils ont l'impression de mieux contrôler leur réalité et sont moins stressés.
 
Si ce n'est pas facile de les amener à vivre cette transition, je ne regrette pas de leur remettre encore plus de responsabilités face à leurs apprentissages!

jeudi 16 janvier 2014

S'assurer de faire un suivi pour soigner sa formation continue

Possible que je sois un peu plus zélée que d'autres, mais j'ai la conviction que la formation continue, ça doit se soigner! Être ouverts à des lectures professionnelles, des échanges avec des collègues, des conseillers pédagogiques, assister à des formations ne suffit pas. Je pense qu'il faut s'occuper de s'approprier ce qu'on a appris; le réfléchir, en juger, faire des choix éclairés qui se traduiront dans le concret de notre enseignement.

Déjà, transférer nos connaissances dans nos pratiques pédagogiques est un pas nécessaire qui est parfois escamoté... que ce soit par manque de temps pour approfondir, par manque de ressources parce qu'on est plus ou moins entourés de gens qui partagent notre vision, par le fait que certains groupes d'élèves nécessitent qu'on s'attarde à d'autres aspects en priorité, etc.

Déjà, ces transferts de la théorie vers la pratique sont un pas non négligeable. Est-ce suffisant et terminé, maintenant que certaines de nos pratiques ont évolué?

J'aime relire un ouvrage de référence après quelques années parce que j'ai réalisé que ma compréhension est bien différente d'une fois à l'autre! Malgré que je me pensais plutôt "bonne" dans mes pratiques en lien avec la dite référence, la relecture à la lumière de mes expériences vécues dans le sens des pistes que j'ai explorées me permet d'aller encore plus loin, et ce, avec une même lecture professionnelle.

Il y a quelques années, j'ai assisté à la formation sur le continuum en lecture. J'ai mis beaucoup de choses en place suite à cette formation qui a changé ma pédagogie et ma manière de vivre l'enseignement de la lecture. Après quelque temps, j'ai même greffé à cette pédagogie des éléments que je considère cohérents et qui viennent d'ailleurs. C'est ainsi que je me suis forgé, avec les années (et j'insiste: se former et transférer dans nos pratiques pédagogiques, ça s'échelonne sur une période réaliste de temps) une couleur d'enseignante.

Depuis 2008 que je travaille avec les outils que j'ai intégrés à ma pratique. Voilà que j'ai entrepris de retourner visionner les DVD qui s'annexaient à la documentation et aux notes que j'avais prises lors de cette formation. Je me pensais plutôt "bonne", voire même "experte" (aux dires de certains collègues), mais le fait de retourner voir me redonne encore des outils. Je réalise que j'ai encore des pas à faire et des apprentissages à transférer dans mes pratiques!  Je réalise que mes pantoufles et mon confort ne sont pas une raison pour prendre pour acquis que j'ai atteint l'apogée de ce que je peux donner à mes élèves! Je réalise que mes pantoufles et mon confort dans ce que j'ai acquis dans les dernières années sont précisément ce qui me permettra de continuer à cheminer et mettre en place des éléments du continuum en lecture qui répondaient moins à mes besoins au départ et qui sont maintenant à ma mesure, à ma portée!

Le suivi pour soigner sa formation continue n'est pas une culture si commune et plus je suis rigoureuse à ce niveau, plus je suis convaincue que c'est une nécessité! Plus je réalise que cette rigueur dans les suivis de mes acquis est un ingrédient qui fait de moi une enseignante compétente. 

samedi 11 janvier 2014

La place de la pédagogie dans nos vies d'enseignants

Il y a un peu plus d'un an, j'écrivais au sujet du leadership pédagogique suite à la lecture d'un ouvrage préconisant les communautés d'apprentissage professionnel. L'article est ici pour les intéressés.
 
Ceux et celles qui me suivent ou qui se sont promenés sur mon blogue ont compris qu'un des aspects cruciaux de la profession à mes yeux, je dirais même de ma perception du professionnalisme, est la formation continue.
 
Aujourd'hui, je publie un questionnement qui m'habite, qui se traduit par des frustrations par moments, mais qui ne se veut pas non plus un coup de gueule visant les collègues avec lesquels j'ai travaillé ou les directions qui m'ont encadrée! La pédagogie dans la vie des enseignants est-elle réellement au cœur de nos préoccupations, de nos horaires, de nos valeurs, de nos quotidiens? C'est une question que je pose à notre société, surtout.
 
Tous les jours où nous enseignons sont empreints de pédagogie, j'en suis bien d'accord. Ma réflexion porte plutôt sur les moments professionnels où nous ne sommes pas en présence d'élèves. Ces moments qui devraient être, en mon sens, du temps pour peaufiner notre enseignement, nous renseigner sur la recherche, réfléchir à nos pratiques pédagogiques, faire des liens avec les dites recherches, échanger avec les collègues ou les conseillers pédagogiques des manières de transférer ces connaissances vers nos pratiques directes avec les élèves, etc. Ces moments en dehors de la présence des élèves qui ont un impact direct sur leur réussite. On s'entend que plusieurs recherches l'affirment: le facteur premier de la réussite des élèves est la compétence de leurs enseignants!
 
Une véritable culture de formation continue dans une ÉCOLE, ça se peut?! Je le vis avec ma nouvelle équipe de travail cette année, je l'ai vécu avec d'autres collègues dans le passé et j'y touche aussi avec des collègues plus éloignés de mon quotidien, mais dans une ÉCOLE où cette valeur est non seulement véhiculée, mais vécue... disons que ça fait encore partie de mes fantasmes...
 
Il me semble que certaines solutions pourraient être plutôt simples et efficaces... Il me semble qu'il devrait certainement être possible d'installer cette véritable culture de la pédagogie dans une école sans nuire à l'autonomie professionnelle de chacun et en respectant les différentes réalités de chacun des groupes dans une école (des plus petits aux plus grands). Il me semble que du TEMPS pour s'y attarder, personne ne peut être contre... Cela est-il réaliste, compte tenu de tout ce qui fait partie des responsabilités que les membres d'une équipe-école doivent partager au quotidien?
 
Certains aspects de la pédagogie ou encore de la formation continue ne sont réellement que plus ou moins réfutables... Les recherches fondées sont difficiles à obstiner! Les encadrements prescrits sont difficiles à contourner! Je comprends que ça peut être déstabilisant de sortir d'un confort que nous avons trouvé ou encore de convictions pédagogiques profondes, mais quand les recherches le prouvent? Quand d'autres autour le vivent et partagent leurs réussites? Quand la loi cite l'obligation de s'occuper de sa formation continue? Quand s'engager dans une démarche individuelle et collective est une compétence professionnelle régissant la profession?
 
Un des ingrédients incontournables pour y arriver, c'est le temps qu'on y consacre, à cette pédagogie! Je disais plus haut que ce n'est pas un coup de gueule dirigé vers des collègues ou des directions, et je le répète. Cependant, j'ai envie de dénoncer le fait qu'on priorise parfois (trop souvent à mon goût) d'autres aspects de la vie d'une école... C'est faux d'affirmer que nous n'avons pas de temps dans notre horaire... Nous avons dans nos tâches du temps de travail de nature personnelle, du temps de tâches complémentaires et je pense que c'est à nous de faire en sorte que ce temps soit maximisé et orienté vers la pédagogie!
 
Parlant de temps à accorder pour favoriser les pratiques pédagogiques gagnantes, j'insiste sur le fait que s'engager dans une telle démarche se réalise sur une période assez longue! Dans mon cas, j'ai mis autour de 4 ans à changer mes pratiques en lien avec l'enseignement de la lecture et de l'écriture avant de me sentir satisfaite. Et cela ne veut pas dire que j'ai l'impression d'avoir fait le tour de mes apprentissages professionnels, mais plutôt que je me sens maintenant assez solide dans ma pédagogie pour arrêter d'en faire une priorité et pour me consacrer à un autre élément que j'aimerais peaufiner dans mes pratiques.
 
Quand je vois des écoles s'engager dans une démarche de formation collective et échelonnée sur une période de temps assez longue pour réellement implanter dans les classes des pratiques pédagogiques cohérentes d'une année scolaire à l'autre, je trouve ça beau! Quand je vois des écoles faire des cercles de lecture professionnels afin d'arrimer leurs pratiques pédagogiques et échanger tant sur leurs lectures professionnelles que sur les impacts de ces lecture dans leur quotidien avec les élèves, je trouve ça inspirant! Quand je vois des enseignants assez confiants pour partager leurs bons coups et assez bien entourés pour que ce soit reçu de manière constructive, je trouve ça encourageant! Quand les moments en équipe de travail sont consacrés au partage de pratiques pédagogiques gagnantes, je trouve ça soulageant! Quand la direction accompagne le personnel dans ses démarches par de la supervision pédagogique vécue dans une optique constructive, je trouve ça encadrant, sécurisant et rigoureux!
 
Pas besoin de réinventer les manières de faire... Pas besoin d'engager des experts coûteux... Pas besoin d'y consacrer ses soirées ou ses fin de semaine quand l'école s'organise et s'entend sur des priorités pédagogiques...  Nos collègues sont à portée de main et ils sont des experts de l'éducation, eux aussi! Les conseillers pédagogiques sont présents dans l'organisation des services des commissions scolaires et leur tâche est précisément de nous accompagner!
 
Ma conviction: les conditions de travail des enseignants devraient, en premier lieu, favoriser la qualité de la pédagogie dans une école! Ces conditions de travail, elles reposent en partie entre nos mains, même si nous devons composer avec des réalités qui sont plus extérieures...

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